Risque vs Accident ?

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Cet article répond à la notion de « risque » au regard du « risque majeur, d’accident voire de catastrophe » et non d’exposition aux risques de manière journalière en raison de notre activité professionnelle ou de notre territoire d’habitation.

C’est sur cette distinction que je souhaiterais attirer votre attention. La vision alarmiste qui sera détaillée ici ne doit pas, par ailleurs, minorer les risques quotidiens auxquels une population est exposée, qu’elle en soit consciente ou non. Il n’en demeure pas moins qu’elle doit être en mesure de pouvoir facilement se renseigner quels que soient « les risques ».

Cette focalisation du « risque technologique » comme risque majeur conduit à la restriction de sa signification.

Les risques technologiques qualifient les risques issus du site industriel, lui-même, à l’aune de ses défaillances (que l’erreur soit humaine ou non) et non ceux engendrés par sa production.

Ce distinguo engendre une complexification d’accès à l’information dite courante et non exceptionnelle pour les habitants. Nous savons que cette exposition, lorsqu’elle relève du monde professionnel, est régulièrement évaluée, mesurée et surveillée mais qu’en est-il des autres mises en contact?

La polysémie des termes employés (accident, catastrophe, risque majeur), pour décrire une situation de « risques », produit du non-sens. Sa simplification catégorise et hiérarchise les priorités et ne permet pas de soulever un intérêt commun cohérent.

A « risque majeur » ne répond pas « risque mineur ».

 

1. La gestion de l’accident

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Capture d’écran Source

Réduire le risque technologique à l’accident c’est commettre une erreur préjudiciable à la transmission de l’information, notamment en ce qui concerne la prévention de l’ensemble des risques.

Le terme « risque » possède plusieurs significations, toutefois,  son information demeure capitale.

Notre sécurité civile repose sur les consignes de sécurité détaillées ci-après, respectons- les.

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Capture d’écran Source

Poursuivons l’exploration du risque comme accident à travers sa communication Source

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Capture d’écran –Source

Que faire pendant une situation d’urgence ?

  • Votre action la plus efficace sera de rester informé en permanence des actions de secours prises par les pouvoirs publics et de respecter strictement les consignes communiquées, notamment s’il est nécessaire d’évacuer votre domicile ou la zone sinistrée.
  • Écoutez en permanence la radio ou la télévision, et plus particulièrement votre radio locale de service public.
  • Soyez attentif aux messages par porte-voix d’où qu’ils proviennent (véhicule terrestre, maritime ou aérien).
  • Soyez vigilant aux messages transmis par sirènes qui peuvent inviter à l’évacuation.
  • Restez où vous êtes jusqu’à ce que la sécurité soit assurée ou que l’on vous donne l’ordre d’évacuer les lieux.
  • Gardez près de vous votre kit d’urgence.
  • Pesez avec calme les avantages et les inconvénients, au cas où vous devriez seul envisager l’évacuation du domicile par votre famille.

 

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Capture d’écran – Source

Respectez l’ordre de confinement

Si les responsables locaux vous conseillent de vous abriter sur place, vous devez demeurer à l’intérieur de votre domicile ou de votre lieu de travail, et vous protéger à cet endroit.

Afin de vous protéger au mieux, il est conseillé d’agir ainsi :

  • Fermez et verrouillez toutes les fenêtres et les portes donnant sur l’extérieur.
  • Éteignez tous les ventilateurs, systèmes de chauffage et de climatisation d’air.
  • Allez dans une pièce située au-dessus du niveau du sol, si possible sans fenêtre.
  • Utilisez du ruban adhésif pour calfeutrer les fentes des portes et éventuellement celle des fenêtres.
  • Informez-vous régulièrement par les médias (en écoutant la radio, en regardant la télévision ou sur internet) jusqu’à l’annonce du retour à une situation normale ou à l’ordre  d’évacuation.
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Capture d’écran source idem

Respectez l’ordre d’évacuation

  • L’ordre d’évacuation est donné par les autorités uniquement lorsqu’elles ont des raisons de croire que vous êtes en danger. Restez où vous êtes jusqu’à ce que l’on vous donne l’ordre d’évacuer les lieux ou que la sécurité soit assurée.
  • Si vous recevez l’ordre d’évacuer les lieux, apportez avec vous votre kit d’urgence, les médicaments dont vous avez besoin, vos ordonnances, les papiers d’identité de chacun des membres de la famille, des copies des papiers essentiels de la famille et un téléphone portable.
  • Verrouillez les portes de votre domicile et utilisez les voies de secours préconisées par les autorités ou suivez les itinéraires d’évacuation que vous avez préalablement repérés.
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Capture d’écran source idem

Après une situation d’urgence

  • Il est nécessaire d’avoir connaissance des dommages causés (aux niveaux humain et matériel) et d’être conscient des dangers encore existants suite aux dégâts matériels.
  • En cas d’évacuation, ne retournez à votre domicile que lorsque les pouvoirs publics vous en donneront la permission.
  • Faites appel aux services de secours ou à un professionnel pour remettre en marche l’électricité ou le gaz.
  • Faites-vous aider par votre médecin pour faire face aux conséquences émotionnelles et psychologiques qui peuvent survenir.
  • Cela vaut particulièrement pour les enfantsParler de son expérience l’aide à comprendre et à mieux appréhender la situation.

 

2. Le risque ordinaire et commun

 

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Revenons, après cet épisode dramatique, à notre « risque » journalier. Observons, par exemple, les produits chimiques. « Ils sont omniprésents dans l’entreprise et leur présence est parfois insoupçonnée. Ils sont utilisés ou manipulés de façon délibérée dans des situations très variées : synthèse industrielle, analyse en laboratoire, traitement de surface, dépotage, vidange, nettoyage…

 

Le risque chimique n’occasionne globalement que peu d’accidents du travail graves ou mortels. En revanche, il est à l’origine d’un nombre significatif de maladies.

L’évaluation des risques chimiques constitue une obligation introduite par les articles R4412-5 à R4412-10 du code du travail.

En cas d’utilisation d’Agents Chimiques Dangereux (ACD) ou d’agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), l’employeur a plusieurs obligations (selon les articles R4412‑1 à R4412-93).

L’évaluation du risque chimique (ACD et CMR) est donc une étape indispensable afin d’identifier et de hiérarchiser les risques (d’inhalation et cutané) auxquels sont exposés les salariés. » Source risque chimique en entreprise

 

Pétrochimie & maladies professionnelles

Statistiques maladies professionnelles

Les affections périarticulaires représentent en 2006 la principale cause de maladie avec arrêt. La manipulation et le transport de charges lourdes (fûts, tuyauteries, pompes…) est assez courante dans ce type d’industrie.

Ensuite, viennent les affections liées à l’amiante. Les raffineries ont utilisé l’amiante notamment dans le calorifugeage des colonnes, au niveau des joints d’étanchéités sur les brides des canalisations de transport des fluides et au niveau des équipements d’intervention des pompiers internes.

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Les maladies spécifiques à des produits chimiques comme le benzène ou les dérivés des hydrocarbures arrivent en troisième position.

Enfin, on constate la survenance de nombreuses allergies respiratoires ou cutanées liés à ces mêmes produits. Source

 

Cancers et maladies professionnelles

« Le dispositif statistique actuellement en place en France ne permet pas d’avoir une vision globale de l’importance des cancers d’origine professionnelle : les décès par cancers ne sont pas tous répertoriés.

La surveillance épidémiologique des populations salariées exposées est insuffisante, et les chiffres disponibles sont anciens, partiels, ou ne sont que des estimations.

Le nombre réel de maladies professionnelles, en particulier celui des cancers attribuables à des facteurs professionnels, est difficile à apprécier aujourd’hui.

Différentes études montrent que leur nombre effectif serait plus important que le nombre de cas actuellement répertorié.

Les seules statistiques disponibles des cancers professionnels reconnus (régime général de la Sécurité sociale) ne reflètent donc pas la réalité, d’autant qu’elles ne couvrent pas la totalité de la population exposée dans le cadre d’une activité professionnelle. » Source INRS

 

Isabelle Pompe, Mars 2019

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