Petit-Quevilly & les feuilles mortes

Un souffleur flou// Petit-Quevilly, Juin 2019, IPL

 

Les Stihl à feuilles

A Petit-Quevilly, nous pouvons régulièrement déplorer la présence des souffleurs à feuilles et autres engins à moteur pour soi-disant l’embellissement de nos rues et trottoirs.Encore aujourd’hui, vendredi 14 juin 2019, nous assistons à ces séquences assourdissantes et polluantes, quartier du centre commercial des Bruyères, rue Albert Einstein, produites par trois employés affairés.  Avec leur Stihl accroché à la ceinture, les outils soufflent, coupent, extraient les « mauvaises herbes » installées sur les bordures des trottoirs et de la rue…

Ces scènes de la vie courante sont pénibles à constater d’une part pour des raisons de pollution de l’air alors que Petit-Quevilly souffre déjà d’une qualité de l’air dégradée et d’autre part pour les autres pollutions que ceci accompagne, odeur et bruit…Sans compter les dommages causés à la nature.

 

« Quatre millions de Français sont touchés par l’asthme et la Normandie n’y échappe pas à cause, notamment, de la pollution. » Titrait, en mai 2018, le journal,Tendance Ouest. Source

 

Dans un article de Conso Globe d’octobre 2018, il est fait état que  » les souffleurs à feuilles » présentent plusieurs effets nocifs pour la santé de l’homme, mais aussi pour la nature. »

Cet appareil, utilisé par les municipalités, fait débat. Il est néfaste pour l’homme et pour la nature.

 

Pollution par le bruit

« Certains souffleurs à feuilles sont tout simplement nocifs pour l’ouïe : le seuil de 85 décibels, limite pour la santé, est parfois dépassé par ces engins, qui peuvent monter jusqu’à 105 décibels selon un rapport du Canton de Genève. »

 

Mesure du bruit & conséquences sur la santé

Pour obtenir une définition des mesures du bruit, vous pouvez vous rendre sur le site de l’ INRS, où l’on apprend que le dB(A) est le décibel physiologique – mesure qui correspond le mieux à notre perception des bruits.

  • 50dB(A) est le niveau d’une conversation,
  • 85dB(A) est le seuil de nocivité,
  • 120dB(A) le seuil de douleur (il faut aussi tenir compte de la durée).

Dans les nombreuses études et rapports consacrés au bruit, on peut trouver un grand nombre d’effets de la surconsommation de décibels sur la santé :

  • Perte d’intelligibilité,
  • Surdité,
  • Fatigue,
  • Altération du sommeil,
  • Stress,
  • Dépression,
  • Irritabilité, agressivité,
  • Augmentation de la tension artérielle,
  • Réduction des capacités cognitives…

Ces effets directs sont suivis d’effets secondaires, comme la multiplication des actes de violence (à cause de l’agressivité générée par le bruit), l’augmentation de la consommation de médicaments (anti-dépresseurs…), etc.
Tout cela ayant bien sûr un coût élevé pour la société (remboursements de la Sécurité sociale, mise en place de politiques de lutte contre le bruit…).Source

 

Les poussières

Les autres problèmes de cet outillage reposent sur sa dissémination de poussières. De par la puissance de certain engin, ces derniers engendrent des conséquences pour la gorge (toux), voie respiratoire (asthme) et pour les yeux. Certaines de ces particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes. Sachant que ces agents municipaux soulèvent, avec ces poussières et feuilles, des allergisants tels que les pollens, ce qui peut accroître les pics d’allergies pour certaines personnes. Source

L’asthme, en raison de la pollution, est une maladie très présente sur notre territoire social. Selon Georges Nouvet* « la situation est très préoccupante, c’est une pathologie énorme ».

(*Pneumologue et Président d’Asthme 76 devenu PlaNET Patient Source)

 

L’homme et le souffle// Petit-Quevilly, juin 2019, IPL

 

Pollution de l’air

De par leur fonctionnement (pour les souffleurs thermiques), ils renvoient des gaz d’échappement au même titre que les tondeuses ou encore pour les territoires ruraux avec les tronçonneuse et autre tracteur…Bref, sauf qu’en plus d’émettre du CO2, de consommer du carburant, leur utilité est vaine voire à prohiber.

L’ intervention des souffleurs à feuilles se situent, en général à l’automne. Imaginons cette période de rentrée pour beaucoup, notamment pour les enfants, et ce que nous sommes invités à inhaler, à entendre en raison d’un nettoyage de feuilles mortes…

 

Conséquences

Les souffleurs à feuilles utilisés par ma commune, comme pour beaucoup, sont thermiques en raison de la surface à « nettoyer ».

« En 2011, une étude menée aux États-Unis et relayée dans le Washington Post a démontré qu’un souffleur à feuilles avait émis 299 fois plus d’hydrocarbures dont qu’une camionnette en une demi-heure d’utilisation, mais aussi plus de monoxyde de carbone et d’oxydes d’azote qu’un pick-up ou qu’une berline. »

Ces composants sont responsables de pluies acides et participant au réchauffement climatique.

Une autre enquête est citée par La ruche qui dit oui en septembre 2016 et parle de 2013. Nous pouvons relever cette remarque: « Ce moteur n’ayant pas de système de lubrification, son carburant doit être mélangé à de l’huile. Pire, environ 30 % du carburant utilisé par cette machine ne parvient pas à une combustion complète, ce qui conduit à une importante émission de polluants atmosphériques. »

 

Coupe le souffle et monte le son // Petit-Quevilly, juin 2019, IPL

 

Réactions des pays et municipalités

Agora vox, en 2005 déjà, signalait Source

  • Aux États-Unis, au moins 20 municipalités californiennes ont interdit l’utilisation des souffleuses à feuilles.
  • A Paris, la Mairie a décidé un moratoire sur les engins trop bruyants (dont les souffleurs).
  • Dans le Canton de Genève, les souffleuses à feuilles (ainsi que les tondeuses à gazon) sont interdites de 20 h à 8 h du lundi au samedi, ainsi que les dimanches et les jours fériés. De plus, l’usage des souffleuses n’est désormais autorisé que du 1er octobre au 31 janvier, et en aucun cas sur les chemins forestiers.

 

Notre territoire social fait partie intégrante de la Métropole Rouen Normandie, qui, en décembre 2017, un an après l’entrée en vigueur de l’accord de Paris pour le climat, s’est engagée dans la dynamique internationale. Elle a lancé sa Cop 21 locale. Source

Il n’en demeure pas moins que depuis le début des années 2000 et davantage ces dernières années, s’est développée une prise de conscience collective. Nous ne cessons de pointer du doigt de type d’usage au regard de la population et de la nature mais, pour l’instant, les derniers souffleurs de feuilles ont officié encore à l’automne dernier (2018). A cela s’ajoutent l’absence de gratuité des transports en commun lors des pics de chaleur et de pollution, ni la réduction de la limitation de vitesse des véhicules sur les mêmes périodes….Sur ce territoire social, une place immense est offerte à la voiture. (Nous y reviendrons).

 

Dommages aux plantes

« Les souffleurs à feuilles peuvent endommager les plantes. Ils peuvent enlever le paillis bénéfique du sol en causant des pertes d’éléments nutritifs.

En soufflant directement sur les feuilles, il provoque une déshydratation, une gravure et une ingérence dans la photosynthèse. » Source

« Le passage de cette machine ressemble à celui d’un petit ouragan : il écrase ou arrache les plantations et dégrade les sols. Après son passage, les plantes sont stressées, brûlées, déshydratées et leur croissance est considérablement ralentie. » Source en anglais

 

Faut-il vraiment enlever les feuilles mortes ?

Quelle pourrait être la raison invoquée par la commune, la sécurité? La propreté? En quoi ne sont-elles pas esthétiques et pourquoi les retirer ?

Le sol n’est en effet jamais à l’état nu hormis dans quelques cas exceptionnels comme les glaciers et les déserts. les sols s’enrichissent de leur leur feuilles, branches et autres bactéries. Pensons à la définition de l’humus:

  • Matière colloïdale du sol issue de la décomposition et de la transformation chimique et biologique des débris végétaux.
  • Ensemble des matières organiques se trouvant dans la couche superficielle d’un sol.

En forêt, les arbres, n’ont pas besoin de l’intervention de l’homme pour se développer, alors pourquoi, en ville, ne comprenant nous pas l’autonomie de la nature.

Ces feuilles sont:

  • Une protection,elles peuvent servir de paillis.
  • De l’engrais naturel car elles constituent un élément nutritionnel indispensable de par la matière organique qu’elles transportent avec elles.
  • Une matière brune carboné qui peut servir au compost (peut-être verrons-nous ce recyclage citoyen se mettre en place à l’échelle d’une commune d’un de nos territoires sociaux et non géré par La Smedar qui, elle, commercialise sa production).
  • Elles sont une garantie de pérennisation de la bonne santé de nos sols.

 

Mesures citoyennes & Associatives

Certain collectif citoyens tel que celui des Yvelines Source, ont mis en place une pétition en 2012 assorti d’un courrier adressé au Maire.

Bruitparif

Il s’agit d’une association dont le rôle est d’évaluer techniquement l’environnement sonore. Il observe le bruit en Ile-de-France, accompagne les acteurs franciliens à la prise en compte du bruit dans les politiques publiques. Il joue également un rôle dans l’information et la diffusion des données, participe à des actions de sensibilisation auprès du grand public

Le site internet, Bruitparif, rassemble un réseau de mesure de l’environnement sonore en IDF.

Trois mesures sont déclinées:  Screenshot_2019-03-23 https rumeur bruitparif fr(1).png

Et l’image, en temps réel, donne à voir ceci:

Screenshot_2019-03-23 https rumeur bruitparif fr.png

 

Une affaire à suivre en ce qui nous concerne….

 

Isabelle Pompe, juin 2019.

 

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Risque vs Accident ?

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Cet article répond à la notion de « risque » au regard du « risque majeur, d’accident voire de catastrophe » et non d’exposition aux risques de manière journalière en raison de notre activité professionnelle ou de notre territoire d’habitation.

C’est sur cette distinction que je souhaiterais attirer votre attention. La vision alarmiste qui sera détaillée ici ne doit pas, par ailleurs, minorer les risques quotidiens auxquels une population est exposée, qu’elle en soit consciente ou non. Il n’en demeure pas moins qu’elle doit être en mesure de pouvoir facilement se renseigner quels que soient « les risques ».

Cette focalisation du « risque technologique » comme risque majeur conduit à la restriction de sa signification.

Les risques technologiques qualifient les risques issus du site industriel, lui-même, à l’aune de ses défaillances (que l’erreur soit humaine ou non) et non ceux engendrés par sa production.

Ce distinguo engendre une complexification d’accès à l’information dite courante et non exceptionnelle pour les habitants. Nous savons que cette exposition, lorsqu’elle relève du monde professionnel, est régulièrement évaluée, mesurée et surveillée mais qu’en est-il des autres mises en contact?

La polysémie des termes employés (accident, catastrophe, risque majeur), pour décrire une situation de « risques », produit du non-sens. Sa simplification catégorise et hiérarchise les priorités et ne permet pas de soulever un intérêt commun cohérent.

A « risque majeur » ne répond pas « risque mineur ».

 

1. La gestion de l’accident

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Capture d’écran Source

Réduire le risque technologique à l’accident c’est commettre une erreur préjudiciable à la transmission de l’information, notamment en ce qui concerne la prévention de l’ensemble des risques.

Le terme « risque » possède plusieurs significations, toutefois,  son information demeure capitale.

Notre sécurité civile repose sur les consignes de sécurité détaillées ci-après, respectons- les.

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Capture d’écran Source

Poursuivons l’exploration du risque comme accident à travers sa communication Source

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Capture d’écran –Source

Que faire pendant une situation d’urgence ?

  • Votre action la plus efficace sera de rester informé en permanence des actions de secours prises par les pouvoirs publics et de respecter strictement les consignes communiquées, notamment s’il est nécessaire d’évacuer votre domicile ou la zone sinistrée.
  • Écoutez en permanence la radio ou la télévision, et plus particulièrement votre radio locale de service public.
  • Soyez attentif aux messages par porte-voix d’où qu’ils proviennent (véhicule terrestre, maritime ou aérien).
  • Soyez vigilant aux messages transmis par sirènes qui peuvent inviter à l’évacuation.
  • Restez où vous êtes jusqu’à ce que la sécurité soit assurée ou que l’on vous donne l’ordre d’évacuer les lieux.
  • Gardez près de vous votre kit d’urgence.
  • Pesez avec calme les avantages et les inconvénients, au cas où vous devriez seul envisager l’évacuation du domicile par votre famille.

 

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Capture d’écran – Source

Respectez l’ordre de confinement

Si les responsables locaux vous conseillent de vous abriter sur place, vous devez demeurer à l’intérieur de votre domicile ou de votre lieu de travail, et vous protéger à cet endroit.

Afin de vous protéger au mieux, il est conseillé d’agir ainsi :

  • Fermez et verrouillez toutes les fenêtres et les portes donnant sur l’extérieur.
  • Éteignez tous les ventilateurs, systèmes de chauffage et de climatisation d’air.
  • Allez dans une pièce située au-dessus du niveau du sol, si possible sans fenêtre.
  • Utilisez du ruban adhésif pour calfeutrer les fentes des portes et éventuellement celle des fenêtres.
  • Informez-vous régulièrement par les médias (en écoutant la radio, en regardant la télévision ou sur internet) jusqu’à l’annonce du retour à une situation normale ou à l’ordre  d’évacuation.
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Capture d’écran source idem

Respectez l’ordre d’évacuation

  • L’ordre d’évacuation est donné par les autorités uniquement lorsqu’elles ont des raisons de croire que vous êtes en danger. Restez où vous êtes jusqu’à ce que l’on vous donne l’ordre d’évacuer les lieux ou que la sécurité soit assurée.
  • Si vous recevez l’ordre d’évacuer les lieux, apportez avec vous votre kit d’urgence, les médicaments dont vous avez besoin, vos ordonnances, les papiers d’identité de chacun des membres de la famille, des copies des papiers essentiels de la famille et un téléphone portable.
  • Verrouillez les portes de votre domicile et utilisez les voies de secours préconisées par les autorités ou suivez les itinéraires d’évacuation que vous avez préalablement repérés.
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Capture d’écran source idem

Après une situation d’urgence

  • Il est nécessaire d’avoir connaissance des dommages causés (aux niveaux humain et matériel) et d’être conscient des dangers encore existants suite aux dégâts matériels.
  • En cas d’évacuation, ne retournez à votre domicile que lorsque les pouvoirs publics vous en donneront la permission.
  • Faites appel aux services de secours ou à un professionnel pour remettre en marche l’électricité ou le gaz.
  • Faites-vous aider par votre médecin pour faire face aux conséquences émotionnelles et psychologiques qui peuvent survenir.
  • Cela vaut particulièrement pour les enfantsParler de son expérience l’aide à comprendre et à mieux appréhender la situation.

 

2. Le risque ordinaire et commun

 

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Revenons, après cet épisode dramatique, à notre « risque » journalier. Observons, par exemple, les produits chimiques. « Ils sont omniprésents dans l’entreprise et leur présence est parfois insoupçonnée. Ils sont utilisés ou manipulés de façon délibérée dans des situations très variées : synthèse industrielle, analyse en laboratoire, traitement de surface, dépotage, vidange, nettoyage…

 

Le risque chimique n’occasionne globalement que peu d’accidents du travail graves ou mortels. En revanche, il est à l’origine d’un nombre significatif de maladies.

L’évaluation des risques chimiques constitue une obligation introduite par les articles R4412-5 à R4412-10 du code du travail.

En cas d’utilisation d’Agents Chimiques Dangereux (ACD) ou d’agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), l’employeur a plusieurs obligations (selon les articles R4412‑1 à R4412-93).

L’évaluation du risque chimique (ACD et CMR) est donc une étape indispensable afin d’identifier et de hiérarchiser les risques (d’inhalation et cutané) auxquels sont exposés les salariés. » Source risque chimique en entreprise

 

Pétrochimie & maladies professionnelles

Statistiques maladies professionnelles

Les affections périarticulaires représentent en 2006 la principale cause de maladie avec arrêt. La manipulation et le transport de charges lourdes (fûts, tuyauteries, pompes…) est assez courante dans ce type d’industrie.

Ensuite, viennent les affections liées à l’amiante. Les raffineries ont utilisé l’amiante notamment dans le calorifugeage des colonnes, au niveau des joints d’étanchéités sur les brides des canalisations de transport des fluides et au niveau des équipements d’intervention des pompiers internes.

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Capture d’écran Source


Les maladies spécifiques à des produits chimiques comme le benzène ou les dérivés des hydrocarbures arrivent en troisième position.

Enfin, on constate la survenance de nombreuses allergies respiratoires ou cutanées liés à ces mêmes produits. Source

 

Cancers et maladies professionnelles

« Le dispositif statistique actuellement en place en France ne permet pas d’avoir une vision globale de l’importance des cancers d’origine professionnelle : les décès par cancers ne sont pas tous répertoriés.

La surveillance épidémiologique des populations salariées exposées est insuffisante, et les chiffres disponibles sont anciens, partiels, ou ne sont que des estimations.

Le nombre réel de maladies professionnelles, en particulier celui des cancers attribuables à des facteurs professionnels, est difficile à apprécier aujourd’hui.

Différentes études montrent que leur nombre effectif serait plus important que le nombre de cas actuellement répertorié.

Les seules statistiques disponibles des cancers professionnels reconnus (régime général de la Sécurité sociale) ne reflètent donc pas la réalité, d’autant qu’elles ne couvrent pas la totalité de la population exposée dans le cadre d’une activité professionnelle. » Source INRS

 

Isabelle Pompe, Mars 2019