Saint-Julien- Saint Clément

La rue Saint-Julien doit son nom au prieuré, initialement Léproserie fondée en 1183. Elle est située dans les quartiers Saint-Sever et Saint-Clément. Elle porte le nom du prieuré Saint-Julien qui était situé au Petit-Quevilly dixit Wikipédia. Cette rue est une expédition à elle toute seule.

Nous ne cessons de recevoir un vocable usé jusqu’à l’os telle que « l’innovation » « l’attractivité » pour aborder les enjeux d’une métropole, hier, je lisais « la Métropole Rouen Normandie est un chef d’orchestre » au regard de la politique environnementale locale. Les grands mots me direz vous, mais en quoi cet espace de référence, censé mutualiser, rassembler est-il à la tête d’un orchestre ? C’est avec cette constante hiérarchisation des espaces, des rapports et avec ces mots que le mal se fait sur des quartiers.

C’est avec ce que raconte un territoire que nous devons, localement, composer. En effet, contrairement à ce que les aspirants de l’attractivité pensent, une rue qui traverse deux quartiers ce sont deux rues distinctes. Le territoire extra local s’exprime, il serait bon de l’entendre et de cesser de lui imposer une assimilation, par souci d’uniformisation, car cela engendre des altérations préjudiciables et des écarts très importants entre ce qui est « vécu » et ce qui est « choisi ».

  •  Selon le Larousse et son dictionnaire de la musique, « Le but du chef d’orchestre est d’unifier le jeu des instrumentistes en tenant compte de sa propre vision musicale, pour servir l‘œuvre du compositeur devant le public ». Qu’a -t- on envie de demander à la Métropole Rouen Normandie ?  A partir de l’instant où il n’existe pas d’œuvre à servir, ou alors qui est le compositeur ? Que devient sa propre vision ? De plus, elle unifie quoi et qui est le public ?

 

C’est une stature politique que d’être habitant. Nous ne sommes pas « publics » ni « usagers » de nos territoires d’habitation.

 

Des améliorations sont toujours à apporter dans les quartiers, les communes, au regard de la propreté mais en quoi est-ce utile de construire ou d’autoriser la construction de logements neufs alors même que Rouen croule sous l’offre de logements vacants ?

« La ville de Rouen compte 67 825 logements, pour 6 124 logements vacants. La ville aux cent clochers s’en sort avec un taux de 9,03%. Nettement supérieur à la moyenne nationale (7 %), elle se place devant Le Havre, également. »Source

« En Normandie, le record de France des logements vacants. Pour cinq logements construits en Normandie, deux restent ou deviennent vacants. Une ampleur unique en France. »Source

De surcroît, ce n’est pas avec ce type d’occupation de sol que les quartiers vont en s’épanouissant. C’est sur le cadre de vie avec des aménagements, des parcs, de la verdure, du fleurissement et des arbres qui devraient porter les efforts. Le tout béton ne résout rien.

 

Ces axes, ces rues, ces avenues et ces immeubles où tout trouve un écho si gris sont d’une profonde laideur émotionnelle.

 

Cela me navre de mesurer combien les transformations que l’on souhaite apporter à cette rive sont en fait une succession de refus de réhabilitation d’une histoire humaine, d’une échelle humaine. La volonté étant toujours d’attirer les autres populations et le regard politique vers soi avec tout le gaspillage qui va avec.

Des carrefours où s’engouffrent toujours plus de voitures, voilà le décorum servi alors que vous êtes piéton et que vous souhaitez, seulement, vous balader. Une dégradation de qualité de vie, voici ce que je constate, il me faut traverser toujours davantage de grands axes pour me rendre de l’autre côté, cela en est dangereux, cela est désagréable. Cet air pollué, cette pollution sonore et cette cette vue saturée de véhicules jusqu’à l’écœurement me donne la nausée, à chaque fois, que j’emprunte la direction de la rue St Julien et que je la suis jusqu’à son terminus.

Quelle fascination peut-on éprouver pour des artères, des voies qui ne font que tracer des lignes droites sans une produire une once d’intimité, de charme ?  Ce modèle éprouvé est dépassé, combien de métropoles replantent des arbres et repensent leur urbanisation avec une place centrale pour le citoyen ?

 

Cette très longue rue

 

La suite de Saint-Sever prend sa source avec la rue Saint-Julien, dès la mairie annexe, puis traverse le boulevard de l’Europe (et donc le métro) pour longer l’Atrium (ancien Pôle des Savoirs), et filer toujours tout droit encore avant d’arriver sur la place Saint- Clément avec son église et sa poste. Un embarras du choix s’installe, soit vous poursuivez jusqu’en direction du Jardin des Plantes soit vous prenez le temps et bifurquez de gauche et de droite afin de prendre le pouls du quartier.

Au delà, elle poursuit encore sa course jusqu’au Petit-Quevilly.

  • Pour exemple, pour vous rendre jusqu’à la statue (rue) Martial Spinneweber (tout à côté du Lycée Élisa Lemonnier), depuis la mairie annexe Saint-Sever, il faut pendre la rue pendant 1km 300 environ.

 

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Statue Martial Spinneweber, Petit-Quevilly, Crédits Nawel Chaftar, rallye photo organisé par IPL

 

Comme un beau commencement, la rue Saint Julien c’est celle qui démarre donc avec la mairie annexe et la maison Saint-Sever. Une cabine téléphonique était plantée juste à l’angle de la rue Henri Gadeau de Kerville, à côté de la garderie. C’est ainsi que je l’ai rencontré cette voie, jour comme soir. Il est vrai qu’elle à de quoi dérouter cette rue avec cette pauvreté extrême qui croise ces maisons socialement d’une autre catégorie, pour ensuite nous planter, le bec dans l’eau, les pieds sur le bord, de la Route. Comme si cela ne suffisait pas, il vous faut TRAVERSER, à trois reprises, pour vous rendre de l’autre côté de la « berge ». Si le message n’est pas clair, il devrait être indiqué vous quittez une zone d’habitation ou encore un panneau rayé ferait l’affaire.

 

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Cabine is coming, IPL, 2015

 

Puis, après le franchissement de tous les dangers où le piéton n’est rien d’autre qu’une poule perdue sur la chaussée, on croise, à droite, un très grand et beau bâtiment classique, celui de l’Atrium (ancien Pôle régional des savoirs) où se trouvent encore la Cité des métiers et Normandie Image (ancien Pôle Image de Haute Normandie).

 

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Un soir, IPL, 2015

 

On longe, on va tout droit. La rue Saint Julien c’est alors une école Beethoven, un parc revu et corrigé à gauche et une place. La place Saint- Clément, avec sa fontaine Jean- baptiste de la Salle, ici, écourtée pour des raisons symphoniques et parce que je n’aime pas les édifices verticaux encore moins le style monumental.

  • Sur cette place s’élèvent l’église Saint-Clément (1870-1872), due à l’architecte Eugène Barthélémy, et, depuis 1887, la fontaine Jean-Baptiste de La Salle due à l’architecte Édouard Deperthes, avec statue en bronze de Jean-Baptiste de La Salle, œuvre d’Alexandre Falguière (1875). Vous l’aurez compris, quatre hommes sont à l’origine de la scénographie de ces éléments.

 

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Caddie en place St Clément, IPL, 2019

 

 

De là, vous découvrez soit la rue Louis Poterat, et plus bas, la rue Alexandre Barrabé, encore un peu plus bas la rue du Terrain qui vous conduit in extremis au métro station avenue de Caen (direction Georges Braque). Sinon, d’autres options se présentent avec la rue de Gessard et les Verres & Aciers, une fois en fin de course, à gauche, se trouve le Petit-Quevilly (c’est le passage du Teor 4). Soit vous souhaitez poursuivre votre trajectoire rectiligne.

Sauf, que je vous arrête, vous êtes sur le point de manquer des histoires sociales, architecturales de grand intérêt au regard de la valorisation qui nous concerne. La rue Louis Poterat, c’est, à la fois, le Secours Populaire et le dernier bar brasserie de la rue encore en activité.

 

Urgence

L’urgence du Secours, IPL, mai 2019

 

La rue Louis Poterat rejoint la contre-allée (aujourd’hui ligne de Teor 4) pour s’en aller en direction du Petit-Quevilly.  Elle s’est vu totalement transformée notamment pour son final avec des immeubles qui ont poussé par quatre, cinq voire six lots ou presque! Elle est aujourd’hui presque méconnaissable pour sa partie droite, les maisons et le peu de commerces côté gauche restent inchangés jusqu’à aujourd’hui. Ce qui est frappant ce sont les notions de dimension et d’échelle. Les immeubles sont nombreux, hauts, de forme carré et tous de couleur identique alors que les maisons sont plutôt petites, vétustes et bigarrées. Alors, le point de repère qui me reste c’est cette brasserie et non plus ces cabines qui se plantaient sur le trottoir d’en face ou ces petites habitations. Tout semble noyé dans cette grande masse uniforme désormais.

 

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Le dernier, IPL, 2019

 

La rue du terrain a été découverte il y a déjà quatre ans (2015), elle possède sa très grande importance car c’est par elle que je suis tombée sur deux splendeurs. Elle est un axe, un point de départ, un chemin à emprunter pour nous conduire face à des « singulières ».

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Patchwork, IPL, 2015

 

Celle du 33 rue Alexandre Barnabé car elle se trouve cachée à hauteur du magasin Darty. Une maison cinématographique abandonnée visiblement pour autant des tailles et autres ménages ont été effectués dans le jardin. Elle fait l’angle, impossible de ne pas la rater. J’ai concentré mon intérêt sur son entrée mais elle est très vaste et haute.

 

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Psycho, IPL, 2019

 

 

Depuis la rue du Terrain, j’avais aperçu un jour, alors que la grille était ouverte, une maison à l’architecture des années 30 avec le fronton « Bureaux ». J’ai eu un coup de cœur immédiat pour cette construction. Je ne me souviens plus à quelle activité était lié ce local. Si vous avez des archives ou informations, n’hésitez pas!

 

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La belle, IPL, 2019

 

 

Verre & Acier

 

Situés rue de Gessard, ils sont trois couleurs: jaune paille, rouge sombre et bleu ciel.

« Dans le quartier Saint-Julien à Rouen, les Lods sont vides mais toujours debout. Et les riverains vont encore devoir patienter avant de voir revivre cette partie de leur quartier. La page des « verre et acier » n’est pas encore tournée à Rouen (Seine-Maritime). Ces immeubles des années 70 qu’on pouvait voir dans les Hauts de Rouen ou sur l’avenue Jean-Rondeaux n’ont pas tous disparu après le tragique incendie d’un de ces bâtiments qui a coûté le vie à deux fillettes en 2011, à la Grand Mare. Ainsi, dans le quartier Saint-Julien, les vestiges des Pépinières, vidées récemment de leurs derniers habitants, se dressent encore. »Source

 

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Blueprint, IPL, Mai 2019

 

« Construits entre 1968 et 1970 sous la direction de l’architecte Marcel Lods, les vingt-cinq « verre et acier » de la Grand-Mare reçoivent en 1976 le prix Reynolds, l’équivalent des Oscars de l’architecture pour ces structures légères qu’on venait voir du Japon et des USA. Trente ans plus tard, l’histoire des « verre et acier » s’écrit avec du sang. « Faites le ratio, s’insurge un habitant en remplissant, jeudi à la mairie, sa demande de relogement. Il y a autant de morts ou blessés que de sinistres. Donc si il y a un incendie, tout le monde a une chance d’y passer…… »Source

 

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Opération Tonnerre, IPL, Mai 2019

La destruction des immeubles est prévue en juin 2019, à surveiller photographiquement donc et pourquoi ne pas organiser une sortie photo à cette occasion…

« Enfin, le quartier comptera nettement moins de logements, 175 au lieu des plus de 500 qu’il comptait auparavant. « On peut aussi envisager des petits commerces, des activités, des bureaux… » Mais il ne faudra pas s’attendre à voir les premiers coups de pioches de ces nouveaux logements « avant 2020-2021 »

 

Une vie de quartier: une expérience humaine

 

« J’ai toujours vécu dans ce quartier. J’y suis née, chez mes parents dont j’ai repris la maison lorsqu’ils sont partis. C’est un quartier où je me sens bien parce que je connais plein de gens, c’est à taille humaine et rassurant. A Saint-Julien ou Saint-Clément d’ailleurs, on a tout sous la main. Commerces, services administratifs, de santé…

J’aime faire mes courses en prenant mon temps dans la rue Saint-Julien. C’est un vrai plaisir de recevoir mes enfants, mes petits-enfants, des amis. Ils aiment venir à la maison car il y a une atmosphère de campagne. Je travaille sur Rouen (étonnante remarque, la rue st julien c’est Rouen, non? ) et il n’est pas question que j’utilise la voiture. C’est le bus, tous les jours. Finalement, on est en ville sans vraiment l’être.  » Voilà ce que racontait Viviane Fletzer au PN le 19/06/2017 dans le cadre des portraits « c’est mon quartier « Source

Pour poursuivre, voici, ce qu’elle n’aimait pas :

  1. « La circulation m’effraie un peu. Et dans le quartier il y en a beaucoup. Mais des améliorations ont été faites dans la rue Saint-Julien. Cela diminue la vitesse des voitures. C’est mieux. »
  2. « La propreté, pas toujours au top. Il y a encore des gens qui ont de sales habitudes et mettent un peu n’importe quoi sur le trottoir… »
  3.  « En tant que femme je ne suis pas toujours rassurée quand, le soir, il m’arrive de devoir rentrer à la nuit tombée. »

A ce titre, nous aborderons, dans un prochain article, la question de l’espace public et le genre au sein de la rive gauche.

Et enfin, ce qu’elle aimerait:

  1. « Plus de verdure autour de la place Saint-Clément. C’est un immense rond-point et il gagnerait à être mis un peu plus en valeur.
  2.  « Un effort sur la propreté, mais c’est l’affaire de tous, pas uniquement de ceux qui nettoient. »

 

Et vous, qu’auriez-vous à répondre, à dire sur votre quartier St Clément ?

 

A suivre…

Isabelle Pompe, 19 mai 2019.

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Logement social & typologie de population

A territoire social, nous pouvons associer un secteur géographique plus connu pour son accueil des classes moyennes et populaires, des logements sociaux… Mais aussi au regard de la population, nous pouvons observer des habitants qui possèdent un travail, des retraités, des demandeurs d’emploi et des précaires…Tout dépend donc de ce que l’on cherche et du poste d’observation choisi. Nous questionnerons ici, la notion de logement social.

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Quartier Nobel – Maletra en 1977

Le Petit-Quevilly est le 1er territoire social du projet Site Specific. Cette commune se définit par différentes données statistiques telles que celles de l’INSEE, étudiées sur des périodes.

Le Petit-Quevilly en chiffres

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En 2015, date du dernier recensement INSEE, la population de cette commune est de 22511 habitants. Le nombre total de logements est de 10951- 90, 2% sont occupés en résidence principale. Il existe 9% de logements vacants. 41, 4% des logements occupés en résidence principale le sont par des ménages propriétaires.

Le nombre de ménage fiscaux est 9700, la part des ménages fiscaux imposés est de 44, 8%. Le taux de pauvreté est de 24%.

  • Le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur pour une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté (exprimé en euros). L’Insee, comme Eurostat et les autres pays européens, mesure la pauvreté monétaire de manière relative alors que d’autres pays (comme les États-Unis ou l’Australie) ont une approche absolue. Dans l’approche en termes relatifs, le seuil de pauvreté est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l’ensemble de la population. On privilégie en Europe le seuil de 60 % du niveau de vie médian.Source

Le taux d’activité des 15-64 ans est de 74, 5%, le taux de chômage (même variable) est de 21, 3%.

La part de l’industrie est 4, 4%, celle de la construction est de 14, 9% et celle du commerce, transports et services divers est  de 67, 7%

Historique de la population de Le Petit-Quevilly de 1968 à 2007 

La population de Le Petit-Quevilly était de 21 970 habitants en 2007, 22 329 habitants en 1999, 22 600 habitants en 1990, 22 876 habitants en 1982, 22 401 habitants en 1975 et 22 876 habitants en 1968.

Le Petit-Quevilly-population

  • Ce recensement de la population de la ville de Le Petit-Quevilly est sans doubles comptes.
    Ce concept de population de Le Petit-Quevilly sans doubles comptes signifie que chaque personne habitant Le Petit-Quevilly et ayant des attaches dans un autre commune n’est prise en compte que pour l’une de ces deux communes.

Répartition de la population de Le Petit-Quevilly par sexe en 2007

– Le nombre d’hommes habitant était de 10 432
– Le nombre de femmes habitant était de 11 539

Répartition de la population de Le Petit-Quevilly par âge en 2007

– Population de Le Petit-Quevilly de 0 à 14 ans : 4 070 habitants
– Population de Le Petit-Quevilly de 15 à 29 ans : 5 031 habitants
– Population de Le Petit-Quevilly de 30 à 44 ans : 4 721 habitants
– Population de Le Petit-Quevilly de 45 à 59 ans : 4 150 habitants
– Population de Le Petit-Quevilly de 60 à 74 ans : 2 562 habitants
– Population de Le Petit-Quevilly de 75 ans ou plus : 1 435 habitants

 

LOGEMENT SOCIAL

En 2018, au niveau national,

En 2017, plus d’ 1,8 million de demandes de logement social sont enregistrées par le système national dit « numéro unique ».Source

Les Derniers chiffres du logement social

Au 1er janvier 2018, le parc locatif social compte 5 003 500 logements, en progression de 1,8 % sur un an, soit 89 000 logements supplémentaires.

En 2017, 78 200 logements ont été mis en service:

  • 91 % d’entre eux sont neufs.
  • Dans le même temps, 10 200 logements ont été démolis,
  • 10 400 ont été vendus et
  • 700 ont changé d’usage ou ont été restructurés.

Par ailleurs, 9,4 % de l’ensemble des logements sociaux (hors nouvelles mises en service) ont fait l’objet d’un emménagement. Au 1er janvier 2018, la proportion de logements vacants est restée stable à 3,0 %. Le taux de vacance de plus de trois mois varie très peu ; il s’élève à 1,5 %, soit 0,1 point de moins par rapport aux trois années précédentes.Source

« Les logements sociaux sont attribués sous conditions de ressources et de séjour régulier en France. Le plafond de ressources à respecter dépend notamment du type de logement et de sa localisation.

Certaines personnes, compte tenu de leur situation personnelle, sont définies comme prioritaires. « Source

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Le HLM en chiffre (2018) les_hlm_en_chiffres_2018

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Personnes prioritaires

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Le logement social en FRANCE et par Région

Nous pouvons noter que la région Normandie comprend entre 200 000 et moins de 300 000 locataires en logements sociaux, soit 17, 6%. Ce pourcentage est plus élevé que la moyenne nationale qui est de 15%.

Parc social & étiquettes énergie

Qui est énergivore ?

La classe énergie est une note allant de « A » à « G « . La note « A » indique que le bien a une excellente performance énergétique, c’est-à-dire qu’il est parfaitement isolé et qu’il consommera peu d’énergie pour être chauffé (maison basse consommation bbc). Au contraire, un DPE E ou un DPE F indique que le bien est mal isolé et que vous devrez surement engager des frais de rénovation pour isoler la toiture, les fenêtres ou les murs ou changer la chaudière. La classe énergie vous permet par conséquent d’anticiper et de connaitre le montant de vos consommations futures d’énergie et donc de vos factures.

Screenshot_2019-04-15 Classe energie le calcul DPE du bilan énergétique Allodiagnostic

Selon cette carte, en Normandie, le parc se découpe de la façon suivante: seulement 1/3 des logements ont une classification « responsable ». 67% des logements du par social sont énergivores, mal isolés et dont les rénovations se font attendre.

 

 

Étiquettes Gaz à effet de serre (GES)

 

Il existe différents gaz à effet de serre, contribuant au réchauffement climatique : le dioxyde de carbone, le méthane, l’oxyde nitreux, les chlorofluorocarbones, etc. Par convention, le CO2 sert « d’étalon » des gaz à effet de serre. C’est pourquoi la classe énergétique GES d’un logement est attribuée en fonction du poids « d’équivalent CO2 » dégagé par an par le bâtiment.

Les échelons de la classe GES :

La classe GES d’un logement est attribuée selon ses émissions de gaz à effet de serre :

  • Classe A : moins de 5 kgeqCO2/m2.an (Bâtiment BBC),
  • Classe B : 6 à 10 kgeqCO2/m2.an,
  • Classe C : 11 à 20 kgeqCO2/m2.an,
  • Classe D : 21 à 35 kgeqCO2/m2.an,
  • Classe E : 36 à 55 kgeqCO2/m2.an,
  • Classe F : 56 à 80 kgeqCO2/m2.an,
  • Classe G : plus de 80 kgeqCO2/m2.an.

Selon cette carte, la région Normandie est la 7ème région de France avec ses 43% (classes E F et G), ce qui la classe dernière du peloton de tête ( Est de la France, Nord et la région lyonnaise). De plus, elle cumule, pour ses classes D, E, F et G: 78%.

Qui est accueilli en logement social?

Après l’approche par ces classifications, nous pouvons questionner, au niveau national, la composition familiale des ménages et la part de personnes seules, des familles monoparentales et familles nombreuses.

Examinons ensuite les catégorie socio-professionnelles au niveau national et demandons-nous quelle est la part des employés/ouvriers?

Interrogeons le niveau de vie annuel médian et le taux de pauvreté de ces habitants

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Notons que le taux de pauvreté est nettement supérieur dans le parc HLM avec 31% des locataires. On observe un phénomène de paupérisation des locataires du parc social compte tenu du faible niveau des ressources des demandeurs et des attributaires. Une demande sur quatre est pourvue soit 23% pour l’ensemble des ménages demandeurs.

Quel taux de succès par région?

Alors que la moyenne nationale est de 23%, nous pouvons constater que, pour la région Normandie, ce taux s’élève à 41%. Elle fait partie des régions les plus favorables.

Quel est le niveau moyen de loyer, pour le logement sous contrat de location – parc HLM,  au M² ?

58 % des logements HLM ont un loyer compris entre 4 et 6 € mensuel par m² de surface habitable (SH) et 85% des logements ont un loyer inférieur à 7€ mensuel par m² de SH. Observons la répartition régionale de ces données.

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Quelle est la proportion régionale de logements dits « très abordables » (inférieurs au plafond de l’ APL ?

  • L’aide personnalisée au logement (APL) est une aide financière destinée à réduire le montant de votre loyer ou de vos mensualités d’emprunt en cas d’accession à la propriété d’un logement ancien situé en dehors d’une zone tendue. Elle est versée en raison de la situation de votre logement et ce, quelle que soit votre situation familiale : célibataire, marié, avec ou sans personne à charge.Source

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La région Normandie se détache encore une fois avec un taux de 59%, supérieur à la moyenne nationale qui est de 54%, avec quatre régions que sont l’Alsace/Champagne-Ardenne/Lorraine, L’Ile-de-France et le Centre Val de Loire.

Après cette vision nationale, nous pouvons ajouter que le parc social français est quasiment le plus important d’Europe.

 

Le Petit-Quevilly et son parc de logements sociaux

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Immeuble le Petit-Quevilly ( rallye photo « La rue est une mine d’or  » organisé en mars 2018)

Sur le site internet de la commune, le logement relève de la catégorie SOCIAL, à l’onglet logement, la 1ère chose qui se donne à être considérée est ceci:

Il existe à Petit-Quevilly un nombre important de sociétés HLM proposant des logements très variés, à différents niveaux de loyers. Pour éviter aux futurs locataires des démarches multiples (dépôt d’un dossier dans chaque société), le service habitat peut dresser un aperçu général des possibilités de logement sur la commune.

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Le Grand -Quevilly & Quevilly Habitat

« 2014 a été marquée par les 90 ans de la société et la livraison du symbolique 10 000ème logement» Source

431 nouveaux logements ont été livrés :

  • 171 à Grand-Quevilly, 99 à Maromme,
  • 94 à Petit-Quevilly,
  • 38 à Rouen,
  • 23 à Elbeuf
  • 6 à Isneauville.

Réhabilitations en 2014

  •  271 logements collectifs et 116 pavillons à Grand-Quevilly,
  •  Démarrage de la réhabilitation de 104 pavillons supplémentaires à Petit-Couronne.

 

Nous reviendrons plus en détail sur les logements qui sont concernés localement par cette recherche.

 

Isabelle Pompe, 15 Avril 2019

Pour commencer, A1 s1

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Les anciens abattoirs, Petit-Quevilly, IPL

Acte 1, scène 1

Résidente du Petit-Quevilly depuis 2015 et rouennaise de la rive gauche en 2014, j’ai appréhendé, instinctivement, ces deux espaces de manière photographique. J’ai agi ainsi, tout d’abord, pour faire la connaissance des ces territoires distincts puis je me suis tournée vers une action sociologique afin d’être plus près d’une histoire communale et plus proche de ses habitants.

Après avoir abordé, en 2015, les rues de la métropole rouennaise comme patrimoine mémoriel, le management éthique des organisations (Normes ISO 26000- Responsabilité sociétale), en 2017, les publics des structures culturelles métropolitaines notamment dans leur rapport au territoire extra local et en 2018, les artistes locaux appréhendés comme ressources spécifiques du territoire rouennais, activés ou non par ce même territoire…Je reste, aujourd’hui, encore curieuse des problématiques sociales, environnementales et culturelles de mon lieu d’habitation.

Depuis plus de trois ans, cette commune singulière de la rive gauche m’offre, au quotidien, de nombreux postes d’observation et de multiples sujets d’études: deux enquêtes photographiques sur la question du taudis et sur la disparition du piéton (au profit du tout véhicule) sont actuellement en cours.

C’est le mercaptan qui m’a fait connaître ce territoire, en 2013, alors que je résidais à Paris. Lorsque j’ai emménagé à Rouen l’année suivante, je n’y pensais plus puis cela a refait surface progressivement… Au point que j’ai voulu nommer ma 1ère exposition photographique personnelle en 2016 à l’atelier photographique du Point Limite (Rouen) : Rubis Terminal. Après plusieurs échanges à ce propos et un vote, j’ai mesuré combien le sujet pouvait poser problème, j’ai alors opté pour Interzone comme un territoire intermédiaire mais aussi en référence implicite aux cartes postales familiales « interzones » utilisées durant la seconde guerre mondiale…

En 2019, après des mois de tergiversations et d’hésitations quant au fait de quitter ou non ma commune, un sujet d’étude passionnant et complexe s’est présenté à moi : La question du territoire « subi ».

Cet espace est l’occasion, pour moi, de vous apporter le fruit de mes recherches, remarques et interrogations en lien avec un territoire social (ouvrier, précaire, socialement exposé) et les risques technologiques de l’environnement dans lequel il s’inscrit.

 

Bien à vous,

 

Isabelle Pompe, février 2019.