S’émanciper de son invisibilité

#sitespecific est encore, à ce jour, porté par une femme. Ses propositions de rencontre précisent une féminisation de ses publics. En effet, lors du dernier évènement, à savoir le Rallye’ Specific’ #1, certains éléments, notamment statistiques, sont venus corréler ces impressions.

Petit retour en arrière quant à la fréquentation au regard des cibles touchées par la Terrasse’ Specific # 2 sachant toutefois que cette manifestation était co-organisée avec La Friche Lucien. Nous pouvons néanmoins constater que les femmes sont les premières à interagir.

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Pour la Terrasse ‘Specific # 1, le public qui fit le déplacement fut féminin à 100%, pour la 2ème, le public fut composé de femme à hauteur de 80%. Les publics étaient tous rouennais. De ce fait la « rive gauche  » n’était pas représentée à sa juste valeur territoriale. Vous pouvez consulter l’article consacré aux retours de Terrasse’ Specific # 2

Puis, avec le rallye, certes nous avons du essuyer une météo peu encourageante du fait des 35° exceptionnels venus s’abattre sur Rouen, mais le public touché comme celui qui fit le déplacement restait féminin.

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Nous pouvons observer que la tranche d’âge est sensiblement différente pour les deux évènements, passant respectivement de 18-24 ans à 25-34 ans.

La photographie est-elle une pratique qui attire des publics plus âgés ? Ou était-ce le titre: « Un rallye-photo pour émanciper la rive gauche » ? Ou encore la localisation, Rouen rive gauche et son architecture ? Pas suffisamment joueuse, divertissante, disruptive pour séduire un public plus jeune ? Toujours est-il qu’il serait peut-être bon de se demander pourquoi les hommes ne sont pas sensibles à ces temps d’échange.

Nous pouvons tout d’abord nous enquérir de ce qu’il en est de la place des femmes dans la culture, en tant qu’artiste/Auteure/Porteuse de projet/Directrice de structure…

 

En photographie

 

Les pratiques culturelles des français ont été enquêtées par le DEPS (Le Département des études de la prospective et des statistiques) du Ministère de la Culture et par notamment  Olivier Donnat. Nous vous recommandons de prendre connaissance de la Synthèse de celle menée en 2008 qui concernait les pratiques culturelles et le numérique et de l’analyse de l’évolution pour la période 1973- 2008 Dynamiques générationnelles et pesanteurs sociales

Ceci nous a premièrement amené à réfléchir aux pratiques amateurs, en effet, le rallye se destine à cette typologie de publics, dans le sens où aucune expertise, savoir-faire ni matériels n’étaient exigés. De plus, aujourd’hui la photographie est fortement marquée par le numérique, à partir de l’objet lui-même, sa production et sa diffusion.

La photographie arrive en tête des pratiques amateurs. 70% des personnes enquêtées ont fait des photos en 2008 avec, pour 60% d’entre elles, des appareils photos numériques. Imaginons aujourd’hui…Les publics sont donc importants, ce qui nous amène à désigner cette pratique comme étant populaire.

« Le digital a cassé les barrières à l’entrée du monde de la photo de qualité. En se rapprochant des standards professionnels, les appareils grand public ou les smartphones soulagent le photographe de nombreux problèmes techniques. Chacun peut devenir photographe !  » selon Bjoern Hirschbe ( marketing IBM) Source

  • Le matériel et les réseaux sociaux ont changé la donne

« Avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux, qui sont des univers très visuels, le nombre de photos en circulation n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, le meilleur appareil est celui que l’on a sur soi, souvent son Smartphone qui possède un software photographique supérieur à la qualité de l’objectif. Si le matériel est trop lourd, il reste souvent à la maison… « Bjoern Hirschbe ( marketing IBM) Source

  • La féminisation
  • Changement ou permanence dans les pratiques culturelles ?

Malgré ce constat, les éléments produits par le DEPS permettent de mettre en évidence que c’est bien la « continuité qui l’emporte sur le changement« . Si vous n’êtes que peu sensibles à la photographie comme « forme d’expression » et comme pratique, peut-être cela signifie que vous ne vous sentirez donc pas concernés par des propositions émanant de ce medium.

  • Individualisme contemporain

Le rallye est la constitution d’un groupe élaboré à partir de personnes qui se connaissent, ou peu voire pas.

Situer pour permettre une analyse qui tient compte des paramètres territoriaux, tant par l’inégalité de représentation que par celle de l’offre, est effectivement une précision à prendre en compte. La rive gauche rouennaise incarne ce constat. De plus, l’offre culturelle est-elle en connexion avec sa population extra locale que cela soit dans la diversification de ses publics ou encore dans le déplacement de ces derniers ? Comment construit-on une programmation cultuelle sur un territoire social ? Ces questions, le projet #sitespecific se les ai posées.

La photographie est un axe premier afin d’apposer les images de cette rive comme des éléments singuliers: la rive gauche en tant qu’espace de référence existe, en voici la preuve. Ce territoire possède des visages que vous ne lui connaissez pas.

 

La rive gauche se doit de s’ émanciper de son invisibilité.  

 

Une rive est un nom féminin. S’émanciper c’est aussi une façon de ne plus être absente, de sortir des canons de la beauté imposés par la rive droite. Une manière de signifier les différences comme autant de sources dignes, de se libérer d’une soumission, d’un regard qui pourraient préfigurer celui des hommes. Oui, les femmes sont stéréotypées, soumises à des normes de beauté au même titre que le sont nos rives.

  • Arrêtons-nous un instant sur cette notion d’image afin de poursuivre cette réflexion miroir. Faisons un bref aller et retour vers les femmes et cette question de la représentation (image) dans l’audiovisuel français:

 

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Capture d’écran Source

 

Pensez-vous concrètement que ces représentations soient respectueuses des diversités ? La réponse est non.Voyez-vous, dans cette analyse, un point commun entre les femmes et les deux rives qui nous occupent ?

Les populations de la rive gauche sont l’opposé de ce modèle d’images dans le sens où la rive gauche est un territoire pluriel, diversifié, pauvre en majorité. La couleur de peau, la jeunesse, la minceur et la blondeur ne sont pas sans rappeler les marqueurs sociaux proches des caractéristiques dits « bourgeois » et/Ou « dominants » qui seraient davantage présents rive droite et qui surtout symbolisent une définition sectaire, raciste de ce qui doit être beau, vu et donc, de ce qui doit être rendu visible. Vous ne voyez toujours pas de lien entre nos deux rives ? La belle et la…

Les femmes et leur enfermement dans des rôles sociaux limités pourraient être comparées à ce que subit la rive gauche en termes de considération à savoir le fait d’être davantage un objet qu’un sujet. Les deux rives ne reçoivent pas les mêmes égards, les mêmes traitements. Ces rapprochements nous ont convié à nous demander si la banalisation de la violence faite aux femmes ne pouvaient pas trouver un écho dans la banalisation de la violence faite aux territoires sociaux en particulier.

Les principes d’exclusion à caractère sociaux, ethniques pourraient être abordés, lors de notre rencontre prévue en septembre/octobre de cette année, sous cet angle: Et si la rive gauche était une femme? 

Alors voilà, comment et à partir de quoi s’est ancré ce medium photographique: pour parer à ce délire d’images proposées en masse par les photographes locaux et autres institutions. Des photographies non soucieuses de respecter les diversités d’un territoire au point de les annuler, de les laisser chavirer dans une invisibilité opaque. Contrer cette suprématie via les espaces numériques et, ce, grâce au digital pour innover, par l’image, et ne jamais cesser de penser « en regard », voici les postulats du projet #sitespecific.

  • Le rallye en tant que forme

Se divertir, se promener, découvrir, discuter, s’autoriser un temps, véritable ballade urbaine, un rallye -photo c’est aussi l’occasion de reprendre le temps de regarder.

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Les silhouettes rive gauche, par Cécile Lenormant

 

Les participantes, qui ont bravé la canicule, se sont prêtées au jeu de la redécouverte architecturale de cette rive. Elles connaissaient, par ailleurs, ce territoire mais pas ces propositions de cadres, de bâtiments. Le rallye se déroulait comme un circuit qui, en raison des conditions météo, a été réadapté. Le sujet ? L’architecture du XX et XXI ème siècle, le titre ? Un rallye-photo pour émanciper la rive gauche.

 

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Dans ton dos, Tour Tougard, Joëlle Petit

 

L’architecture pouvait être comprise comme paysages architecturaux, scènes, le visage comme paysage, les gens comme structures architecturales…Comment photographier un building ? Comment montrer les jeux d’échelle, comment jouer avec la lumière, comment restituer, donner la parole, créer les conditions du passage du visible à l’invisible ?

 

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Remettre les pendules à l’heure, Tour Tougard, IPL

 

La tour Tougard faisait partie du circuit, 1ère dame de béton visitée, elle n’en demeure pas moins incontournable à Rouen. Fruit d’une architecture moderne, voire brutaliste, elle est le 1er Gratte ciel rouennais. Érigée en 1955 elle est une des « filles » de l’architecte Tougard. Plusieurs vies lui ont été consacrées, tour de la sécurité sociale puis tour des l’école des Douanes, elle accueille aujourd’hui une résidence étudiants.

Rendre visible est-ce rendre grâce ?  Et cette architecture en question sur quel territoire s’inscrit-elle ?  Comment apporter de la féminité à cette architecture à dominance phallique ? Qu’es-ce que la verticalité, l’horizontalité ?

 

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S’émanciper c’est décadrer, par Cécile Lenormant

 

Apporter à cette émancipation, une réflexion sur la notion de personnage, de place, est apparue importante. N’oublions pas que le territoire d’inscription de cette architecture avant d’être administratif est surtout social. Beaucoup de pauvreté, de bâtiments n’offrant pas les qualités qu’exigeraient une certaine dignité.

 

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Cadre social visité, Cécile Lenormant

 

A suivre, un article consacré aux images produites ainsi qu’aux explications et autres tentatives photographiques de ce rallye ‘Specific dans son 1er tome!

Isabelle Pompe pour #sitespecific

 

 

 

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Kodak, Vincennes, 1986

Une usine, des pollutions

 

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Entreprise américaine, fondée en 1881 par Georges Eastman. Cette création d’entreprise est la concrétisation des recherches personnelles de son fondateur. En effet, Eastman dépose son brevet pour une « Méthode et Appareillage pour la réalisation des Plaques à Émulsion » en 1879. La société oriente ses recherches, dès 1885, vers un support souple destiné à remplacer les fragiles plaques de verre utilisées jusqu’à présent en photographie.

PATHE

Pathé –  C’est en observant les films Edison sur un appareil à visionnement individuel, en 1894, que Charles Pathé à la révélation de ce à quoi il se consacrera. C’est en 1896 qu’il installa les ateliers destinés à imprimer les films positifs, au n°1 de l’avenue du Polygone.Il fonde en 1897 la « Compagnie générale des cinématographes, phonographes et pellicules ». Puis la société Pathé frères s’étoffant, de véritables studios furent construits rue du Bois (rue Anatole-France).

En 1906, Charles Pathé se lança dans la fabrication industrielle de films vierges. Il fit construire rue des Vignerons à Vincennes, une vaste usine conçue par l’architecte vincennois Georges Malo.

En 1911, pour se rapprocher de l’usine, il s’installa dans une grande maison bourgeoise, rue de la Villa (rue Franklin-Roosevelt). Charles Pathé fit de Vincennes pendant les quelques années qui précédèrent la Première Guerre mondiale, la capitale mondiale du cinéma. La maison Pathé, véritable ville dans la ville, en rythma longtemps l’existence par ses sifflets et ses sirènes qui vidaient et remplissaient les cafés au rythme des équipes.

Avec la naissance de Hollywood et la concurrence du cinéma américain, l’usine cesse d’être un haut lieu de la production cinématographique, et en 1927, laisse sa place à la société Kodak Pathé. » Source

 

1902, Usine rue des vignerons à Vincennes

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L’usine sera utilisée pour la fabrication du support et des émulsions. La pellicule est constituée d’un film support en plastique, recouvert d’une émulsion : c’est une couche de gélatine sur laquelle sont couchés en suspension des cristaux d’halogénure d’argent ; pour les émulsions modernes il s’agit de bromure d’argent (AgBr).

L’usine sera exploitée de 1902 à 1986. L’utilisation de produit chimiques tels que des solvants non halogénés pour exploitation de ce site a engendré une des affaires les plus graves en termes d’exposition aux risques de produits chimiques pour les zones d’habitation et scolaires inscrites localement. Il s’agit de « l‘affaire des cancers pédiatriques de Vincennes. »

Les solvants

Les solvants sont des liquides qui ont le pouvoir de dissoudre, mettre en suspension ou extraire des substances sans altération chimique de ladite substance ou du solvant. Ces propriétés permettent :

  • l’utilisation des solvants pour nettoyer ou séparer différentes substances,
  • leur régénération, interne ou externe, quand leur utilisation première les a chargé en impuretés.

Les solvants usés sont issus d’origines diverses et produits par :

  • l’industrie (chimie, peinture, colles et adhésifs, …),
  • l’artisanat en quantités dispersées (carrosserie, mécanique, …),
  • les laboratoires de recherche et d’enseignement,
  • les particuliers.

Parmi ces solvants, on distingue deux catégories :

  • les solvants halogénés : solvants contenant du chlore, du fluor, de l’iode, du brome.
  • les solvants non halogénés : toluène, acétone

Les déchets dangereux

« Les déchets dits « dangereux » contiennent, en quantité variable, des éléments toxiques ou dangereux présentant des risques pour la santé humaine et l’environnement (article R. 541-8 du code de l’environnement : les déchets dangereux y sont indiqués avec un astérisque).

Quelle que soit leur origine ou la quantité produite, les déchets sont classés dangereux s’ils présentent une ou plusieurs des 15 propriétés de danger énumérées à l’annexe I de l’article R. 541-8 du code de l’environnement.

Ils peuvent être de nature organique (solvants, hydrocarbures,etc.), minérale (acides, boues d’hydroxydes métalliques,etc.) ou gazeuse.

Avec environ 11 millions de tonnes, les déchets dangereux représentent 3 % des déchets produits en France.
Le mélange de déchets dangereux est interdit, sauf dérogation (Article L541-7-2 du code de l’environnement) » Source

Les propriétés qui rendent les déchets dangereux et leur code :

  • H1 Explosif ;
  • H2 Comburant ;
  • H3-A Facilement inflammable ;
  • H3-B Inflammable ;
  • H4 Irritant ;
  • H5 Nocif ;
  • H6 Toxique ;
  • H7 Cancérogène ;
  • H8 Corrosif ;
  • H9 Infectieux ;
  • H10 Toxique pour la reproduction ;
  • H11 Mutagène ;
  • H12 Substances et préparations qui, au contact de l’eau, de l’air ou d’un acide, dégagent un gaz toxique ou très toxique ;
  • H13 Sensibilisant ;
  • H14 Écotoxique ;
  • H15 Substances et préparations susceptibles, après élimination, de donner naissance, par quelque moyen que ce soit, à une autre substance, par exemple un produit de lixiviation, qui possède l’une des caractéristiques énumérées ci-dessus.

Expansion des sites de production de Kodak Pathé

A la fin des années cinquante, l’usine Kodak-Pathé de Vincennes ne disposant plus de surfaces suffisantes pour assurer son expansion, il est décidé de construire un nouveau site industriel plus vaste et disposant des dernières technologies de fabrication. C’est Chalon-sur-Saône qui fut choisi en raison de sa situation à un carrefour de voies de communication facilitant la distribution des produits dans toute l’Europe. Le fait que Chalon-sur-Saône soit de surcroît la patrie de Nicéphore Niepce, l’inventeur de la photographie, fut un atout supplémentaire.

Kodak et le numérique

Alors que Kodak a mis au point la photo numérique dès 1975, la firme américaine a du mal à s’adapter au numérique lors de son expansion dans les années 2000 et subit la forte concurrence de marques étrangères, notamment européennes et japonaises.

Le 10 janvier 1986, un juge de la Cour suprême des États-Unis ordonne à Kodak de cesser la fabrication et la commercialisation de ses appareils à développement instantané dans le cadre d’un affaire de contrefaçon de brevet opposant Eastman Kodak à Polaroid Corporation. Dès 2004, Kodak délaisse peu à peu son activité historique (production liée à la photographie argentique) pour se concentrer sur les technologies modernes : la photographie numérique et le cinéma numérique, sans grand succès…

1986

L’usine de Vincennes est démolie. L’école maternelle Franklin-Roosevelt, à Vincennes (Val-de-Marne) a été construit en 1986 à côté d’une résidence de 475 logements et de bureaux, à l’emplacement de l’usine Kodak.

Sur les 6 hectares du site, on construit une école, sans aucune analyse des sols, cela deviendra un scandale énorme avec 5 cas de cancers (leucémie) chez des enfants.

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Démolition du site de Vincennes – Source

1999

« Le signalement de Vincennes (Val-de-Marne) a pour cadre un quartier résidentiel construit sur l’ancien site industriel des usines Kodak qui avaient en particulier utilisé des produits chimiques pour leur activité. Lorsque trois cas de cancers d’enfants sont connus en 1999, une relation est très vite envisagée localement entre l’ancien site industriel et l’existence de ces pathologies. Mais, à partir des premiers éléments transmis par l’entreprise et des sondages réalisés par la mairie, cette relation avec une éventuelle pollution des sols ne peut pas être établie. Les autorités sanitaires engagent de leur côté une étude qui ne conclut pas à l’existence d’un agrégat. Au vu des données, un comité d’experts considère que des investigations épidémiologiques et environnementales complémentaires ne sont pas justifiées. « Source

 

La liste s’est allongée puisque, depuis 1999, 7 cas dont 2 mortels ont été recensés, alors qu’on enregistre nationalement 4 à 6 cas de cancer par an pour 100 000 enfants de zéro à 5 ans (Le Monde du 3 janvier 2004).

 

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La mobilisation locale et la connaissance de nouveaux cas conduisent en 2001 à de nouvelles études, ainsi qu’à une campagne de communication importante initiée par la mairie. Les acteurs locaux qui se sont mobilisées entre-temps sont associés à ces études dans le cadre d’un comité de suivi. Le maire de Vincennes décide de fermer l’école de juin 2001 à janvier 2004. Les études qui sont réalisées durant cette période mettent en avant l’absence de risque sanitaire avéré pour la population. Toutefois, des campagnes de surveillance environnementale sont menées entre 2004 et 2007.

Que dit le BASOL (aujourd’hui) du site de Vincennes ?

Basol pour rappel,  est une base de données sur les sites et sols pollués ou potentiellement pollués appelant une action des pouvoirs publics, à titre préventif ou curatif. BASIAS – BASOL

Screenshot_2019-03-31 BASOL - Ministère de la Transition écologique et solidaire(1)

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Lors de l’enquête environnementale, une mise en évidence est faite d’une pollution de la nappe phréatique sous-jacente, aux dérivés chlorés, trichloréthylène (TCE), et perchloroéthylène (PCE) appelé aussi tétrachloréthylène, (ainsi que du Chlorure de vinyle dérivé du TCE) en provenance de l’ancienne usine chimique Kodak implantée sur place, qui avait fermé, puis été démantelée en 1986, suite à une pollution au cyanure.

L’affaire des cancers de Vincennes fera office de détonateur et de révélateur pour opinion public ainsi que pour les Ministères de l’éducation nationale et de la santé.

En 2007, l’État débloque 50 millions d’euros et veut lancer un plan national de diagnostic des sols. Il faut repérer crèches, écoles lycées : Env. 2000 sites pour lesquels il faut faire des diagnostic. Un véritable devoir de de recherche, d’investigation s’impose en ce qui concerne les métaux lourds et polluants volatiles.

  • Trois catégories sont alors proposées, A, B et C
    Pour les écoles de catégories C, cela signifie que les enfants sont exposés. La sensibilisation des parents, enfants est parfois difficile. Pourtant le Plomb et le Mercure, même à très faible dose, sont dangereux. Le problème est que sur ces sites industriels, ont souvent été utilisés plusieurs produits chimiques qui produisent un effet cocktail, bien pire encore.

Une école Beauvais a fermé (classé C) pour quelques travaux sommaire depuis 2013 mais aucune dépollution.

Vincennes encore, les produits dégazent depuis 47 ans, le taux de trichloréthylène présent dans les terres dépassent jusqu’à 100 fois.

 

Vous pouvez suivre l’actualité de cette affaire depuis le blog du Collectif Vigilance Franklin – CVF

C’est toute l’histoire industrielle qui remonte à la surface avec des problèmes dans l’air des maisons.

La Pollution des sols

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Vous pouvez consulter ce document Exposition de la population française aux substances chimiques

Malheureusement, beaucoup d’écoles figurant sur la liste n’ont pas été testées.

Lien vers émission Envoyé Special, « Nos écoles empoisonnées » du 11 janvier 2018

Je reviendrai, dans un prochain article, sur la situation du Petit-Quevilly, au regard du classement de ses écoles suite aux résultats de ce diagnostic.

 

Isabelle Pompe, 31 Mars 2019