La voie du mieux # 1

La Voie du mieux est une façon très simple d’avancer des pistes et des axes de réflexion depuis des parcours pédestres spécifiques.

L’idée ?

Choisir un trajet court, observer, constater et proposer des améliorations! Les circuits/Itinéraires se dérouleront tous sur la rive gauche rouennaise, de préférence en milieu urbain. Cette initiative n’est pas sans rappeler les Ateliers ‘ Specific qui voient les jardins comme des espaces politiques où la question du ressenti et des pratiques font partie intégrante de la rencontre.

L’objectif commun à ces deux propositions ?

La biodiversité. La servir au niveau local le mieux possible en maximisant les actions de sensibilisation et privilégier l’effort continu pour valoriser nos espaces!

Un 1er trajet comme un 1er épisode

La commune retenue est celle du territoire d’inscription du projet, Petit-Quevilly. La saison sera prise en compte également. Ici, pour cette première Voie du mieux, c’était hier, le vendredi 9 aout 2019. Les photographies ont donc toutes été prises ce même jour.

Les rues correspondent à une petite marche – Rue Victor Hugo, BD Charles De Gaulle et rue Albert Einstein. Les images vont se succéder dans l’ordre inversé du chemin, nous commencerons donc par la fin.

Biodiversité et gestion éco-responsable correspondent aux valeurs défendues par #sitespecific. La prise en compte de la gestion des espaces publics, des trottoirs, des pieds d’arbres, des haies, du tri (poubelles) et des autres espaces seront ici traités.

Rue Albert Einstein

Les pieds d’arbre

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Rue Albert Einstein, état du pied d’un d’arbre

Sur cette rue, le constat est amer, les arbres sont tous dans cette situation, leurs pieds sont très rarement végétalisés voire fleuris.

Vous noterez que les poubelles (cela sera le cas tout au long de notre route) ne permettent pas le tri sélectif.

Trames vertes urbaines

« L’enherbement et la végétalisation sont encouragés d’autant qu’ils pourraient contribuer à une trame verte. « Pieds d’arbre, trottoirs et piétons : vers une combinaison durable ?

Les pieds des arbres d’alignement pourraient jouer le rôle de corridor biologique. Ils sont en effet très présents dans le cœur dense de nombreuses villes occidentales et forment déjà par leur houppier une juxtaposition de petits espaces favorables à la faune. Il pourrait en être de même pour leur base où s’exprime une certaine diversité des plantes (Maurel, 2010- De l’introduction à l’invasion : les plantes exotiques en milieu urbain. Thèse de doctorat en écologie, Muséum national d’histoire naturelle.)

Après la grille, les pavés de blocage, les cuvette, depuis quelques années, un autre genre de pied d’arbre est venu enrichir cette typologie : le pied d’arbre enherbé.

  • Paris, un statut à l’herbe

Un élu parisien, en 2005, souligne qu’il convient de faire un « effort sur le patrimoine naturel (végétalisation des espaces et du bâti, préservation de la continuité et de la diversité biologiques, adoption de la Charte régionale sur la biodiversité, réalisation de 30 hectares d’espaces verts nouveaux d’ici 2007). source

  • Auxerre, des plantes protègent les arbres

« Les pieds d’arbres deviennent des lieux d’expérimentation de cette diversité urbaine « en laissant la végétation spontanée se développer […] ou au contraire en faisant des semis, en implantant de la végétation, en végétalisant d’autres façons » Auxerre Magazine, Des plantes protègent les arbres, 2009.

Le but premier de la végétalisation est de protéger les pieds d’arbres des agressions urbaines (piétinements, stationnement, urine, jet de détritus, etc.) tout en créant un bel aspect visuel.

  • L’herbe, une question culturelle ?

Loin de faire l’unanimité, l’herbe peut parfois être perçue comme source d’enlaidissement ou signe d’un laisser-aller. Cette opération nécessite la mise en place d’informations aux populations afin que celles-ci comprennent les volontés des communes de favoriser le végétal. Cette démarche nécessite un accompagnement et une sensibilisation des citadins au respect de cette végétation.

En outre, ces micro-territoires peuvent aussi permettre de véritables expérimentations comme la mise en place de bande stabilisée enherbée ou encore offrir aux habitants l’occasion de créer un micro jardin en pied d’arbre.

Hanovre

Hanovre – Source source

amsterdam

Amsterdam – Source idem

Revenons à Petit-Quevilly, et poursuivons. Tout près, nous pouvons constater une autre spécificité du quartier du centre commercial des Bruyères: la présence trop grande accordée encore au béton. Le rond-Point paraît austère par son manque de gaieté et de couleur.

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Rond point rue Albert Einstein- CC les Bruyères

  • « La France détient le record du monde du nombre de ronds-points – six fois plus qu’en Allemagne ! On estime qu’il existe environ 30 000 ronds-points, et que 500 nouveaux sont inaugurés chaque année pour un coût, pas vraiment modique, de 200 000 à 1 million d’euros selon la complexité de l’ouvrage et le prix des parcelles à acheter » . source

L’aspect esthétique de cette proposition de petite place ronde n’est pas des plus réussi. Partons du principe que, de par le fait que ces voix sont empruntés par des bus, il semble nécessaire de ne pas installer, en son cœur, un arbre trop encombrant au vue du volume et des racines.

L’intérêt du Buis ( Buxus) ?

Le buis est, en raison de sa croissance lente, le roi des arbustes persistants pour former des topiaires ou des haies plus ou moins compactes, d’entretien facile, car il ne réclame que deux tailles, assez légères, par an. Le buis est un arbuste mellifère, en effet, la floraison du buis est fort discrète. Mais lorsque l’on ne reconnaît pas son odeur typique, on peut la repérer au bruit : un brouhaha d’abeilles, bourdons et autres pollinisateurs. Le nectar du buis est en effet très recherché de ces insectes qui font également leur miel du suc qu’exsudent les fruits. Cependant, cet arbuste est très sensible à un fléau: La pyrale du buis (Cydalima perspectalis). « Ces dernières années, la situation a fortement évolué: les populations de pyrales du buis ont augmenté de façon exponentielle. C’est une véritable invasion dans certaines régions. »

Pour pallier à cette maladie, il est possible de respecter la biodiversité!

  • « Installez des nichoirs adaptés pour accueillir les prédateurs de la pyrale du buis. Lors de son arrivée sur le territoire, la pyrale du buis ne connaissait pas de prédateurs naturels. Les chenilles accumulent en effet des toxines en se nourrissant sur le buis, la rendant peu appétente. Néanmoins, certains oiseaux s’avèrent désormais des prédateurs occasionnels, comme la mésange, le moineau ou le pinson. Vos poules pourront vous aider, mais jusqu’à une faible hauteur. Les guêpes et les frelons s’en nourrissent également. De leur côté, les chauve-souris consomment les papillons. Aidez-les en leur donnant les moyens de nicher ! « source

Nous reprenons la rue en direction du BD Charles de Gaulle. De gauche à droite, nous allons constater des possibilités non empruntées par la commune. Du fleurissement aux herbes folles voire prairie manquent à l’appel.

Voici, un renfoncement de la rue, fait-elle partie de l’espace public ? Est-elle une voie privée ? Il ne nous semble pas. Nous découvrons donc cet espace non valorisé, optimisé pourtant propice au jardinage.

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Rue Albert Einstein

Puis, comme une trame végétale, nous allons croiser des petits ilots verts et haies plus ou moins entretenus. Ici, des rosiers qui auraient besoin d’un petit rafraichissement, la taille et autre coupe sont nécessaires pour donner de la vigueur à la plante. Une fois coupées, elle refleuriront, les laisser ainsi engendre une fatigue pour la flore. Cette rue donne envie de se promener sécateur à la main et poubelles afin de ramasser les canettes, bouteilles en plastique, papiers et autres détritus jetés ou envolés…

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Bosquets rue Albert Einstein

  • Petit rappel

Ensuite, nous croisons, dans une petite impasse, ce bac. Retravailler, nettoyer, bref autant de choses que celui-ci nous permettrait de faire dans le cadre des jardins partagés. Inclure ces bacs dans le cadre du fleurissement de la ville par les habitants pourrait être une bonne initiative.

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Un bac à l’état sauvage, impasse

Vers le bas de la rue, nous faisons l’expérience de découvrir un espace vert, un petit lopin qui pourrait bénéficier des soins d’un jardinier amateur! Une grille marron et de chaque côté, deux beaux espaces à végétaliser.

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Espace côté droit, rue Albert Einstein

Cette proposition de végétalisation sera faite au projet « Jardin partagé de Petit-Quevilly ». En plus de participer à l’embellissement de la rue, l’aménagement de ces petits terrains apporteraient une image valorisée au quartier. De plus, prendre soin des plantes c’est prendre soin de soi!

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Côté gauche, rue Albert Einstein

Nous longeons cette rue, viennent ensuite les différentes haies, touffes, bordures…la canicule montre encore et toujours ses dégâts sur les espèces. Même si la résistance des plantes autonomes parait normale, d’autres ont connu soit la maladie soit le manque terrible d’eau. L’envie d’intervenir sur ce petit monde végétal se fait à nouveau sentir lorsque nous voyons cela!

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Rue Albert Einstein

Après les quelques sauges, ce sont les petits sapins qui entrent en scène, certains ont malheureusement souffert et les dégâts sont encore visibles. Au regard des plantations, il convient de toujours préférer la diversité car les haies variées sont naturellement plus résistantes que celles prenant appui sur une seule et même espèce.

Chaque espèce de conifère peut être affectée par des maladies ou des parasites, dont les attaques sont susceptibles d’entraîner l’affaiblissement, voire la mort de ces végétaux ligneux. La parade ? Glissez ces arbres, couvre-sol ou arbrisseaux persistants dans des haies diversifiées. source

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  • Phytophthora

Nous pensons à la maladie du brunissement des conifères. « Elle peut faire son apparition à tout moment de l’année. Elle début généralement par une pourriture (nécrose) du collet, trahissant un problème souvent invisible, et pour cause puisqu’il est souterrain, une pourriture des racines. En conséquence, sur les parties aériennes, des rameaux entiers brunissent puis sèchent progressivement jusqu’au dépérissement total du conifère. Le mal qui se cache derrière cette redoutable maladie se nomme Phytophthora. Longtemps classée parmi les champignons, cette famille d’organismes microscopiques est désormais groupée avec différentes espèces d’algues. La dissémination aérienne du Phytophthora le rend d’autant plus redoutable : il lui faut en effet très peu de temps pour contaminer une haie entière. »

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Les conifères de la rue Albert Einstein

Cette partie finale de la rue offre également l’occasion de voir avec un très plaisir le potager, verger et vigne exploser en propositions gustatives implantés juste derrière!

Boulevard Charles De Gaulle

Enfin, nous prenons à droite, nous nous trouvons désormais sur le BD Charles De Gaulle. Les questions de l’emplacement d’un banc (face à la rue) ou encore les pieds d’arbre…Ici, bétonné.

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Pied d’arbre – BD Charles De Gaulle

Nous prenons le trottoir d’en face, après avoir constaté l’état disons correct de la haie qui se trouve à notre droite ponctuée de bambous. Nous remarquons les trois parterres très bien fleuris et entretenus qui font office de croisement.

Rue du Général Foy

Juste un peu après, devant l’École Jean Jaurès, nous distinguons, une haie basse jaunie en souffrance. De même que nous examinons des micro- territoires situés tout devant. Ils pourraient être l’occasion de tester avec les enfants les joies des fleurs ou pourquoi pas du potager!

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École maternelle Jean Jaurès, rue du Général Foy

Rue Ursin Scheid

Nous prendrons ensuite, à droite, la rue Ursin Scheid. Les surprises de cette voie viendront des particuliers…En effet, après avoir cette somptueuse glycine, nous tombons face à face avec un aménagement basé sur le recyclage de palettes, de pots, de fleurs, cela fait du bien de constater que certains ont réellement envie de tester, de créer…

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La Glycine – rue Ursin Scheid

  • « La couleur et l’odeur particulière de cette plante nous attire. Focus sur la glycine, plante ornementale que l’on trouve aussi bien chez les particuliers que dans l’espace public. En général sa présence ou sa taille, tout autant que sa couleur ou son odeur, ne passent pas inaperçues. Elle attire fortement les insectes, pollinisateurs, et notamment les bourdons qui viennent s’y poser et s’y régaler au sortir de l’hiver. Fleurie d’avril à juin, la glycine est une plante de la famille des légumineuses ou Fabacées. Le genre Wisteria compte 10 espèces de grimpantes, originaires d’Asie et des États-Unis. Offrant un épais feuillage, selon les espèces et cultivars, les fleurs sont violettes, bleues ou blanches. Elle est arrivée en France en 1816. » source

Rue Victor Hugo

Nous tournons ensuite à gauche, rue Victor Hugo, là où nous étions passés lors du rallye-photo « La rue est une mine d’or » (organisé en mars 2018), tout à côté du Kaléidoscope (lieu protéiforme des Copeaux Numériques). Nous relevons la présence, déjà constatée depuis plusieurs mois, d’un terrain clôt qui comporte par ailleurs encore des gravats et des produits…Par le passé, se trouvait, ici, une maison et sa petite dépendance, démolies depuis.

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Vue d’ensemble, rue Victor Hugo

Lorsque l’on pend la mesure de ce que nous pourrions faire en termes de nettoyage, de végétalisation le long de ses murs et de fleurissement, on reste pensif voire rêveur! Cela ferait du bien à ce quartier qui souffre d’une sur représentation des voitures.

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Petit gros plan de ce terrain abandonné visiblement avec au fond à gauche, un entassement de produits du type peinture, détergents…( à surveiller de près)

Enfin, nous enchainons notre Voie du mieux épisode 1 avec une petite prise de vue de l’accès au jardin de la Chartreuse St Julien appelé aussi Jardin du Cloître (lieu de l’Atelier ‘Specific # 1 dont voici le détail: Hortus Politicus

Cette image souligne un manque de gaieté et de fleurs, le long et de chaque côtés, parfois s’installent des personnes car elles peuvent bénéficier de l’ombre de l’édifice. Le petit enclos où se trouve la grille « Jardin.. » sera un endroit suggéré pour le déplacement des bacs collaboratifs à fleurir placés, actuellement, en amont du jardin.

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Un autre accès du Jardin du Cloître.

Nous resterons concentré sur le côté droit du trottoir où la végétation, notamment, les arbres reprennent sérieusement leurs droits.

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« En règle générale, il est recommandé de ne pas planter trop près d’un mur de façon à pouvoir intervenir derrière l’arbuste, pour l’entretien, la taille, mais aussi l’arrachage des éventuels semis naturels d’arbres en pied de mur qui seraient à terme très dommageables. Il convient d’éviter les arbustes drageonnants (sumac de Virginie, la plupart des bambous, Hippophae…). L’arrachage des repousses ligneuses directement en pied de mur est en effet problématique. Il est prudent aussi d’éloigner suffisamment les arbustes dont la souche s’élargit avec l’âge comme les spirées ou les noisetiers… »source

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Arbre et mur – Rue Victor Hugo

Notre Voie du mieux touche à sa fin, nous nous arrêterons avec le CAUE 76 et sa végétation grimpante qui malheureusement ne court plus sur murs.

  • Le lierre

« Le lierre est une des rares plantes grimpantes à feuillage persistant. Très rustique et d’une vigueur exceptionnelle, il pousse rapidement dans le jardin, et s’adapte bien à la culture en pot à l’intérieur. Peu exigeante, cette liane tous terrains pousse dans toutes les régions de France et est idéale pour couvrir les murs, les clôtures ou les sols. Les éco-jardiniers y trouverons une plante très mellifère par sa floraison automnale abondante, pour le plaisir des abeilles et autres insectes pollinisateurs. De plus, elle est parfaite pour la nidification des oiseaux!

 » Le lierre est un véritable écosystème à lui seul car il abrite et nourrit un nombre incalculable d’insectes et animaux et participe à l’équilibre de l’environnement. Ce n’est pas un parasite car il se fixe à un support ( mur ou arbre) par des ventouses non absorbantes, contrairement au gui qui pénètre l’écorce des arbres pour se nourrir de leur sève. Ses racines sont superficielles et ne concurrencent pas celles des arbres qui elles, vont chercher plus profondément leur nourriture. » Le lierre, un trésor méconnu

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La mort du Lierre du CAUE 76

Voilà, c’est terminé, nous nous retrouverons pour une autre proposition de  « La voie du mieux » prochainement!

Isabelle Pompe pour #sitespecific, le 10 Aout 2019.

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Images des territoires de la rive gauche & moteurs de recherche

#sitespecific a choisi le moteur de recherche Ecosia, ses yeux numériques sont ceux fournis par cette interface. N’ayant plus la volonté d’alimenter Google pour effectuer son travail de veille sur les différents moyens dont disposent notre territoire, notamment communicationnels, le projet s’est posé face à la problématique de l’image avec Ecosia uniquement: image perçue? Image voulue ? Reçue, tout d’abord, lorsque nous renseignons les saisies suivantes: Rouen rive gauche, Rouen Saint-Sever, Rouen quartier St Clément, Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, Sotteville-lès-Rouen, Saint -Étienne du Rouvray, Petit-Couronne, Grand-Couronne, Oissel.

➽Le 18 juin 2019: Quels résultats ? Quelles récurrences ? Images associées?  Traductions implicites ? Quelles informations/Images recevons-nous ? Comprenons-nous?

ECOSIA

« Ecosia est un métamoteur de recherche solidaire allemand. Il reverse 80 % de ses bénéfices selon un programme de reforestation présent partout dans le monde. Ecosia plante des arbres au Burkina Faso, au Pérou, en Tanzanie, à Madagascar et dans douze autres pays L’entreprise, certifiée B corporation, travaille avec différents partenaires dont WeForest et OZG au Burkina Faso, PUR Projet au Pérou et Eden Projects à Madagascar. En février 2019, plus de 50 millions d’arbres avaient été plantés depuis sa création, ce qui représente plusieurs milliards de recherches au total, à raison de 45 recherches en moyenne pour planter un arbre. »

  • L’interface d’Ecosia ressemble de loin à celle de Google. Quant aux résultats, le moteur de recherche préfère le dire : ils sont fournis par Bing et Yahoo!, entre autres.Source

Rouen rive gauche

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La rive gauche n’est pas identifiée comme un espace de référence mais en 1er chef c’est le terme « rive » pour eau/ Seine/ Quais qui ressort 16 fois sur 24 images. Le Panorama XXL fait son entrée alors qu’il est rive droite, la gare Jeanne d’Arc pourtant rive droite également. Quelques images d’immeubles sont présentées pour un montage photo 12ème (à droite),  la Cathédrale est là aussi tout en bas. Une photo plutôt ancienne avec le métro bleu en bas également.

Dans l’ensemble le #rivegauche est donc fortement recommandé lorsque vous postez des photos sur les réseaux et il semble impératif de toujours localiser vos images car ici, pas une structure culturelle, pas même le 106 n’est présent.

Cette rive se doit donc d’être hautement valorisée, citée, photographiée, localisée, visitée pour ne pas se réduire à ses quais. Il convient de poster des images depuis nos espaces numériques en les situant géographiquement avec précision (photographie, affiche, visuel).

 

Rive gauche en 1, c’est donc la Seine.

 

Nous ajouterons par simple courtoisie les images suivantes et souhaitons vivement participer, contribuer au patrimoine iconographique de ce territoire. C’est une des premières actions de valorisation de #sitespecific.

 

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Tour des Archives rive gauche, quand le brutalisme entre en architecture, Rouen, IPL

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Les quais rive gauche habités, Rouen, Juin 2019, IPL

Avec impatience, nous attendons notre prochain RDV le 29 juin, Rallye ‘Specific # 1, le 1er rallye photo organisé rive gauche qui a pour thématique l’architecture du XX et XXI ème siècle. Événement FB

Rouen Saint-Sever

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Nous vous recommandons la lecture de We are Saint – Sever et de Les conseils de quartier Rouen rive gauche # 2

L’Église (3 images lui sont consacrées), les travaux (2018), le centre commercial (3 images également) le reste tourne autour d’immeubles (des appartements à louer ?) Hôtels ? De maisons non identifiables, d’une terrasse, de la Seine, une BD, Le Gros Horloge, Un véhicule de Police devant la Poste/ligne de métro. Rien de trop parlant ni de significatif pas de place des Emmurés, ni de marché, pas de visage, pas de métro…

Saint-Sever c’est pourtant le 2ème centre de la ville de Rouen, à la fois une rue piétonne, un quartier, une station de métro échangeur, une Eglise, une bibliothèque, des marchés mais pourquoi tout ceci n’apparait pas ? De plus, pas d’architecture identifiable de suite alors que le quartier est aussi un centre administratif où se trouve, entre autres, le siège du département de la Seine Maritime…

 

Saint-Sever en 1 c’est donc l’Église.

 

On se dit que nous avons beaucoup de travail afin de constituer une iconographie digne du quartier St-Sever.

Nous ajouterons

Saint Sever en rue, Rive Gauche, Rouen, IPL, 2019

 

 

Friche Lucien, Saint-Sever, rive gauche, Rouen, IPL, Mai 2019

 

Rouen quartier Saint-Clément

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Nous vous recommandons la lecture de Saint-Julien- Saint Clément et de Les conseils de quartier Rouen rive gauche # 1

On reste circonspect, toute cela semble très résidentiel, sans « vie de quartier » même si nous reconnaissons l’intérieur de la maison de quartier, il n’y a ni commerce, ni visage, par contre des immeubles en projets. Est-ce le « quartier » Poterat- Métro Avenue de Caen ? Des appartements à louer sans doute, on aperçoit quand même l’Église de la Place St Clément, la fontaine, on reconnait l’un des bâtiments de l’Atrium mais pas de « verre et acier » à l’horizon dans l’assortiment d’images. L’impression majoritaire que ceci nous laisse c’est que nous sommes face à un quartier résidentiel, de banlieue peut-être où la vie humaine, culturelle et économique ne trouve pas d’écho tangible.

 

Quartier Saint-Clément en 1: c’est donc la maison de quartier

 

Un quartier qui possède, pourtant, une vraie vie de quartier avec son association de commerçants très pro-active, son ambiance, ses manifestations organisées par la Fraternité par exemple…Tout cela n’est pas visible, comme effacé et réduit, les messages en images que laissent ce quartier sont loin de se restituer sa vivacité, alors ?

 

Fresque quartier St Clément, rue St Julien, rive gauche, Rouen, IPL

 

 

Verre et Acier, quartier St Clément, Rive gauche, Rouen, IPL, 2019

 

Petit-Quevilly

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Nous vous invitons dans un 1er temps à consulter: Petit-Quevilly & #sitespecific

Les cartes commencent à faire leur apparition pour situer géographiquement cette commune qui peine, elle aussi, à montrer des visages, des instants de vie. Les projets immobiliers et l’immobilier (appartements) sont ce qui sort de façon prégnante. La piscine, mairie, le jardin de la Chartreuse St Julien, une école, une carte postale pointe du doigt la trace d’une histoire collective et mémorielle, le métro et pour finir la carte du cimetière…Sur 18 images, 10 images montrent des immeubles hauts, modernes plutôt uniformes. Peu d’espaces verts, pas de marché, pas de commerce, pas de structure culturelle alors que la commune possède sur son territoire une bibliothèque, le CDN (Foudre), et plus récemment a vu s’installer le Kaléidoscope (lieu des Copeaux Numériques), pas de Seine Innopolis (ancien bâtiment de la Foudre), pas d’édifices religieux, pas de sport hormis la piscine.

 

Petit-Quevilly en 1 c’est la piscine

 

« La piscine Tournesol, en coupole, accueille les nageurs en juin 1977. Véritable emblème, c’est une des rares de ce type encore en fonctionnement en France. »Source

Pour #sitespecific, Petit-Quevilly est le territoire de naissance du projet alors les Lebas déjà photographié en 1952 par Henri Salesse, devaient être montrés, au même titre qu’au moins un de ses espaces verts, le jardin de la chartreuse St Julien d’où sera animé l’ Atelier’ Specific # 1

Immeubles rue Joseph Lebas, rive gauche, Petit-Quevilly, IPL

 

Jardin de la Chartreuse St-Julien, Rive gauche, Petit-Quevilly, IPL

 

Grand-Quevilly

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La 1ère image qui émerge est celle d’une destruction! Sur 18 images, 7 sont des cartes. Des projets immobiliers sont cités 3 fois, une station de métro, 4 fois surgissent des commerces en raison de l’important centre commercial de la commune donc, reprenons pas d’équipement sportif, pas d’espace vert (Roseraie), pas d’animation, de concert, de structure culturelle (Charles Dullin/ Théâtre, Maison des arts/Artothèque, médiathèque)…

 

Grand-Quevilly en 1 c’est la destruction de l’Église sainte Bernadette survenue en 2014.

 

« Les deux-cent vingt signatures recueillies par une pétition ou les émois d’un élu communiste sur le blog du Front de Gauche n’auront pas suffi. La décision du diocèse de Rouen de démolir ce lieu de culte érigé et consacré en 1962 a été suivie d’effet et l’édifice est actuellement aux prises des engins de chantiers qui, depuis le début de semaine, s’activent afin de réduire ce bâtiment en un tas de gravats devant laisser place à un projet immobilier. D’après le diocèse, le fruit de la vente du terrain occupé par l’église permettra de financer l’église Sainte-Lucie où, d’ailleurs, tous les objets de culte ainsi que les vitraux ont été transférés. » Source

Pour #sitespecific, la rencontre avec Grand-Quevilly s’est faite progressivement, les rues et leurs immeubles perceptibles depuis la ligne du métro George Braque, la roseraie et une architecture pavillonnaire exceptionnelle…Allez voir sur @photographyspecific

 

La Roseraie de Grand-Quevilly, Rive gauche, IPL

 

Architecture pavillonnaire Grand Quevilly, Rive gauche, PL

 

Sotteville-lès-Rouen

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Ce panorama donne à découvrir une variété d’architectures (époques, types) des axes, la Seine, des églises, la mairie, la ligne de chemin de fer, le métro et trois présences sur cartes.

Pas de structure culturelle alors même que Sotteville accueille l’Atelier 231 (centre national des arts de la rue), pas d’animation alors que le festival Viva Cité en est à sa trentième édition cette année. Pas de marché pourtant celui de la commune est un « véritable « Super » marché à ciel ouvert et l’un des plus importants marchés de l’agglomération. »Source Pas de bibliothèque, pas de salle de spectacle (Que fait le Trianon ? )….Ainsi que l’histoire du chemin de fer liée à la commune de façon quasi originelle n’apparait pas vraiment non plus….

 

Viva Cité, Place de la mairie, Sotteville, Rive gauche,, 2018

 

Saint-Étienne du Rouvray

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St Étienne montre un visage coiffé de 4 séquences en immeubles, 6 fois l’Église est citée, une maison, une rue sans piéton ni voiture qui circulent, 5 cartes et un bassin géotextile.

  • La présence de l’Église peut s’expliquer par le fait que la commune et son église, ait été frappée par un attentat revendiqué par le groupe État islamique, le 26 juillet 2016.
   
La commune en 1 c’est son église.

Pourtant St Étienne c’est une scène labellisée danse Le rive gauche, une bibliothèque, un conservatoire,  le technopôle du Madrillet et l’INSA, et enfin la forêt qui représente 1/5 du territoire de Saint-Étienne-du-Rouvray, elle apparaît comme le poumon vert de la rive gauche de l’agglomération rouennaise.Source

A ce jour, pas de photographie de cette commune à montrer, par contre, sont prévues des actions du type rallye ou encore rencontre, pour fin 2019 voire 2020.

 

Petit-Couronne

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Petit -Couronne est la 1ère requête qui fait ressortir la présence humaine, des gens, des jeunes gens, des enfants bref une vision animée d’un territoire habité. Sa mairie, ses sites industriels, une image de nuit et son logo (une 1ère également). Trois cartes vont dans le sens du début de cette recherche, pas de visualisation, d’identification sans carte car c’est où Petit-Couronne?

Et la 1ère image qui est associée à Petit Couronne c’est « Petite Couronne » et Paris!

Fichier:Petite couronne.svg — Wikipédia

Petit-Couronne bénéficiera d’un rallye photo au regard de la biodiversité remarquable de son patrimoine vert

 

Grand-Couronne

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Grand -Couronne vient véritablement confirmer le défaut d’identification de la commune avec 6 cartes dont deux nationales. Par contre les gens signent leur présence lors de manifestations à 3 reprises (les 40 ans du Collège Jean Renoir, une séquence concert en plein air et une photo de classe) vient ensuite la mairie et l’Église.

 

En 1, Grand-Couronne c’est donc son nom sur une carte représentant l’agglomération rouennaise.

 

« Malgré son industrialisation causée par sa proximité avec la Seine, Grand-Couronne possède un cadre presque rural avec une multitude d’espaces verts et d’ouvertures vers la nature. Très engagée pour l’environnement, la commune de Grand-Couronne a réalisé plusieurs projets de sensibilisation envers sa population, et d’amélioration de ses infrastructures face aux difficultés environnementales d’aujourd’hui. »

Grand – Couronne //Rallye photo prévu pour 2020 pour saluer la Politique environnementale de la commune

Oissel

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Oissel se voit offrir comme images trois photographies (carte postale) anciennes (le sanatorium, la crue, la gare). La gare est d’ailleurs citée deux fois, les cartes sont présentes à 6 reprises dont 2 nationales, des images type vue aérienne et d’une part une promotion de la police est faite (2ème image en haut à droite) et d’autre part il est fait état de voitures incendiées et d’un autre fait divers (décès) dernière image en bas à gauche.

 

En 1, Oissel c’est son sanatorium

 

Donc Oissel, c’est quoi? 

Cette commune bénéficie de l’espace Aragon (cinéma), située en bord de Seine, elle propose une halte fluviale, un jardin public (parc municipal). D’une superficie totale de 2042 hectares, Oissel compte près de 990 hectares de forêts, soit près de 50% des sa superficie, 40 km de voirie et 50 hectares d’espaces verts et cinq sentiers de randonnée: Grâce à la proximité du domaine forestier du Rouvray, du GR2 (le Havre-Paris) qui emprunte les berges de la Seine et grimpe sur les hauteurs d’Oissel, les découvertes à pieds ne manquent pas de charme…De plus elle dispose même d’un espace documentaire de la ville avec 5300 images environ.

De quoi animer en photographies le projet #sitespecific et valoriser cette commune!

Enfin, histoire de se motiver, nous avons fait le même test pour « Isabelle Pompe » dans le résultat « image », voici ce que ça donne, pas de quoi perdre confiance ni espoir (ces photos proviennent pour la plupart des trois comptes : Pinterest/Tumblr/ Trust in street, avec donc une existence de plus de 3 ans).

Isabelle Pompe vu par Ecosia juin 2019, IPL

A suivre,

#sitespecific le 19 juin 2019

 

 

We are Saint – Sever

L’anglais, j’ai le droit grâce à John Holker, James Morris, James Hope… C’est quoi, au juste, Saint- Sever ? Un quartier, une commune à part entière, l’aile d’une rive, un pilier, une colonne vertébrale ? Ici, c’est l’occasion d’une focalisation sur la rue éponyme. Le quartier nécessiterait la narration d’un roman, la mise en place d’une enquête sociologique et historique dignes. Là, l’idée repose davantage sur la spontanéité de la rencontre avec un territoire. N’oublions pas, néanmoins, que celui-ci s’inscrit dans un quartier pour lequel il convient de faire quelques brefs rappels historiques.

  • Le quartier Saint-Sever est un quartier de la rive gauche de Rouen. Il s’organise notamment autour de l’église Saint-Sever (XIXe siècle) et du centre commercial Saint-Sever. C’est un quartier d’affaires, un centre administratif. Il est le cœur de la rive gauche de Rouen dixit Wikipédia.

 

Les arbres de la rue

 

 

Depuis mon premier face à face et mon adoption par cette rue, son visage a subi quelques transformations. Loin de moi l’idée de me perdre en direction du « c’était mieux avant » mais, il me semble déterminant d’exhumer quelques traces photographiques. Ces bouleversements quant à son allure globale sont allés jusqu’à impacter la vie de mes anciens voisins. En ville, d’une part, rien n’est plus agréable que les arbres et l’ombre qu’ils engendrent. De plus, domestiquer la nature à coup de parcelles revient à créer une sorte de conformité à une rue qui existait pour elle-même. Le résultat visuel de ma dernière visite m’a laissée amère, où sont passés les traits caractéristiques de cet havre ?

 

Et questionnons-nous maintenant: en matière de cadre de vie, de charme, de biodiversité, quel est le match entre marronniers et bouleaux ?

 

Vous allez découvrir les motifs et la stratégie territoriale avancée par la Métropole Rouen Normandie, je vous laisse méditer sur ces éléments d’informations.

Une mue baptisée « Requalification des rues et place St Sever » Source

Planning des travaux : Novembre 2017 – Novembre 2018 – « La mue du quartier Saint-Sever, lancée en 2014 avec la halle des Emmurées, se poursuit, du marché à l’église et au centre commercial. D’ici à la fin de l’automne 2018, la rue Saint-Sever affichera son nouveau visage. Un visage de dalles de granit et d’enrobé rouge, rappelant les aménagements réalisés dans le cadre de Cœur de Métropole sur la rive d’en face. La nouvelle voirie appelle à la marche à pied, idéale pour le commerce de proximité (la rue était déjà piétonne!!). Le mobilier inclut, à la demande des riverains et de l’Atelier urbain de proximité mené en amont par la Ville, bancs et jardinières, toujours dans l’esprit de balade qui anime le quartier. Le remplacement de marronniers trop volumineux par des bouleaux, plus adaptés, finit d’illuminer cette artère commerçante…. »

 

#Aujourd’hui, la rue un jour ensoleillé de mai 2019

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The Survivor – Ici, au 1er plan, le seul marronnier qui a survécu aux travaux de la rue, 2019, IPL

 

Un peu d’histoire locale

 

À l’origine connu sous le nom de faubourg d’Emendreville, le quartier prend le nom de faubourg Saint-Sever lors de la translation des reliques de saint Sever, évêque d’Avranches, à la fin du Xe siècle, dans l’oratoire Saint-Cassien, devenu par la suite église Saint-Sever.

John Holker

Né à Stretford (près de Manchester), le 14 octobre 1719, mort à Montigny en Seine- Maritime le 27 avril 1786, John  Holker est un manufacturier anglais, fondateur de la manufacture royale de velours de coton de Saint-Sever, nommé inspecteur général des manufactures en 1755, chargé de promouvoir l’industrie textile en France.

  • En 1749, alors qu’il est capitaine en second de ce régiment, il rencontre à Rouen Marc Morel, inspecteur des manufactures pour la région. Morel est séduit par ses capacités dans le domaine de l’industrie et l’encourage à remonter une entreprise textile sur place. Il vise la création d’une manufacture de velours de coton, un type d’établissement qui n’existe pas encore en France et dont il a appris toutes les techniques. Comme le gouvernement anglais lui a refusé le pardon, Holker accepte de quitter l’armée et de se lancer dans l’aventure à Rouen, qui est déjà un centre cotonnier important. Les essais menés à la manufacture de Darnétal pendant six mois en 1752 sont concluants et Machault d’Arnouville l’autorise, par arrêt du 19 septembre de la même année, à fonder sa propre manufacture à Saint-Sever. La direction de l’entreprise lui est confiée et il lui est imposé de recourir à des associés français (d’Haristoy à Darnétal, Paynel et Dugard à Rouen, Torrent à Paris).
  • Holker s’est intéressé également à la faïence, ce, pour trois raisons : c’est une activité importante à Rouen, les colorants font partie de ses fournitures de base, comme pour le textile, et il a embauché pour le seconder un jeune fils du grand faïencier Jean Guillibaud, Philémon Martin, qu’il va progressivement associer à ses affaires (il remplacera en 1759 d’Haristoy, décédé en 1757), et qui ira même jusqu’à racheter ses entreprises en 1791.
  • Enfin, en 1762, John Holker fonde avec ses collègues James Morris et James Hope une teinturerie à Saint-Sever, pour laquelle il a obtenu le statut de manufacture privilégiée, avec en prime la naturalisation de ses deux associés.
  • Son succès est tel que le gouvernement anglais s’en inquiète et veut le faire revenir au pays.

 

Deux siècles plus tard, le centre commercial

 

Inauguré le 24 octobre 1978, il permet de créer un deuxième centre ville à la ville de Rouen. Ce quartier dispose également d’une mairie annexe qui se trouve au RDC du centre.

Le centre commercial participe à la transformation complète du quartier et engendre une forme de dynamisme économique durant un certain temps toutefois le quartier ne se résume bientôt plus qu’à cela, vit à son rythme imposé d’espaces privés. Point de chute, d’arrimage, arrêt de station de métro, il est cette centralité manquante qui offrent des modules, des allées, des magasins, des lieux de consommation où même la culture* avec son Kinépolis se consume…Donc, ici, vous ne trouverez pas de photographie du centre. Autour de lui, c’est une autre vie qui se juxtapose, tant bien que mal. Avec les rues du Mail, Lafayette, de Lessard, L’Abbé Lémire, des Emmurés, Gadeau de Kerville, à la fois, commerçantes, résidentielles, elles participent à la création d’une enclave avec une typologie de commerces. Nous y reviendrons ultérieurement.

 

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Les arrières du centre, rue Gadeau de Kerville, Mai 2019, IPL

*La culture qui s’était enorgueillit, un temps, d’avoir au sein du centre un théâtre, Le Duchamp Villon se voit par la suite privée de celui-ci, il lui reste une bibliothèque du réseau R’Rouen et sa MJC qui semble être sous le coup de projets culturels neufs.

 

Une rue et ses coulisses

 

Une voie est aussi un formidable poste d’observation. J’ai été résidente du 124, par conséquent, j’ai pu entendre, assister à toutes formes de manifestations, de bruits. De jour comme de nuit, cet axe possède plusieurs visages. J’ai pu écouter les feux d’artifices, les sons de la Foire St Romain (à l’époque rive gauche), les intonations des commerçants, les notes, les ondes et les onomatopées propices à un espace aussi vivant. Depuis ce « chez moi », j’avais soit le choix de composer avec les inflexions du bas, soit de me construire mon propre ronronnement. Parfois en accord avec cette cadence, ces balbutiements, ces  tapages, ces crépitements, grincements, ces vrombissements intrinsèques à toute rue piétonne, je me suis surprise à être.

Là, se narre, une séance de gonflage dans la toute rue/parking/allée située derrière chez moi. Cet endroit a pu accueillir des éléments qui n’avaient aucun rapport les uns avec les autres, créant ainsi un tableau quotidien neuf et saisissant. Les chats, poubelles et voitures étaient les résidents perpétuels de ce théâtre en plein air mais des chaises, une végétation libre, des gens perdus ou cachés fonctionnaient comme les adjuvants du cadre.

 

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Derrière, IPL, 2015

 

La rue, un espace public

 

Elle est cet endroit où des gens souhaiteront toujours s’y installer, s’y poser pour prendre l’air, profiter librement d’une vue, d’un instant. Avant les très importants travaux, la rue ressemblait à une allée colorée avec des arbres et de l’ombre. Ces superbes marronniers roses avaient leur vie propre, que ce soit à leurs pieds où jouaient des gens où se reposaient, se donnaient RDV d’autres ou dans leurs branches où les oiseaux étaient si nombreux qu’il était impossible de chiffrer combien de tétrapodes co-habitaient. Depuis, les choses ont nettement changé, les joueurs se sont rassemblés à côté des poubelles. Les oiseaux, je les entends moins. Et l’ombre a disparu.

 

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Les joueurs, IPL, 17 mai 2019

 

Une rue, la nuit

 

En bas de chez soi, alors que nous sommes dans notre appartement, les situations continuent, sans nous, à se scénariser. Sa centralité lui confère un point de RDV facile pour le monde associatif, caritatif telle que La Croix Rouge et ses rondes. La rue est aussi un « lieu de vie » violent pour les personnes sans domicile. L’absence de bancs n’aide pas, alors c’est à terre, que je l’ai croisé. Un seul me reviendra toujours à l’esprit. D’une part, parce que je suis tombée nez à nez avec son agression contre la devanture de l’ancien magasin Tati,  nous avons aidé les secours et la police. Il était vivant, pour moi, il allait s’en sortir. D’autre part, parce que je l’ai croisé, chaque jour, avec son chien, ses affaires et n’ai jamais osé le prendre en photo. Triste souvenir.

« Claude avait 74 ans. Il est mort lundi 5 octobre 2015 au CHU de Rouen, après avoir reçu au visage des boules de pétanque. »Source

 

Rue st sever

Rue Saint Sever, 2015, IPL

 

 L’Église & sa cabine téléphonique

 

Figure emblématique du quartier, l’Église est un lieu que j’ai très rarement fréquenté, c’est à peine si, les rares fois où elle était ouverte, j’y sois entrée. Par contre, je l’ai contourné en réalisant des tours et détours pour photographier son toilette public (en face du centre) ou sa cabine téléphonique tout près de l’arrêt de bus du 6.

D’ailleurs, la rue St Sever comptait beaucoup d’édicules, des trio, quatuors, bref, des cabines étaient disposées un peu partout pour mon plus grand plaisir.

 

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Saint-Sever & Cab – projet « Cages à suées- IPL, 2015

 

Les marchés

Non loin, juste en bas de la rue, surgit la place du marché des Emmurès. Marchés pluriels, toute catégorie le mardi et samedi et brocante le jeudi sont au programme.Source

« Le monastère des Emmurées occupait un vaste quadrilatère de terrain situé à l’ouest de la rue St-Sever , pratiquement à mi distance de l’église du quartier et de la rive de la Seine. Les bâtiments entouraient les galeries d’un cloître. Le reste du terrain était à usage de jardins ». La suite de cette histoire

 

St sever en marché

Un jour de jeudi, IPL, 2015

 

Une exploration en épisodes… A suivre donc!

 

Isabelle Pompe, 18 mai, 2019

 

 

Fenêtres sur rues

La rive gauche se caractérise, aussi, par son charme un peu vintage, son allure déglinguée, il est vrai, par ses façades, ses maisons, ses architectures toujours plus inespérées. Elle est un voyage singulier que je ne cesse de photographier et pourrait être le portrait d’une fenêtre sur un monde inversé.

Elle n’incarne pas un monde fini mais représente un microcosme où l’imaginaire, où l’ambiance semble encore préservés. Des rencontres que je voie photogéniques mais aussi cinématographiques qui agissent comme des références explicites et implicites au répertoire du cinéma français des années 60, 70 lorsque le monde entier nous enviaient nos seconds rôles…

 

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Rouen, rive gauche, IPL, 2019

 

Elle est aussi une redéfinition de l’esthétique, ce qui est beau ou laid n’a pas cours. Elle est accoudée à un temps dont peu se souviendront. Elle se porte comme dépositaire des dernières heures. Alors qu’elle subit beaucoup de travaux, d’aménagements et que les constructions d’appartements ne cessent de voir le jour au point de tout ramener à l’infini détail, c’est là, que les vestiges d’un autre monde refont surface de manière troublante.

Au delà de ses commerces, elle dispose sous nos yeux des scènettes, des séquences, des adresses, des endroits où le surréalisme croise le symbolisme où l’espace d’un instant, nous sommes devant une vision réelle d’un temps jadis qui fièrement se plante devant nous.

 

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Façade immeuble, Grand-Quevilly, IPL, 2019

 

Elle est poétique, suscite l’empathie, le sourire, elle est ce devant quoi, nous nous sommes rarement trouvés ou alors sans y prêter attention. Elle récuse le gigantisme dans le sens de la démonstration de force. Elle est très convaincante dans son rapport entretenu avec la préciosité du passage. Réussi ou pas, telle n’est pas la question, elle préfigurait un monde passant, un monde vivant qui, petit à petit, aurait pu se scléroser mais qui parvient, malgré tout, à tenir encore sur ses jambes. Imaginez l’étonnement des bétonneurs, des neutralisateurs qui officient aujourd’hui. Certains immeubles induisent naturellement l’inconfort, d’autres semblent plutôt bien s’en sortir avec des vues dégagées, des balcons, des tailles de fenêtres admissibles. Leur figure de gros bloc carré me fait penser à des météorites tombés du ciel, tels quels.

 

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Grand-Quevilly, IPL, 2019

 

La rive gauche œuvre avec ses immeubles, ses maisons. Les constructions se croisent, parfois se toisent mais le plus souvent elle se découvre ni triste ni ennuyeuse. Elle est, par ailleurs, viscéralement méconnue. Elle a nourri mon envie profonde de questionner sa mémoire, sa sociologie. Ses espaces sont, pour moi, encore des découvertes. Les aiguilles, les pointes, les pics, incarnés par une typologie de bâtiments me désennuient. Les reproches que je formulerai, toutefois, ce sont le bruit et l’odeur dus, en majeure partie, aux voitures omniprésentes sur ces territoires sociaux.

Lors de mes rallyes photo ou lorsque je me fixe un point de départ géographique pour faire des images, je réalise assez vite que l’histoire qui va m’être racontée sera baroque, tour à tour, engagée, minimaliste, avec des personnages timides ou complétement hétéroclites. Et c’est cette hétérogénéité là qui me donne envie de constituer une archive de l’ordinaire dixit la rive gauche.

 

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Grand-Quevilly,IPL, 2019

 

Je réside au Petit-Quevilly chez les Lebas. Immeubles de briques un peu sombres au bas de couleur grise. Certes mal isolés, durs à chauffer ou à refroidir ou de ne pas vivre au rythme de ces voisins mais, ils restent un territoire atypique, à eux seuls, ils élaborent la rue. Ils ont inventé, modelé, organisé l’artère. De mon quartier, je me déplace à pieds, en transport et quelques autres fois à vélo. Par ailleurs, je connais bien St Sever, durant une année, d’une part, j’y ai vécu et d’autre part je n’ai cessé d’arpenter ce quartier en long, en large et en travers. De jour comme de nuit, j’ai rencontré, photographié, écrit depuis cette rue.

 

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124 rue Saint-Sever, Rouen, IPL, 2015

 

Beaucoup de travaux ont transformé cette allée, les marronniers ont tous disparu sauf un. Les bruits de la rue le samedi étaient difficilement supportables mais, comme tout premier poste d’observation, je n’aurais pu espérer mieux. Près de tout, tout était gérable à pieds ou presque, le métro, les commerces tout à côté, c’était commode. Depuis cette nouvelle vie, j’ai pu explorer, sans concession, l’amont et l’aval de la rive gauche. En parallèle, j’ai lancé, en 2015, un projet de cartographie de cabines téléphoniques à partir de celles situées, en nombre, sur ma voie, puis au-delà et plus loin encore. Un peu plus loin, le quartier St Julien a, lui aussi, connu des transformations notables. Je veille, avec attention, sur la destruction à venir des Verres & Acier de la rue Gessard.

 

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La dernière brasserie de la rue Poterat, quartier St Julien, IPL, 2019

 

Depuis cette rive gauche rouennaise, j’ai atterri sur le territoire du Petit-Quevilly et, comme tous, mes services se sont graduellement recentrés vers le Grand-Quevilly, à commencer par le Pôle Emploi, la trésorerie…Donc, il m’arrive régulièrement de m’y rendre. Le face à face avec cette commune fut du même ordre ou presque qu’avec la ville du Havre pour moi: une forme de choc esthétique et une planification urbanistique énigmatique. Beaucoup de choses à dire et à montrer pour cette ville, des rues, des immeubles, des maisons, des structures culturelles, la Roseraie…

Ici, le Grand-Quevilly et son mythique magasin de chaussures, survivant du quartier qui vit peut-être au rythme de l’attente de la retraite de son propriétaire… Les Chaussures Jean existent depuis 1957, de père en fils, « ce commerçant indépendant, passionné et proche de sa clientèle, Didier Sibbille à su développer, faire évoluer et pérenniser son Commerce de Ventes de Chaussures sur l’agglomération de Rouen. »Source

  • Vous l’avez put-être déjà constaté mais rarement les communes sont citées, est privilégiée la formule floue: « l’agglomération de Rouen ». Pourquoi ?

 

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Ses CHAUSSURES, Grand-Quevilly, IPL, 2019

 

Cette rive gauche pourrait être taxée de ringarde, d’obsolète. Elle bouscule le goût ce pourquoi elle ne peut être associée à ces adjectifs, ou désignations: has been, vieillot, de plus, elle est, à l’aune des nouveaux collectionneurs (Young Timers), le réceptacle de fragments de temps, encore jeunes. 

Je n’irai pas vers l’exagération voire la provocation car c’est ce que je ressens lorsque j’entends qu’elle est The place To Be. Surtout pas, certainement pas, cette expression sort de la bouche de ceux qui aimeraient, je crois, la gentrifier, qui ne composent pas avec son territoire extra local, qui n’y résident pas ou alors de manière privilégiée. Avant de lui adresser ce vocable hors-sujet, il serait bon de faire sa connaissance pour pouvoir la respecter, de mesurer ses faiblesses, de recevoir ses messages pour mieux la cerner et tenter de la révéler, enfin.

Ses propositions architecturales ou paysagères sont parfois analogues, et nous assistons à un défilé de rues avec les mêmes maisons de briques, ou des immeubles qui ne rivalisent pas avec la singularité mais bon, disons que ça va encore à peu près sans rentrer dans les détails. Néanmoins, là où les choses sont nettement plus inquiétantes c’est, d’une part, la gestion de l’ennui de ces populations et, d’autre part, l’absence angoissante des piétons. Combien de rues, d’avenues ai-je emprunté, depuis mon arrivée, et combien de fois, me suis-je demandée mais où sont les gens ?  Mais en voiture, pour la plupart ou chez eux ! Sortent-ils ? Où sont ces espaces citoyens, gratuits pour que les gens, résidents, extérieurs, de passage ou touristes se rencontrent ?  Pas dans la rue, au vu de mon travail en photographie sociale sur « la disparition du piéton », je peux vous assurer que les rues de la rive gauche (il en existe aussi beaucoup rive droite) ne sont pas propices à la ballade pédestre ni à des dialogues.

 

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Une rue, Grand-Quevilly, IPL, 2019

 

De longues rues où se sont ajustés des immeubles, des rues plus petites qui ne sont que rarement empruntées par des piétons, des vélos, voilà, là, je croise quelques personnes âgées. Honnêtement je trouve cela préoccupant de voir ces trottoirs évidés. Ces langues sont de plus en plus fines, parfois, il est même impossible de poursuivre sa route car une voiture s’est placée sur ce bout de bitume ou des poubelles, encore des poubelles, mais, comment fait-on? Comment font les personnes avec des bagages, des sacs de course, des caddies, des poussettes, les personnes à mobilité réduite ?  Pourquoi ne parvenons-nous pas à offrir du respect aux piétons?

Pourquoi vous ne quittez que trop rarement votre véhicule ? De ma fenêtre, qui donne sur la rue Lebas, la journée, je vis avec des voitures. Il ne se passe pas 10 minutes sans qu’un véhicule ne démarre, ne se gare, ne fasse tourner son moteur, inutilement. N’avons-nous pas autre chose de commun à nous donner à vivre ?

 

Isabelle Pompe, 16 mai 2019.