Atelier « l’Arbre en ville »

Le dimanche 1er septembre 2019 s’est déroulé notre deuxième atelier ‘Specific consacré à la place de l’arbre en ville.Évènement FB

Arbre en ville 1 septembre

Un RDV fixé et lancé depuis la page Facebook de Site Specific dès la fin juin. Cette rencontre étape en deux volets se voulait être une porte ouverte sur une réflexion collective quant à la considération du végétal par nos collectivités, la prise en compte de sa nécessité et les suggestions proposées par nous à partir de la place octroyée à l’arbre et autres végétaux au sein d’une commune spécifique de la rive gauche, à savoir Petit-Quevilly.

Un point de RDV symbolique de la commune

La station de métro au même titre que l’avenue Jean Jaurès sont des lieux très identifiés par les quevillais. L’horizontalité de l’avenue est gage de toutes les interprétations et cristallise de très nombreux reproches. On l’accuse de scinder la ville en bandes, cas de figure aggravé avec l’arrivée du métro, de n’être qu’un axe de circulation sans charme. Elle est associée à une image terne voire laide devenue monochrome depuis l’abattage des arbres survenu cet été.

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Un des arbres coupés sur l’avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly (juin 2019)

Par ailleurs, la volonté du projet #sitespecific tient en la mise en accès, de ses propositions d’échanges, la plus simple et la plus proche pour les habitants qui soit, ce pourquoi cet atelier avait pour point de départ, une station de notre métro quotidienne de la ligne Georges Braque, Jean Jaurès.

De plus, nous avons étudié, précédemment, nos transports en commun à l’aune de la notion de mobilité inclusive, vous pouvez consulter cette recherche, de manière synthétique, depuis cet article La sociologie de nos transports en commun

La parcours de cet atelier a été pensé en deux temps physiques: le temps 1 commence en partant de cet arrêt de métro, enchaîne avec son environnement direct puis se dirige vers le square Marcel Paul. Faire ensuite une pause, prévue, à l’origine, pour présenter la démarche d’une des porteuse de projets des jardins partagés de Petit-Quevilly et aussi pour offrir des graines de plantes et autres boutures. Le temps 2 correspond au trajet depuis le square, en passant par la Chapelle St Julien, vers le Parc des Chartreux.

  • La représentante du projet de jardin partagé ne s’est pas présentée. Au téléphone, nous avons échangé et compris que le projet était dans l’attente d’un RDV avec la mairie mais qu’un terrain avait été trouvé, restait à voir les conditions d’une convention et la pérennité du projet encore au stade interrogatif.

TEMPS 1

  1.  Questionner ces récents abatages, les arbres et leurs pieds situés devant et tout à côté du bâtiment de la Foudre (Seine Innopolis)
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Point de départ de l’atelier ‘Specific # 2 – Crédits photo Cécile Lenormant

En faisant état photographiquement de cette situation, nous percevons quelques modifications. Nous prenons la pleine mesure du ressenti de la disparition de ces arbres lorsque des personnes utilisent les mots « dégoût », « peine », « incompréhension » et « colère » pour en parler.

 

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Photo prise en juin 2019

En faisant le tour de ce petit espace du quartier, nous observons les travaux devant le bâtiment Seine Innopolis.

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Photo prise ce 1er septembre 2019

Sans savoir ni avoir d’explications à lire, nous pouvons noter des écarts quant à ces deux séquences photographiques que deux mois séparent.

Nous nous engageons sur le côté, des bancs et des pieds d’arbre non fleuris ou enherbés finalisent le décor. Nous pouvons déplorer le peu de poubelles également et l’absence de vie de la place telle qu’elle est depuis longtemps déjà. Ces aménagements récents et ceux en cours, nous l’espérons vivement, tiendront compte de la nécessité d’une centralité qui fait tant défaut à cette commune!

Nous nous plaisons à imaginer des tables et autres espaces colorés pour se restaurer, prendre l’air, se poser, une petite fontaine et de quoi accueillir la biodiversité ordinaire.

Rappelons-nous que Petit-Quevilly, certes, il y a très longtemps, pouvait s’enorgueillir d’une très grande mare.

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Petit-Quevilly, sa mare et son église St Pierre

Nous poursuivons notre rêverie diurne, en envisageant pourquoi pas, la gestion de cette presque petite place confiée aux citoyens nombreux à vouloir s’engager les mains dans la terre!

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Pieds d’arbre avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly

Le mobilier urbain (côté gauche) non propice à une envie réelle de se poser du fait de son manque de confort apporte sa touche de froid à l’ambiance. En outre, en nous penchant sur cet aménagement, nous questionnons également le genre dans l’espace public, nous savons que cette avenue connait une sur-représentation masculine, comparable pourquoi pas à la rue St Sever quoi que…Nous nous demandons, à ce titre, pourquoi la commune n’organise -t’elle pas une réunion dédiée aux femmes et à leurs attentes au regard de cet espace public ? Comment créer les conditions d’une appropriation féminine est une question indispensable pour la rive gauche!

Ici, tout est minéral, peu de vert, beaucoup de pierres en revanche! Une impression de force, de virilité due, en partie, à l’absence de couleurs, de fleurs, et de dossiers, tout simplement, pour ces bancs! Attention, également, à l’ilot de chaleur urbain! Pour rappel, nous vous convions à lire notre article Territoire extra-local & Environnement

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Le mobilier urbain de Seine Innopolis, Avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly

Nous prenons la direction, de la bibliothèque François Truffaut, en faisant attention à cette vue d’ensemble de l’avenue Jean Jaurès depuis ses travaux, ses démolitions et ses abattages qui engendrent lumière, poussières et gênes…

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Les arbres reprennent des couleurs! avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly

En nous approchant de ces pieds d’arbre, nous relevons la présence de bouteilles en plastique, canettes, et beaucoup de mégots trainent…Une marche nettoyage est prévue pour ce quartier courant novembre! Pour autant, nous sommes quelques unes à nous être munies de gants afin de ramasser, du mieux que nous le pouvons, ces détritus laissés là, dans l’attente, fort longue, qu’ils se désagrègent.

Petit point pour ces éléments qui jalonnent nos rues, parcs et jardins: la temporalité n’est pas du tout la même.

Screenshot_2019-08-09 Temps de dégradation des produits courants

Alors, nous voilà, plongées, dans la rue François Mitterrand, nous longeons ces espaces vides, très peu exploités comme celui qui se plante devant la bibliothèque et le théâtre de la Foudre (CDN Normandie Rouen). A l’instar de place des Emmurés (Rouen St Sever), nous nous demandons pourquoi ces espaces publics ne sont pas davantage valorisés, animés, occupés par pourquoi pas une terrasse, du mobilier éphémère, un food truck ? Cette partie serait idéale pour réfléchir à une co-construction en termes de programmation culturelle, entre les deux structures. Elle pourrait, en effet, créer un pont pour les publics. Cette petite place est idéale pour y installer un ilot de convivialité!

Nous montons, le long de ces jardinets et maisonnées charmantes et au milieu de cette mixité sociale qui se fait face mais est-elle réussie ? Comment les habitants des immeubles et ceux des maisons se perçoivent-ils? Est-ce qu’ils se parlent alors même qu’ils se croisent ? Un petit focus sur cette rue a été fait lors des articles La voie du mieux # 1 et La voie du mieux # 2

Le square Marcel Paul

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Le square et ses quelques rares fleurs, Petit-Quevilly

Ce jardin est régulièrement pris d’assaut par les enfants car s’y trouvent des jeux, des personnes viennent s’y asseoir, manger, discuter mais l’absence, encore une fois de tables ne leur permet pas de venir se restaurer ou jouer à des jeux de sociétés par exemple. Il est impératif pour un territoire local, à l’échelle d’un quartier mais aussi d’une commune, de comprendre que les conditions de confort sont essentielles, que les lieux doivent être pluriels et permissifs! A noter que les poubelles, sur cette partie de la commune, ne proposent pas le tri, comme nous l’avions déjà évoqué, elles sont certes belles mais…

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Assortie mais hors sujet, poubelle du square Marcel Paul, Petit-Quevilly

C’est alors que munies de nos gants, nous partons à l’assaut de bouteilles en plastique, canettes, boite de tabac en métal, emballages…Nous sommes venues avec notre sécateur pour montrer que les gestes de soin ne sont pas accomplis sur ce jardin. Les petits carrés sont en souffrance par manque d’eau et de taille des fleurs séchées. Nous les coupons et les laissons au sol afin de laisser la nature faire sa suite. En ville, la nature a besoin de nous, de nos gestes, elles ne peut se suffire à elle-même dans des espaces aussi restreints que ces bacs. Nous indiquons que ces plantes sont, pour la plupart, toutes porteuses de graines que nous pourrons très prochainement ramasser.

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Couper, tailler, prendre soin d’une façon citoyenne

Nous croisons sur notre route, une dame, habitante de la commune qui s’avèrera être une source historique inépuisable! Elle était occupée à cueillir des noisettes.

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Les habitants et leur attachement à la commune de Petit-Quevilly

Nous poursuivons nos explications, explorations et autres remarques quant aux espèces que nous avons sous les yeux. La végétation parfois explose, sature et envahit voire étouffe les quelques rosiers.

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Les bacs du Square Marcel Paul

Nous indiquons également que ce square pourrait parfaitement accueillir une fête des voisins ou une animation tant l’espace est découpé en axes de circulation cohérents: une artère principale et des allées parallèles, tout cela loin de la route, des voitures et donc du danger et du bruit!

Les fruitiers sont à la peine, nous remarquons même que des branches ont été cassées, rongées, sans doute par un animal domestique tel un chien…

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Les fruitiers du square Marcel Paul, Petit-Quevilly

Nous sommes venues avec nos provisions de boutures telles que le Chèvrefeuille, un régal pour les oiseaux, nous les distribuons, au même titre que nos graines de Nigelle, SouciLa nigelle // Souci: une fleur généreuse

Screenshot_2019-09-08 10 plantes pour régaler les oiseaux.png10 plantes pour les oiseaux

 

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Les graines dans leur boite Specific ‘

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Boutures et Ancolie

Une chose nous arrête dans nos réflexions, et nous sommes partagées dans nos ressentis et interprétations. Depuis la question esthétique, pourquoi pas ? Cet arbre est en effet sculpté en siège mais symboliquement, cela nous renvoie à une image de domination de nos ressources naturelles qui trouve un écho terrible dans ces rapports souvent trop utilitaires, par conséquent, réducteurs.

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Qui sculpte quoi ? Qui ? En quoi l’arbre serait un siège ?

C’est la tête dans les arbres et leurs bienfaits que nous continuons notre petit périple de ce dimanche matin sous un soleil agréable et une luminosité tamisée.

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L’arbre en ville, un acteur majeur

TEMPS 2

Nous parvenons à rejoindre la Chapelle St Julien, en faisant encore les mêmes constats, beaucoup d’espaces pas suffisamment fleuris ou enherbés ne permettent pas à la commune d’être une hôtesse d’accueil irréprochable pour la biodiversité ordinaire. Nous savons que, paradoxalement, elle fleurit abondamment des espaces disons visibles  stratégiques mais qu’elle délaisse pas seulement des petits recoins mais des rues résidentielles. Lors de cette traversée des rues, nous déplorons le nombre de poubelles qui explosent en dehors des bacs dédiés, la récurrence de l’absence de tri, l’odeur qui s’en dégage, ce qui ne vient en aucun cas valoriser ces territoires sociaux. Nous savons que les poubelles enterrées ne sont pas une solution si leur rôle est de diminuer le nombre de passages du ramassage. Nous avions déjà pu remarquer que le nombre de bacs était rarement suffisant au regard du nombre d’habitants concernés à la différence hallucinante du nombre de bacs alloué à Seine Innopolis par exemple. Les rues sociales ne sont pas des poubelles, les espaces de partages publics comme les trottoirs, les menus coin de verdure n’ont pas à être des ramassis d’ordures en tout genre encore moins des cendriers à ciel ouvert!

Parc des Chartreux

Avant même de pénétrer au Parc des Chartreux, nous poursuivons nos actions de sensibilisation quant à la flore généreuse présente sur ce quartier. Notre échange interpelle les quelques usagers/habitués du Parc.

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Des graines en nombre offertes par la flore présente, Petit-Quevilly

Les seules fleurs que nous croiserons sont celles-ci. Sachant que la fleur apporte sa touche de féminité, de poésie au lieu, aux espaces…

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Des fleurs très présentes sur la commune, depuis la rue Albert Einstein jusqu’ici!

Le Parc des Chartreux est d’emblée une masse assez dense et verte, étonnamment visitée, ce dimanche, par quatre joggeuses. Pas de fleurs à l’intérieur, pas de table, des bancs le long de l’allée principale et un parcours.

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Parcours dans sa phase finale

Nous réalisons que les bancs sont scellés sur des dalles de béton. Pour ce qui est de l’allée principale, nous remarquons que si nous suivons les endroits sans herbe, nous nous rendons directement à l’extérieur (là, où se trouve une piste et un terrain habité, ce jour, par une population masculine). Nous tournons afin de rester au sein du parc et regrettons que les espaces soient séparés par du grillage, ce qui ne facilite pas une circulation plus libre des publics et qui ghettoïsent les pratiquent au point que celles-ci soient, en ce jour de dimanche, totalement genrées!

Lors de cette excursion, nous ramassons quelques papiers plastiques et emballages, notons que l’éclairage laisse clairement à désirer et que la nature, sans soin ni taille, s’est emparée d’une bonne partie des allées au point que celles-ci soient impraticables!

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L’éclairage perdu du Parc des Chartreux

Ce à quoi, nous ne pouvons nous empêcher de penser c’est qu’en est-il le soir ? Et à l’arrivée de l’hiver pour ces joggeuses ça donne quoi ? Est-ce sécure comme espace ?

Et de cette végétation… Certes, il subsiste des bienfaits pour le sol à laisser les troncs par terre toutefois, les allées réduites, les espaces ainsi non entretenus désignent étonnamment les traces d’un passé où existaient des emplacements pour accueillir des cartels, plaques, indications, informations…

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Végétation & laisser-aller

Nous nous demandons si également dans cette forêt en ville, est-il prudent d’y venir avec ses enfants ou ses animaux ? En effet les herbes folles et hautes font régner l’opacité. Ce qui se dégage de cet espace déshumanisé laisse circonspect. Nous pensons à la maladie de Lyme, par exemple, transmise par la tique. Il faut savoir qu’en France, la majorité des contaminations survient d’avril à septembre.

  • La bactérie responsable est un spirochète, c’est-à-dire une bactérie de forme hélicoïdale, qui répond au doux nom de Borrelia burgdorferi.Les activités conduisant à des contacts avec les tiques représentent le principal facteur de risque de survenue de la maladie : travaux agricoles, promenades en forêt.

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Nous sommes assez surprises de l’état dans lequel se trouve ce parc au demeurant charmant qui donne une impression très nette d’avoir été abandonné par la ville. Nous avions abordé cette notion de ressenti quant à la gestion des espaces dans Hortus Politicus

Avec ce défaut d’informations quant à une volonté réelle de la commune de « laisser aller la végétation à son niveau le plus sauvage », nous ne savons pas si nous sommes face à un désengagement financier faute de jardinier ou face à une autre posture politique. Une politique environnementale repose sur une politique communicationnelle efficiente. Nous avons tous besoin d’informations et de pédagogie pour comprendre. De ce fait, vous mesurer l’intérêt qui était le nôtre de tester ce parc avec nos participantes et d’y tenir un RDV sur la thématique de la place de la femme dans l’espace public rive gauche (le 19/10 à 14h- Évènement FB)

Puis, non loin de la fin de cet atelier, nous nous approchons d’une scénette mémorable parce qu’interpellante.

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Morts d’avoir trop combattu , Parc des Chartreux

Trois versions de l’arbre mort ou presque, se donnent en spectacle, trois morceaux de bravoure se résument en un tronc, une branche et une espèce en piètre état de brunissement…

C’est là, que nous nous penchons pour ramasser des orties, à nos pieds, vives et dans l’ attente…

  • Les vertus de l’ortie sont nombreuses : elle est un très bon diurétique, elle agit contre les douleurs de l’arthrite et des rhumatismes et soulage en cas d’inflammation bénigne de la prostate. Source
  • L’ortie et ses bienfaits
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Séquence Orties

Nous repartons, il est 13H, soit deux heures de bonne humeur, de constats, actions et préconisations qui ne nous laissent pas sans idées et espoirs. Les logiques environnementales trouvent facilement un écho dans le verdissement de nos rues, quartiers, dans nos envies de toucher, de soigner une flore et végétation dont nous ne pouvons nous passer.

Nous vous disons à bientôt pour un autre RDV sur la thématique faune et flore. Avant cela, afin de revenir sur le manifeste de #sitespecific, le prochain article sera dédié à notre dernière action du 7 septembre au Jardin des Plantes de Rouen, à savoir notre 1ère rencontre ‘Specific sur les femmes et la rive gauche!

Toutes les questions sont imbriquées les unes aux autres, qu’elles soient environnementales ou sociétales car ces changements et améliorations vont de pair. Et oui, nous sommes interdépendants depuis nos espaces de partages jusqu’à nos petits quotidiens!

Crédits photos : Cécile Lenormant, IPL.

Isabelle Pompe pour #sitespecific

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La voie du mieux # 2

Suite à notre 1ère expérience de constats et de suggestions d’amélioration réalisée lors de notre La voie du mieux # 1. Nous avons repris les chemins disons les voies de la commune de Petit-Quevilly, avec cette fois-ci, des pistes pour des rues, le Jardin du Cloître, ce dernier a été exploré avec notre action du 27 juillet : Atelier’ specific # 1 (un article entier lui est consacré:Hortus Politicus ) et une approche du square Marcel Paul.

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Des bonnes nouvelles

Avant de commencer, notre trajet de « La voie du mieux # 1″, a été exploré, à nouveau, afin de voir si des choses avaient changé: à notre grande surprise, nous avons constaté que des haies avaient été soignées, une branche morte (Jardin du Cloître)avait été coupée et même qu’un mur avait subi un recrépi avec l’extraction d’une branche qui le perforait! Des éléments photographiés et cités comme des choses à soigner, voir ou sur lesquelles il convenait d’intervenir ont connu des jours plus considérateurs donc.

Alors, avec enthousiasme, nous avons commencé par ce que nous avions sous les yeux, chaque jour, les poubelles de la ville.

Panorama de poubelles sans tri

« Le recyclage n’est pas du tout nouveau en France et c’est Eugène Poubelle qui a instauré, à partir de l’année 1884, le tri des déchets. Il y a (environ) 15 ans, partout en France, tout trouvait sa fin dans la même poubelles recyclage.

En 2007, 3 millions de déchets, surtout des emballages ménagers, ont été recyclés, avec un taux de recyclage de 61%. Selon la directive européenne, ce chiffre a été encourageant, aussi par rapport au taux de recyclage de nos jours.

Le tri sélectif a été mis en œuvre par de nombreux citoyens en France. Tous les français jettent, en moyenne, plus de 374 kg de déchets par année.

Le tri sélectif et le recyclage permettent de diminuer l’empreinte écologique en sauvant les déchets de l’incinération et en leur offrant une seconde vie.

En général, les matériaux consomment plus d’énergie lorsqu’ils sont produits la première fois par rapport au cas où ils sont recyclés. »Le tri sélectif en France

Sauf qu’ici, dans notre commune de la rive gauche rouennaise, nous y avions cru avec cette poubelle à deux entrées installée tout près du magasin Carrefour (Avenue Jean Jaurès). Puis, nous nous sommes penchés, les deux trous correspondaient en fait au même sac…Raté.

Poubelle Petit-Quevilly, « Fausse bonne nouvelle », Carrefour avenue Jean Jaurès

Nous avons alors poursuivi notre quête de poubelles qui proposent le tri. Nous avons parcouru les rues, observé les design, les formes et les couleurs, toutes différentes mais toujours pas de poubelles à tri sélectif!!

Poubelle du square Marcel Paul, Petit-Quevilly en 2019

Une poubelle ci-dessous assortie au mobilier urbain de son jardin d’inscription (Jardin du Cloître). Pour rappel, cet espace vert a été restauré et aménagé en 2013. Il semble aberrant qu’un effort n’ai pas été fait dans le sens du tri pour les usagers, passants qui viennent s’accorder une pause déjeuner ou encore pour les canettes, les bouteilles en plastique et autres sacs…Ne parlons pas des mégots, ni du verre! Il nous faudra organiser une séance de clean walk sur cette commune, c’est certain!

Poubelle Jardin du Cloître, Petit-Quevilly, 2019

Un design qui a de l’allure mais encore à côté de la plaque niveau recyclage! Comment peut-on espérer que les habitants fassent correctement le tri chez eux si la ville elle-même ne donne pas l’exemple?

Idem, plus verte, plus moderne, autre style mais pas de tri proposé à l’horizon!

Poubelle rue Victor Hugo, Petit-Quevilly, 2019

Une poubelle assortie au décor, au mobilier urbain qui se veut esthétique mais qui n’a pas saisi pleinement son rôle, on dirait!

Poubelle corbeille rue Victor Hugo, Petit-Quevilly

Une poubelle de ville, pour quiconque s’est déjà rendu en Allemagne ou en Suisse, ça ressemble à ça:

Ici, à Genève

Ici, en Allemagne

Bref, les couleurs sont, cette fois-ci, usuelles, claires, elles sont visibles car ne se fondent pas dans le paysage au point de les chercher. Elles sont assorties de motifs, de formes. De ceci émane une cohérence! Et c’est tout ce que nous demandons. De la clarté dans les informations, qu’elles soient toutes les mêmes et les gestes seront peut-être, qui sait, plus naturels!

Le tri s’effectue, ici, par la SMEDAR dont voici toute la documentation, vous pourrez y consulter tout sur le tri sélectif, le gaspillage alimentaire, le compostage…

 

Les pieds d’arbres

Poursuivons nos pérégrinations côté pieds d’arbres, enherbés ou fleuris… Nous prenons la rue François Mitterrand, Joseph Lebas, ou encore la rue Chevreul soit trois rues dans un périmètre de 500M.

Les pieds d’arbre rue François Mitterrand, Petit-Quevilly

Voyez-vous, comme nous, cet espace non utilisé ? Le fond est fleuri mais le reste est tondu, brulé et inerte, le mot biodiversité pourrait signifier symboliquement, pour une commune, que le moindre m² est à aménager, à valoriser dans le respect de la faune et de la flore.

Rue François Mitterrand, Petit-Quevilly, 2019

Vous voyez, comme nous, ce terre-plein. Quelques m² qui paraissent insignifiants pour certains, quelques pieds d’arbre qui ne sont pas valorisés, une herbe tondue, grillée, un sol épuisé que l’on abîme, que l’on contraint, voilà ce que nous pouvons améliorer.

Nous pouvons nous rendre rue Chevreul, pour tomber nez à nez avec des efforts non négligeables, certes tout est vert mais…

Rue Chevreul, Petit-Quevilly, 2019, pieds d’arbre

La pelouse est trop tondue, usée jusqu’à la couenne, et le peu d’ombre ne vient pas l’aider, il est vrai, cependant, cela fait plaisir d’assister à cette brève séquence de rue tout en gardant à l’esprit que cette herbe et ce vert pourrait connaître des jours meilleurs avec des améliorations et des efforts constants.

Revenons, en arrière, vers le derrière de la rue François Mitterrand.

Rue Joseph Lebas, espace vert privé ou public ? Petit-Quevilly

Dans le quartier des Lebas, il existe de nombreux espaces verts privés, abandonnés ou non entretenus et des espaces comme celui-ci, où encore, une fois, pourrait s’épanouir une multitude d’espèces faciles d’entretien, à même de ne pas permettre les déjections canines en nombre considérable!

La perception d’un espace végétalisé souligne un entretien qu’il convient de respecter, pas si sûr… Toutefois, tout à côté subsistent des ilots d’arbres, rosiers et autres plantes envahis par le lierre et non taillés qui se voient offrir des vélos pour enfants, des trucs divers, et oui, ici, les choses on les jette car ça ne se voit pas! Le geste n’en demeure pas plus anobli mais il passe inaperçu, puis, est oublié…Responsabiliser!

La responsabilité du geste est une grande affaire de pédagogie plus que de sanction.

L’amende ne fonctionne pas, ce qui est interdit ici n’est pour autant jamais verbalisé, de plus, l’impression d’un endroit laissé à son libre devenir engendre des actes irresponsables. C’est ainsi que se poursuit la pollution et la non valorisation, le gaspillage.

Les déchets jetés mettront des mois, des années voire des siècles à se détériorer. Ils cristallisent, à eux seuls, une époque individualiste où l’écho du traitement, du geste, en soi responsable va de pair avec la vigilance. Personne ne vient, personne ne surveille, ne veille se traduit pas un « on s’en fout ».

Le défaut de poubelles n’aide pas. De surcroît, il est, quotidiennement, facile, de repérer un nombre de bacs collectifs insuffisants, de voir les ordures non triées dégueulées, cela malgré les fortes chaleur.

La propreté c’est certes l’affaire de tous mais considérer les gens avec respect en leur permettant d’avoir de bonnes conditions pour jeter, avec un affichage clair et cohérent pour tous, des poubelles propres elles aussi et des ramassages plus réguliers cela peut aider.

 

Le Jardin du Cloître et ses possibles

Jardin du Cloître et sa gestion de l’eau

Au sein de cet espace végétalisé, la nature présente une souffrance, manque d’ombre, manque d’eau, une taille est effectué mais de trop nombreuses fleurs type rosiers ne sont pas aidés, les jeunes arbres pas suffisamment arrosés, bref, des choses voire beaucoup de choses sont à redire sur ce jeune jardin âgé de 6 ans! Trop peu de logique: pas de poubelle de tri, pas de composteur collectif alors même qu’il existe un endroit taillé sur mesure!

Carré de verdure pouvant recevoir un composteur collectif, Jardin du Cloître, Petit-Quevilly

Ce carré est parfait en termes de dimension, caché si tant que la question de l’esthétique soit encore de mise pour la commune. Mais rien, à l’intérieur de cet espace n’a prit forme!

Jardin du Cloître, la mise à nu

Rappelons que ce jardin représente 9000 M², que l’impression qu’il peut laisser c’est une vision nue de la nature. La faune comme la flore peinent à se frayer un chemin de vie, à subsister, là où peu de conditions sont créées pour accueillir des espèces d’oiseaux, une flore jachère, mellifère, où l’homme lui-même voit sa place debout en plein soleil ou relégué sur les bancs mal placés, peu ombragés et inconfortables.

La taille des espaces

9000 m ², Jardin du Cloître, Petit-Quevilly

Une impression d’immensité, de rase campagne, de champ, à perte de vue, surtout d’un jardin qui peine à trouver sens et objectivité à l’aune des enjeux du changement climatique.

Une sensation d’espace perdu, Jardin du Cloître, Petit-Quevilly

Autant de m² disponible représente une aubaine pour tout écologiste qui se respecte pour autant pas de mise en partage, pas de proposition de valorisation, d’appropriation collective.

Ce jardin sert à la commune de cadre, de support, pour l’organisation de jeu de piste à l’occasion des journées du patrimoine: « Les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 septembre 2019 aura lieu la 36ème édition des Journées du Patrimoine à Le Petit Quevilly dans la Seine-Maritime, dont la thématique est Arts et divertissements. »source

De ces actions ponctuelles, nous nous disons pourquoi pas mais le patrimoine c’est au quotidien qu’il doit servir, à ses habitants, à la vie de sa commune, de surcroît un patrimoine vert. Ce qui irait enfin tordre le cou à ce concept de « supériorité » du patrimoine. Cette idée que ce dernier serait tellement éloigné des hommes, quasi, intouchable qu’il ne pourrait qu’être célébré, valorisé et dont on entendrait parler qu’une fois par an, avec pour la commune; la sensation d’un devoir accompli et de pouvoir être en paix!

Un gaspillage, voilà ce qu’il ressort de ces visites au cœur de cet espace qui pourrait changer tellement la donne, être habité, occupé, se présenter comme un hôte d’exception pour la biodiversité ordinaire!

ici, les bacs certes vilains mais délaissés alors qu’il sont propices à la gestion collective du fleurissement et de l’enherbement.

Haro sur les contradictions: Le Jardin du Cloître et ses chiens , Petit-Quevilly

En outre, le jardin régulièrement miné par les déjections canines est pourtant interdit aux chiens, quelle cohérence alors avec cette mise à disposition de sacs ? D’autant que non, les propriétaires de chiens ne s’en servent pas, la pelouse c’est sans doute mieux mais ceci empêche toute marche sur l’herbe sans parler des pauses pique nique.

L’eau, alors qu’elle est maîtresse des lieux dans cette région est mal gérée, pas de quoi la récupérer, la stocker, s’en servir…Et c’est le sentiment d’un immense gâchis qui refait surface.

C’est pour l’eau ? Jardin du Cloître, Petit-Quevilly, 2019

Nous ne savons pas si cette « sortie » est un chéneau toutefois si c’était le cas, comment est-ce possible qu’il soit installé de telle sorte qu’il soit inutilisable ?  L’eau est certes abondante dans la région mais ce n’est en rien une ressource inépuisable.

Par contre, dans les rues de cette commune, nous pouvons entendre régulièrement, les tondeuses, les souffleurs de feuilles…Des initiatives existent, par ailleurs, en termes de gestion éco responsabilités afin de mettre fin à la brutalité de ces états d’esprit et de ces pollutions et nuisances…

De plus, ici l’ association « Cheval en Seine » a proposé la traction animale pour le transport scolaire, elle met à contribution ses services dans le transport mais aussi dans la collecte de déchets, pourquoi pas l’entretien et la gestion des espaces verts des communes ?Traction animale Rouen

Relisez un temps: Petit-Quevilly & les feuilles mortes

Reprenons notre voie du mieux # 2 et dirigeons -nous vers le square Marcel Paul, soit tout à côté…Sachant qu’un article lui sera dédié suite à notre Atelier’Specific # 2 du 1er septembre dont le thème était: L’arbre dans la ville. Nous postons cette unique image qui devrait fonctionner sur vous comme le jeu »chercher l’erreur »…Observer les arbres, le sol, le bac, son contenu, l’effet que cette photographie produit sur vous est de quel ordre ? Une chose est sûre, il est davantage occupé par les habitants!

Square Marcel Paul, Petit-Quevilly

A très bientôt donc…

Isabelle Pompe pour #sitespecific

 

 

 

La voie du mieux # 1

La Voie du mieux est une façon très simple d’avancer des pistes et des axes de réflexion depuis des parcours pédestres spécifiques.

L’idée ?

Choisir un trajet court, observer, constater et proposer des améliorations! Les circuits/Itinéraires se dérouleront tous sur la rive gauche rouennaise, de préférence en milieu urbain. Cette initiative n’est pas sans rappeler les Ateliers ‘ Specific qui voient les jardins comme des espaces politiques où la question du ressenti et des pratiques font partie intégrante de la rencontre.

L’objectif commun à ces deux propositions ?

La biodiversité. La servir au niveau local le mieux possible en maximisant les actions de sensibilisation et privilégier l’effort continu pour valoriser nos espaces!

Un 1er trajet comme un 1er épisode

La commune retenue est celle du territoire d’inscription du projet, Petit-Quevilly. La saison sera prise en compte également. Ici, pour cette première Voie du mieux, c’était hier, le vendredi 9 aout 2019. Les photographies ont donc toutes été prises ce même jour.

Les rues correspondent à une petite marche – Rue Victor Hugo, BD Charles De Gaulle et rue Albert Einstein. Les images vont se succéder dans l’ordre inversé du chemin, nous commencerons donc par la fin.

Biodiversité et gestion éco-responsable correspondent aux valeurs défendues par #sitespecific. La prise en compte de la gestion des espaces publics, des trottoirs, des pieds d’arbres, des haies, du tri (poubelles) et des autres espaces seront ici traités.

Rue Albert Einstein

Les pieds d’arbre

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Rue Albert Einstein, état du pied d’un d’arbre

Sur cette rue, le constat est amer, les arbres sont tous dans cette situation, leurs pieds sont très rarement végétalisés voire fleuris.

Vous noterez que les poubelles (cela sera le cas tout au long de notre route) ne permettent pas le tri sélectif.

Trames vertes urbaines

« L’enherbement et la végétalisation sont encouragés d’autant qu’ils pourraient contribuer à une trame verte. « Pieds d’arbre, trottoirs et piétons : vers une combinaison durable ?

Les pieds des arbres d’alignement pourraient jouer le rôle de corridor biologique. Ils sont en effet très présents dans le cœur dense de nombreuses villes occidentales et forment déjà par leur houppier une juxtaposition de petits espaces favorables à la faune. Il pourrait en être de même pour leur base où s’exprime une certaine diversité des plantes (Maurel, 2010- De l’introduction à l’invasion : les plantes exotiques en milieu urbain. Thèse de doctorat en écologie, Muséum national d’histoire naturelle.)

Après la grille, les pavés de blocage, les cuvette, depuis quelques années, un autre genre de pied d’arbre est venu enrichir cette typologie : le pied d’arbre enherbé.

  • Paris, un statut à l’herbe

Un élu parisien, en 2005, souligne qu’il convient de faire un « effort sur le patrimoine naturel (végétalisation des espaces et du bâti, préservation de la continuité et de la diversité biologiques, adoption de la Charte régionale sur la biodiversité, réalisation de 30 hectares d’espaces verts nouveaux d’ici 2007). source

  • Auxerre, des plantes protègent les arbres

« Les pieds d’arbres deviennent des lieux d’expérimentation de cette diversité urbaine « en laissant la végétation spontanée se développer […] ou au contraire en faisant des semis, en implantant de la végétation, en végétalisant d’autres façons » Auxerre Magazine, Des plantes protègent les arbres, 2009.

Le but premier de la végétalisation est de protéger les pieds d’arbres des agressions urbaines (piétinements, stationnement, urine, jet de détritus, etc.) tout en créant un bel aspect visuel.

  • L’herbe, une question culturelle ?

Loin de faire l’unanimité, l’herbe peut parfois être perçue comme source d’enlaidissement ou signe d’un laisser-aller. Cette opération nécessite la mise en place d’informations aux populations afin que celles-ci comprennent les volontés des communes de favoriser le végétal. Cette démarche nécessite un accompagnement et une sensibilisation des citadins au respect de cette végétation.

En outre, ces micro-territoires peuvent aussi permettre de véritables expérimentations comme la mise en place de bande stabilisée enherbée ou encore offrir aux habitants l’occasion de créer un micro jardin en pied d’arbre.

Hanovre

Hanovre – Source source

 

amsterdam

Amsterdam – Source idem

Revenons à Petit-Quevilly, et poursuivons. Tout près, nous pouvons constater une autre spécificité du quartier du centre commercial des Bruyères: la présence trop grande accordée encore au béton. Le rond-Point paraît austère par son manque de gaieté et de couleur.

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Rond point rue Albert Einstein- CC les Bruyères

  • « La France détient le record du monde du nombre de ronds-points – six fois plus qu’en Allemagne ! On estime qu’il existe environ 30 000 ronds-points, et que 500 nouveaux sont inaugurés chaque année pour un coût, pas vraiment modique, de 200 000 à 1 million d’euros selon la complexité de l’ouvrage et le prix des parcelles à acheter » . source

L’aspect esthétique de cette proposition de petite place ronde n’est pas des plus réussi. Partons du principe que, de par le fait que ces voix sont empruntés par des bus, il semble nécessaire de ne pas installer, en son cœur, un arbre trop encombrant au vue du volume et des racines.

L’intérêt du Buis ( Buxus) ?

Le buis est, en raison de sa croissance lente, le roi des arbustes persistants pour former des topiaires ou des haies plus ou moins compactes, d’entretien facile, car il ne réclame que deux tailles, assez légères, par an. Le buis est un arbuste mellifère, en effet, la floraison du buis est fort discrète. Mais lorsque l’on ne reconnaît pas son odeur typique, on peut la repérer au bruit : un brouhaha d’abeilles, bourdons et autres pollinisateurs. Le nectar du buis est en effet très recherché de ces insectes qui font également leur miel du suc qu’exsudent les fruits. Cependant, cet arbuste est très sensible à un fléau: La pyrale du buis (Cydalima perspectalis). « Ces dernières années, la situation a fortement évolué: les populations de pyrales du buis ont augmenté de façon exponentielle. C’est une véritable invasion dans certaines régions. »

Pour pallier à cette maladie, il est possible de respecter la biodiversité!

  • « Installez des nichoirs adaptés pour accueillir les prédateurs de la pyrale du buis. Lors de son arrivée sur le territoire, la pyrale du buis ne connaissait pas de prédateurs naturels. Les chenilles accumulent en effet des toxines en se nourrissant sur le buis, la rendant peu appétente. Néanmoins, certains oiseaux s’avèrent désormais des prédateurs occasionnels, comme la mésange, le moineau ou le pinson. Vos poules pourront vous aider, mais jusqu’à une faible hauteur. Les guêpes et les frelons s’en nourrissent également. De leur côté, les chauve-souris consomment les papillons. Aidez-les en leur donnant les moyens de nicher ! « source

Nous reprenons la rue en direction du BD Charles de Gaulle. De gauche à droite, nous allons constater des possibilités non empruntées par la commune. Du fleurissement aux herbes folles voire prairie manquent à l’appel.

Voici, un renfoncement de la rue, fait-elle partie de l’espace public ? Est-elle une voie privée ? Il ne nous semble pas. Nous découvrons donc cet espace non valorisé, optimisé pourtant propice au jardinage.

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Rue Albert Einstein

Puis, comme une trame végétale, nous allons croiser des petits ilots verts et haies plus ou moins entretenus. Ici, des rosiers qui auraient besoin d’un petit rafraichissement, la taille et autre coupe sont nécessaires pour donner de la vigueur à la plante. Une fois coupées, elle refleuriront, les laisser ainsi engendre une fatigue pour la flore. Cette rue donne envie de se promener sécateur à la main et poubelles afin de ramasser les canettes, bouteilles en plastique, papiers et autres détritus jetés ou envolés…

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Bosquets rue Albert Einstein

  • Petit rappel

Ensuite, nous croisons, dans une petite impasse, ce bac. Retravailler, nettoyer, bref autant de choses que celui-ci nous permettrait de faire dans le cadre des jardins partagés. Inclure ces bacs dans le cadre du fleurissement de la ville par les habitants pourrait être une bonne initiative.

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Un bac à l’état sauvage, impasse

Vers le bas de la rue, nous faisons l’expérience de découvrir un espace vert, un petit lopin qui pourrait bénéficier des soins d’un jardinier amateur! Une grille marron et de chaque côté, deux beaux espaces à végétaliser.

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Espace côté droit, rue Albert Einstein

Cette proposition de végétalisation sera faite au projet « Jardin partagé de Petit-Quevilly ». En plus de participer à l’embellissement de la rue, l’aménagement de ces petits terrains apporteraient une image valorisée au quartier. De plus, prendre soin des plantes c’est prendre soin de soi!

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Côté gauche, rue Albert Einstein

Nous longeons cette rue, viennent ensuite les différentes haies, touffes, bordures…la canicule montre encore et toujours ses dégâts sur les espèces. Même si la résistance des plantes autonomes parait normale, d’autres ont connu soit la maladie soit le manque terrible d’eau. L’envie d’intervenir sur ce petit monde végétal se fait à nouveau sentir lorsque nous voyons cela!

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Rue Albert Einstein

Après les quelques sauges, ce sont les petits sapins qui entrent en scène, certains ont malheureusement souffert et les dégâts sont encore visibles. Au regard des plantations, il convient de toujours préférer la diversité car les haies variées sont naturellement plus résistantes que celles prenant appui sur une seule et même espèce.

Chaque espèce de conifère peut être affectée par des maladies ou des parasites, dont les attaques sont susceptibles d’entraîner l’affaiblissement, voire la mort de ces végétaux ligneux. La parade ? Glissez ces arbres, couvre-sol ou arbrisseaux persistants dans des haies diversifiées. source

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  • Phytophthora

Nous pensons à la maladie du brunissement des conifères. « Elle peut faire son apparition à tout moment de l’année. Elle début généralement par une pourriture (nécrose) du collet, trahissant un problème souvent invisible, et pour cause puisqu’il est souterrain, une pourriture des racines. En conséquence, sur les parties aériennes, des rameaux entiers brunissent puis sèchent progressivement jusqu’au dépérissement total du conifère. Le mal qui se cache derrière cette redoutable maladie se nomme Phytophthora. Longtemps classée parmi les champignons, cette famille d’organismes microscopiques est désormais groupée avec différentes espèces d’algues. La dissémination aérienne du Phytophthora le rend d’autant plus redoutable : il lui faut en effet très peu de temps pour contaminer une haie entière. »source

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Les conifères de la rue Albert Einstein

Cette partie finale de la rue offre également l’occasion de voir avec un très plaisir le potager, verger et vigne exploser en propositions gustatives implantés juste derrière!

Boulevard Charles De Gaulle

Enfin, nous prenons à droite, nous nous trouvons désormais sur le BD Charles De Gaulle. Les questions de l’emplacement d’un banc (face à la rue) ou encore les pieds d’arbre…Ici, bétonné.

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Pied d’arbre – BD Charles De Gaulle

Nous prenons le trottoir d’en face, après avoir constaté l’état disons correct de la haie qui se trouve à notre droite ponctuée de bambous. Nous remarquons les trois parterres très bien fleuris et entretenus qui font office de croisement.

Rue du Général Foy

Juste un peu après, devant l’École Jean Jaurès, nous distinguons, une haie basse jaunie en souffrance. De même que nous examinons des micro- territoires situés tout devant. Ils pourraient être l’occasion de tester avec les enfants les joies des fleurs ou pourquoi pas du potager!

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École maternelle Jean Jaurès, rue du Général Foy

Rue Ursin Scheid

Nous prendrons ensuite, à droite, la rue Ursin Scheid. Les surprises de cette voie viendront des particuliers…En effet, après avoir cette somptueuse glycine, nous tombons face à face avec un aménagement basé sur le recyclage de palettes, de pots, de fleurs, cela fait du bien de constater que certains ont réellement envie de tester, de créer…

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La Glycine – rue Ursin Scheid

  • « La couleur et l’odeur particulière de cette plante nous attire. Focus sur la glycine, plante ornementale que l’on trouve aussi bien chez les particuliers que dans l’espace public. En général sa présence ou sa taille, tout autant que sa couleur ou son odeur, ne passent pas inaperçues. Elle attire fortement les insectes, pollinisateurs, et notamment les bourdons qui viennent s’y poser et s’y régaler au sortir de l’hiver. Fleurie d’avril à juin, la glycine est une plante de la famille des légumineuses ou Fabacées. Le genre Wisteria compte 10 espèces de grimpantes, originaires d’Asie et des États-Unis. Offrant un épais feuillage, selon les espèces et cultivars, les fleurs sont violettes, bleues ou blanches. Elle est arrivée en France en 1816. » source

Rue Victor Hugo

Nous tournons ensuite à gauche, rue Victor Hugo, là où nous étions passés lors du rallye-photo « La rue est une mine d’or » (organisé en mars 2018), tout à côté du Kaléidoscope (lieu protéiforme des Copeaux Numériques). Nous relevons la présence, déjà constatée depuis plusieurs mois, d’un terrain clôt qui comporte par ailleurs encore des gravats et des produits…Par le passé, se trouvait, ici, une maison et sa petite dépendance, démolies depuis.

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Vue d’ensemble, rue Victor Hugo

Lorsque l’on pend la mesure de ce que nous pourrions faire en termes de nettoyage, de végétalisation le long de ses murs et de fleurissement, on reste pensif voire rêveur! Cela ferait du bien à ce quartier qui souffre d’une sur représentation des voitures.

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Petit gros plan de ce terrain abandonné visiblement avec au fond à gauche, un entassement de produits du type peinture, détergents…( à surveiller de près)

Enfin, nous enchainons notre Voie du mieux épisode 1 avec une petite prise de vue de l’accès au jardin de la Chartreuse St Julien appelé aussi Jardin du Cloître (lieu de l’Atelier ‘Specific # 1 dont voici le détail: Hortus Politicus

Cette image souligne un manque de gaieté et de fleurs, le long et de chaque côtés, parfois s’installent des personnes car elles peuvent bénéficier de l’ombre de l’édifice. Le petit enclos où se trouve la grille « Jardin.. » sera un endroit suggéré pour le déplacement des bacs collaboratifs à fleurir placés, actuellement, en amont du jardin.

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Un autre accès du Jardin du Cloître.

Nous resterons concentré sur le côté droit du trottoir où la végétation, notamment, les arbres reprennent sérieusement leurs droits.

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« En règle générale, il est recommandé de ne pas planter trop près d’un mur de façon à pouvoir intervenir derrière l’arbuste, pour l’entretien, la taille, mais aussi l’arrachage des éventuels semis naturels d’arbres en pied de mur qui seraient à terme très dommageables. Il convient d’éviter les arbustes drageonnants (sumac de Virginie, la plupart des bambous, Hippophae…). L’arrachage des repousses ligneuses directement en pied de mur est en effet problématique. Il est prudent aussi d’éloigner suffisamment les arbustes dont la souche s’élargit avec l’âge comme les spirées ou les noisetiers… »source

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Arbre et mur – Rue Victor Hugo

Notre Voie du mieux touche à sa fin, nous nous arrêterons avec le CAUE 76 et sa végétation grimpante qui malheureusement ne court plus sur murs.

  • Le lierre

« Le lierre est une des rares plantes grimpantes à feuillage persistant. Très rustique et d’une vigueur exceptionnelle, il pousse rapidement dans le jardin, et s’adapte bien à la culture en pot à l’intérieur. Peu exigeante, cette liane tous terrains pousse dans toutes les régions de France et est idéale pour couvrir les murs, les clôtures ou les sols. Les éco-jardiniers y trouverons une plante très mellifère par sa floraison automnale abondante, pour le plaisir des abeilles et autres insectes pollinisateurs. De plus, elle est parfaite pour la nidification des oiseaux!

 » Le lierre est un véritable écosystème à lui seul car il abrite et nourrit un nombre incalculable d’insectes et animaux et participe à l’équilibre de l’environnement. Ce n’est pas un parasite car il se fixe à un support ( mur ou arbre) par des ventouses non absorbantes, contrairement au gui qui pénètre l’écorce des arbres pour se nourrir de leur sève. Ses racines sont superficielles et ne concurrencent pas celles des arbres qui elles, vont chercher plus profondément leur nourriture. » Le lierre, un trésor méconnu

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La mort du Lierre du CAUE 76

Voilà, c’est terminé, nous nous retrouverons pour une autre proposition de  « La voie du mieux » prochainement!

 

Isabelle Pompe pour #sitespecific, le 10 Aout 2019.

 

 

 

 

 

 

 

L’image voulue

S’installer quelque part apporte des précisions sur nous-mêmes. « Je suis liée à l’endroit où je réside, je suis dépendante de ce territoire par rapport à ses services, à ses transports et à son image. Ma vie personnelle et professionnelle commencent voire recommencent avec cet endroit. Son image sert-elle la mienne?  Et cette rive gauche est-elle à notre image ?

Nous nous sommes déjà penchés sur cette notion d’image voulue en analysant, au fil de nos articles, les stratégies territoriales de certaines communes de la rive gauche et de la Métropole Rouen Normandie qui les assemblent. Les objectifs semblent clairs, les futurs résidents sont vivement souhaités et attendus car notre territoire assiste à la fuite des ses habitants. Pourquoi ? Un défaut d’attractivité a été pointé, un bassin d’emplois peu diversifié également, la faute à la pétrochimie ? Une trop forte proximité avec Paris est, souvent, un argument repris.

 

J’ai travaillé et ai résidé à Paris pendant près de 15 ans. Durant ce temps, je ne connaissais pas Rouen et il ne me serait pas venu à l’esprit de m’éloigner, de faire autant de distances, j’ai privilégié la ville elle-même quitte à sacrifier mon espace de vie: petit mais sur place.

 

Il demeure pressant, aujourd’hui, de sortir d’une oligarchie qui a causé un repli dangereux pour ce territoire. Cet espace de référence peine à être visible ? Cela vous étonne ? Peut-être était-ce un souhait politique premier que de rester dans cet entre-soi local, sans se dire qu’un jour ou l’autre les populations, l’espace lui-même seraient en difficulté.Ce processus inopérant s’est montré très efficace paradoxalement. Plus on se tient éloigné des citoyens, moins on accède au partage. Plus on ne tient pas compte des attentes, des besoins, plus on crée les conditions de l’exclusion dans tous les sens du terme. Exclure c’est être exclu à son tour un jour ou l’autre.

Dynamiser, galvaniser sont des actions qui prennent appui, tout d’abord, sur la considération d’une parole sans se substituer à elle. A laisser faire, laisser courir, nous ne sommes plus en capacité de retenir. Alors, qui est resté ? Ceux qui n’avaient pas le choix ? Sincèrement ?

Screenshot_2019-06-17 Dans la compétition des métropoles, Rouen peut-elle s'imposer (1)

Comment passer d’un endroit dont peu parlent, d’un recoin à une ouverture aux quatre vents ? Comment l’espace de relégation devient-il « la » destination choisie ?  Il y a de très grands pas à faire mais les changements de postures peuvent avoir un impact considérable. Repenser son comportement politique pour décloisonner, sortir de ce postulat de seul décideur. Insuffler, permettre, créer des espaces où les regards viendraient d’horizons diversifiés.

 

Entendre c’est déjà respecter.

 

Mais encore faut-il se saisir de ces bouleversements sociétaux pour penser cette situation comme une opportunité et ouvrir une interrogation sur les qualités de ce territoire, les manières d’y vivre c’est-à-dire comprendre, enquêter et analyser les raisons de sa désaffection.

Puis, écouter ceux qui résident, ceux qui produisent des ressources. Les habitants ont un vécu fidèle avec la rive gauche et leurs raisons ne sont pas qu’économiques. Entendre ce que disent ces personnes auraient du prendre forme antérieurement, ce sont eux qui font l’histoire de cet espace. De plus, déterminer l’attractivité fait appel à ce que le territoire propose comme possibles, que permet-il ? Que met-il à disposition?

Ne pas prêter l’oreille revient à renvoyer aux visages de ces vies de résidents qu’elles sont sans importance et que la population suivante sera, de facto, plus intéressante. Cliver en restant sourd semble être un geste politique qui n’a pas encore tout saisi aux transformations sociétales auxquelles nous assistons.

Il faut composer avec et non pour les gens.

 

Cependant, l’impression, que laisse ce renouvellement urbain rive gauche, s’approche de la bousculade, de la gestion de crise. En effet, pour satisfaire les nouveaux arrivants, c’est-à-dire pour satisfaire une projection objectivable en termes de logements, des travaux, des immeubles sont en cours de réalisation. En plus de scléroser un peu plus le paysage, de créer ex-nihilo ou de détruire, ils ont accru des gênes (bruits, poussières, propreté des chantiers…) et une pollution de l’air. Prenez le temps de consulter le rapport d’étude publié par Atmo Normandie . De  surcroît ne l’oublions pas, les citoyens sont de plus en plus exigeants quant à leur qualité de vie, alors, avec la pollution de l’air résultante de la présence de la Sud III à Petit-Quevilly, par exemple, les choses se compliquent…Le diagramme ci-dessous révèle que le seuil limite est largement dépassé!

Screenshot_2019-06-28 Evaluation de la qualité de l’air ambiant à proximité du trafic sur le territoire de la Métropole Rou[...](1).png

Capture d’écran sens de lecture modifié page 20 du rapport publié par Atmo Normandie

Aujourd’hui, les sol se parent d’immeubles, la place faite au béton ne cesse de croître, les arbres tombent, les quartiers changent et c’est la radicalité qui l’emporte. Ce n’est pas en mettant des gifles à un quartier que les choses deviennent séduisantes. En quoi cela participe à donner un sens commun à une action politique, d’ailleurs, en quoi une décision locale a quelque chose de commun avec les populations ? Ici, rien ne va plus.

 

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Nature morte, Petit-Quevilly & Rouen avenue de Caen, rive gauche, IPL, juin 2019

 

#sitespecific se fait l’écho de ces constats alarmants, de ce désordre urbain qui galvanise les souffrances de ce territoire social: les cadres de vie sont enlaidis, sauvagement abimés, les espaces sont lacérés par des bandes de rues, d’avenues, de routes…Que faire ? Changer notre attitude.

 

Nous ne faisons pas usage de la ville qui nous voit vivre, nous sommes ses habitants. Personne ne viendra sur un territoire sinistré car le « tout béton » c’est la fin, la mort assurée.

 

#sitespecific existe factuellement depuis désormais quatre mois mais depuis de mon arrivée, ici, je réfléchis à comment valoriser, comment mieux traiter cette rive et ses habitants, comment ? En restant vigilante, en étant une observatrice concernée et aguerrie de la vie de mes quartiers, de ma commune et de celles qui l’environnent.

 

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Drama, Avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly, Rive gauche, juin 2019, IPL

 

Ce Projet est le fruit de constatations et de remarques, de prises de pouls. Il est l’enchainement naturel d’un travail de recherche entrepris pour la rédaction d’un mémoire universitaire. Ce dernier est la digression d’un autre mémoire engagé en 2016 qui concernait la rue comme patrimoine mémoriel. Ces requêtes sont un écho à des recherches impulsées depuis des années car tout lieu de vie se suffit à lui-même pour initier une investigation exigeante.

La rive gauche se voit dotée d’un patrimoine matériel et architectural exceptionnel, le seul qui soit le plus régulièrement mis en valeur c’est l’Atrium, ancien pôle régional des savoirs. Figure luxueuse, il trône sur ce boulevard de l’Europe et crée un angle avec la rue St Julien. Il est cette arrière base majestueuse certes mais où est la diversité ? Où sont les autres patrimoines ?

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De la sophistication, rive gauche quartier st clément, Rouen, IPL, 2019

 

#sitespecific est indépendant, fruit de constats. Ses rencontres prennent des formes variées pour permettre un échange simple, offrir des possibilités, donner de la voix à une rive qu’on entend guère. Ce projet possède des valeurs. Elles résultent toutes d’un état d’esprit fair-play qui ne cherche pas le combat, n’évolue pas dans des sphères politiciennes. Il n’a pas d’image à soigner, de blason à redorer. L’image qu’il souhaite donner c’est celle de la restitution.

Que la modernité de la rive gauche soit vue, que sa capacité à vivre en dehors des clous soit comprise, qu’elle soit reçue comme un territoire vivant ni astreint au résidentiel ni à l’éloignement. C’est un espace qui, à force d’être mis dans l’oubli, se révèle être en mesure d’ être indépendant.

Les approches du projet parfois surprennent car il croit en la pertinence du terrain, en la proximité parce que cette rive, c’est elle qui l’a reçu, qui l’a invité hier à rester.

 

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Avenue Jean Jaurès une période sombre, Petit-Quevilly, rive gauche, juin 2019, IPL

 

 

Parler de ce qu’on connait non pas sur le papier, ni par le biais de recherche mais de ce qu’on pratique au quotidien, c’est cela, une parole citoyenne. Le projet n’investigue pas comme le ferait un porte parole, il produit à partir d’un construit. De ces endroits où il s’inscrit, il suit des traces, prend des chemins réflexifs mais il ne souhaite pas créer d’ascendance. Et curieusement c’est cela qui déroute. Comment être fédérateur ?

 

IL n’y a pas de solution miracle, mais il semble évident que nous portons des paroles oubliées. Que des espaces permissifs à ces échanges n’existent guère ou alors à nous de nous les (ré)approprier. Ce projet c’est tout d’abord une façon de reposer la question d’une visibilité non autorisée.

 

Les prochaines rencontres se produiront dans des lieux publics. Privilégiant les espaces verts parce que proche, gratuit, ouvert à tous. #sitespecific confirme que les prises de paroles se doivent d’être simplifiées en termes d’accès. Pas de locaux fermés, pas de bar/Café où il faut consommer, organisons-nous à partir de ces endroits, cadres que nous croisons au quotidien. Essentialiser nos entrevues en les leur donnant ce caractère courant s’avère décisif.

Par le passé, cette rive et ses remparts rouennais, comme nous aimons à les appeler, faisaient l’objet de carte postale.

 

Je ne sais pas si vous mesurez la fierté architecturale qui se dégage de cette vue prise depuis la tour de la sécurité sociale (Architecte Tougard). Cette merveille rouennaise d’où est offerte cette vue a fait l’objet d’un temps d’étude architectural lors du 1er rallye ‘Specific (29 juin 2019).

Le 1er article concernant le rallye vient de sortir: S’émanciper de son invisibilité

Isabelle Pompe pour #sitespecific, 02 juillet 2019.

Territoire extra-local & Environnement

Dans le chapitre « Territoire social & Observations citoyennes », #sitespecific va se pencher sur notre environnement. A partir des moyens démocratiques qu’il met en œuvre comme la mise à disposition d’informations vérifiées, la transmission, le relai des bonnes pratiques et la veille des outils existants mis en place par les collectivités, #sitespecific propose des portes d’entrée diversifiées vers les problématiques sociétales et environnementales qui nous impactent directement depuis notre territoire extra-local. Ces items sont abordés lors des rencontres informelles comme les Terrasse’ Specific, Rallye ‘Specific et autres Ateliers ‘Specific.

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Jardin de la Chartreuse St-Julien sera examinée, in-situ, lors de l’Atelier’ Specific #1 au regard de plusieurs thématiques.

Entendre ce que dit le territoire

Notre espace de référence, la rive gauche, s’ancre dans une région fortement marquée par des conditions climatiques spécifiques. Nous ne pouvons plus ne pas activer ni ré-activer les ressources que ces spécificités expriment. Ne subissons plus notre pluie, notre brouillard et notre vent! Lorsque cela est possible, repensons nos espaces de partage citoyen.

  • Depuis les lieux insuffisamment inexploités

Beaucoup de lieux pourraient être davantage exploités, comme la place des Emmurés à Rouen pour l’organisation de temps d’échanges et la mise en place d’une programmation cultuelle, sociétale, environnementale proche des habitants. Mais aussi combien de lieux, dans l’espace public, sont inadaptés parce qu’ils se présentent comme des espaces mal desservis, des plaines vides, sans arbre producteur de convivialité et d’ombre etc… Il est temps de cesser de regretter et de trouver la météo capricieuse, alors offrons-nous des choses! Listons ensemble les possibles qui s’offrent à nous et que nous pourrions autrement investir. Dans chaque commune de la rive gauche demeure cette inconnue, méconnue ou sous- utilisée qui ne demanderait pas mieux d’avoir des vies multiples.

  • Depuis les évènements, manifestations

Nous ne pouvons plus envisager d’évènements sans penser à la pluie. Ceux qui ont lieu en plein air devraient intégrer, pour assurer le confort aux publics qui ont fait le déplacement, un impératif: donnant -donnant. Les gens sont venus vous voir, alors respectez cette initiative et instruisez dans vos démarches, les conditions optimum pour les accueillir dignement.

De même lors de périodes de fortes chaleur, pensez aux éléments nécessaires pour pallier à ces expositions subies qui peuvent engendrer des malaises, voire un renoncement au déplacement. Les personnes se sont dirigées vers vos propositions de sorties (culturelles, touristiques), faites attention à les recevoir en prévoyant une gestion des flux opérationnelle, des zones de rafraichissement et/ou d’ombre avec de quoi remédier à la fatigue engendrée par cet épisode météo, par cette station debout prolongée. D’une manière générale, les bancs au même titre que les toilettes sont à revoir en France au regard de l’égard porté aux publics…L’Armada et sa dernière édition du 6 au 16 juin 2019 n’a pas suffisamment considéré ses équipements et ses services (gestion des flux, commodités payantes, parkings aux tarifs élevés, très peu de propositions pour s’asseoir (l’impératif du attendre debout n’est pas acceptable aujourd’hui lorsque l’on se targue d’être un évènement de grande envergure). Ont été à déplorer également le peu d’espaces non privatisés ( pour manger, boire, se reposer) et une sous-utilisation des environs (Chai à vin et toutes les coursives situé quais rive droite de la manifestation).

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L’Armada et sa typologie de public, observée par #sitespecific, IPL, 15 juin 2019

Il en est de même pour La Friche Lucien. De par l’étendue en nombre de mois, de sa programmation, celle-ci devrait réfléchir plus précisément à comment recevoir malgré la pluie en installant des tentes et autres bâches de protection par exemple.

Des efforts encore à faire

Les manifestations doivent prendre en charge le respect de l’environnement dans le traitement de leurs déchets (tri), dans l’interdiction qui s’impose à elles d’avoir recours aux plastiques, d’utiliser des supports bio dégradables et de veiller à leur impact carbone, en veillant à la mise à disposition d’un accueil efficient des transports doux (vélo, skate…) et en privilégiant le recours aux transports en commun. La Friche Lucien a été interpellée sur ces sujets lors d’un post FB du mois de juin. Là, encore l’Armada a très peu prisé le recours aux vélos en ne mettant pas à disposition des parkings/garages spécifiques. A partir d’un point d’étape (ici consécutif à une fermeture, un post FB de la Friche Lucien du 10 juin 2019), voici ce que disent les porteurs de projet eux-mêmes

  1. Ce sur quoi ils ont fait/produit des efforts
  2. Là où ils ont été vigilants

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  • Depuis les éléments naturels

Ne nous focalisons pas sur les tempêtes et sur notre vulnérabilité face à elles, toutefois,  interrogeons-nous sur comment mieux vivre cet inévitable climatique qu’est le vent. Vivre avec les éléments est notre priorité. Mal identifiés et relativement peu prévisibles, les dangers de ce dernier sont souvent minorés, concentrons -nous sur les bénéfices que cette contrainte produit. Elle nous invite à changer de regard sur notre habitat, nos structures, nos architectures, notre rapport au « plein air ». Il nous faut tirer parti de cette ressource et nous adapter.

Pour montrer que l’on peut chercher à vivre avec ces éléments météorologiques et non plus contre eux: « la résilience peut s’effectuer en tirant parti des phénomènes climatiques, comme nous le prouve le projet prospectif de réaménagement des berges de Manhattan intitulé « Big U ». Cette promenade composée d’une végétation brise-vent qui la protège de la forte montée des eaux propose d’adapter ses activités en fonction des phénomènes climatiques. Source

Le vent, pourrait être producteur d’énergie, pourquoi la ville comme la métropole ne se servent pas de ce formidable élément naturel!Combien de scientifiques et de projets travaillent sur ce sujet!

De même pour la pluie, pourquoi ne pas repenser nos démarches collectives et nous convier collectivement à récupérer et conserver cette eau…Rouen serait 10 ème au classement des 10 villes les plus pluvieuse de France…. »Avec 790 mm de pluie par an, Rouen fait certes moins bien que Biarritz ou Brest, mais reste cependant une ville associée aux bottes en caoutchouc et aux parapluies ! »Source

Et pourtant d’eau, nos villes de demain en ont besoin, il est donc plus que vivement recommandé de sortir de l’individualisme sur ce sujet car l’eau fait partie des 3 principes de l’urbanisme durable qui vise à lutter contre les îlots de chaleur urbain (ICU) Source

Les collectivités doivent avoir une politique plus ambitieuse de leur gestion de l’eau et encourager les habitants à ne pas gaspiller, à considérer cet élément vital comme un bien précieux en impulsant des actions de sensibilisation contre le gaspillage, il en va de même pour nos énergies.

 

Canicule & îlot de chaleur urbain

Des périodes de fortes canicules ont touché notre territoire les étés précédents, au même titre que des pics de chaleur sont également recensés sur des périodes non habituelles. Nous sommes confrontés au réchauffement climatique, ce, de manière spécifique, en raison de nos espaces urbains. Que cela soit à Rouen ou sur sa proche couronne, là où la densification de population et d’activités reste fortement marquées, le problème reste donc le même. Nous regarderons cela à l’échelle d’un quartier, celui de Saint-Sever depuis ses récents travaux d’aménagement.

ICU

« Un îlot de chaleur (ICU) est caractérisé par une température de surface ou de l’air plus élevée en zone urbaine qu’en périphérie de la ville. Cette différence de température peut être de plus de 12°. Les îlots de chaleur peuvent également désigner une zone à l’échelle du quartier où l’on observe une température plus élevée.

Mais les îlots de chaleur urbains ne sont pas une fin en soi. Il existe bien des solutions pour lutter contre leur formation et ainsi agir sur la qualité de vie en milieu urbain. Cette révolution trouve son essence dans la façon d’aménager la ville et les solutions techniques à disposition aujourd’hui.

Les bénéfices de ces stratégies de la ville durable s’observent à plusieurs niveaux : environnementaux, sanitaires, esthétiques et qualité de vie. »Source

La stratégie de ville qu’a opéré la Métropole Rouen Normandie avec son  » cœur de métropole », au-delà des discours politiques, impose un arrêt et une observation précise.

  • Travaux St Sever
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Saint-Sever en Eglise et Plomb, IPL, juin 2019

Ses travaux ont été le fruit de différents axes de « développement » du quartier, d’une part lui redonner « peau neuve »  en écho aux travaux entrepris dans le centre commercial. De plus, « ne pas oublier la rive gauche » selon Frédéric Sanchez Source pour le projet « Cœur de Métropole » impulsé par la Métropole Rouen Normandie et d’autre part, engager une refonte de la perception en termes d’images, de la rive gauche et son artère première, symbolique et plurielle: St Sever (sa rue, son quartier, son centre commercial, sa mairie annexe, sa MJC…).

Nous vous rappelons que les travaux de la rue St Sever, entrepris fin 2017, ont eu un coût de 1,7 million d’euros, financés par la Métropole Rouen Normandie (avec une participation de fonds européens, à hauteur de 40 %). Ils ont déclenché, également, des conséquences sur l’économie du quartier même s’il a été précisé que la rue était piétonne, il n’en demeure pas moins que l’accès rendu quasi impossible aux hôtels du quartier par exemple, a porté durablement préjudice à ces derniers.

La rue et ses travaux donnaient cela à voir, pendant plus d’une année:

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Photo du journal Actu 76 – Source

Une rue impraticable, d’où sont tombés les arbres, les marronniers roses (au centre de la rue), et où, entre le bruit, la poussière, il était très difficile de se promener, de consommer, de s’arrêter à une terrasse bref, de soutenir économiquement le quartier. Ces travaux ont été subis par les habitants du quartier, par les commerçants et ont engendré des difficultés de trésorerie qui semblent aller de soi. Un mauvais moment à passer qui prit le temps de s’arrêter…

Revenons, un instant sur cette notion d’image, de cadre de vie. Les éléments de réponse de la métropole pour justifier son projet d’aménagement tiennent en : « apporter de la lumière », refaire les canalisations, repenser le « sol » (pavage, dallage), ré-introduire la nature en ville et offrir un nouveau mobilier urbain. Cela en écho avec les travaux entrepris sur la rive « d’en face » tels sont les mots employés.

  1. La lumière ? En enlevant les zones ombragées qui apportaient un charme à la rue et qui permettaient à la population de s’asseoir et de respirer un peu, la Métropole, avec cet aménagement urbain, a mis la rue à la disposition du soleil.
  2. Le choix des arbres ? Ce n’est pas à l’aune des allergies que nous répondrons mais tout simplement au regard de la fragilité des arbres jeunes lorsqu’ils viennent d’être plantés et donc de l’attention naturelle qu’ils méritent mais également par rapport à leurs systèmes racinaires.

Bouleau Versus Marronnier rose

Alors qu’une bataille semble s’être engagée entre deux espèces d’arbres, hormis le critère esthétique et le fait que les marronniers étaient arrivés à maturité, essayons de voir si différences et explications implacables il existe:

Le bouleau a une croissance rapide. Le Bouleau pubescent supporte le froid jusqu’à -40° (zone 3). Le Bouleau verruqueux supporte le froid jusqu’à -23° (zone 6). Sa Durée de vie est estimée à 100 ans. En tant qu’espèce pionnière, le bouleau ne vit pas vieux.  Ses Racines sont traçantes. Elles s’étalent loin du tronc : ne pas planter de bouleau près d’une canalisation ou d’une terrasse.Source

Le Marronnier, quant à lui, a une Rusticité de type zone 6 (il supporte le froid jusqu’à -23°). Sa durée de vie est estimée à 200 ans soit le double de celle des bouleaux. Habitat : essence de lumière (héliophile), le Marronnier est planté dans les parcs et jardins. Mais il souffre de la pollution urbaine et de la sécheresse. Sa taille maximale est de 30 m, sa croissance est, elle-aussi, rapide. Source
Donc, alors que les racines du bouleau sont problématiques, c’est lui qui a été choisi. Les canalisations ont été refaites, vous vous souvenez…

Le mobilier urbain plébiscité par la Métropole, prône l’absence de banc et ne revêt aucun confort comme vous pouvez le voir sur la photographie « Saint-Sever en Eglise et en Plomb » réalisée en juin 2019. Des cubes, bas, sans dossier qui ne permettent pas aux  personnes de se poser très longtemps, de s’approprier les espaces publics ni aux « joueurs », tels que je les ai nommé de s’installer, de donner de la « vie » à la rue principale de ce quartier.

 

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Les joueurs des espaces de relégation, St-Sever, juin 2019, IPL

 

Les autres villes et leur réponse à la montée des température

Rafraîchir les villes, des exemples:

  • Réintroduire la végétation en ville grâce à la trame verte
  • Ouvrir les espaces pour éviter l’effet de canyon urbain
  • Recourir aux revêtements de sol perméables
  • Choisir les matériaux selon leur albédo
  • Aménager en tenant compte des vents et du soleil
  • Cool-roof (revêtement de toiture blanc)Source

Albédo: l’indice de réfléchissement d’une surface en fonction de sa couleur mais aussi de sa texture et porosité. Valeur comprise entre 0 et 1 : un corps noir a un albédo nul car il absorbe toute la lumière incidente et un miroir, un albédo de 1 car il réfléchit toute la lumière incidente.

« Dans les villes, les surfaces asphaltées et les habitations denses interceptent les rayons du soleil et emmagasinent la chaleur. « Source Le Monde

La France est en effet régulièrement touchée par des épisodes caniculaires, comme nous l’avons précédemment écrit, la ville de Rouen et sa métropole souffrent également de ces situations qui sont amenées à se reproduire au point de perdre leur caractère exceptionnel. Les communes, en raison de leur aménagement urbain, ne parviennent peu ou pas à se refroidir la nuit. Pour endiguer ce phénomène, les villes adaptent leur PLU (Plan Local d’Urbanisme) à ces cas de figures. Des réponses plurielles sont apportées comme la construction de villes plus aérées, des efforts sur les « matériaux utilisés dans le revêtement des sols avec des propriétés optiques et thermiques favorisant la rétention de la chaleur par le tissu urbain »… La température des villes croît avec son activité humaine, les villes les plus peuplées pourraient voir leur température grimper de plus de 8°C d’ici à 2100. Refroidir les bâtiments, repenser les matériaux de construction, reverdir, ré-humidifier… Car mourir de chaud est un risque encouru par 30 % de la population mondiale Source 

« Le Grand Lyon, avec la remise à l’air libre du ruisseau de La Duchère, ou la création d’un espace vert infiltrant les eaux de pluie au parc Jacob-Kaplan œuvre en ce sens. « Il faut retrouver des points d’eau en ville afin de permettre aux phénomènes d’évaporation de mieux réguler la température ambiante », rappelle Erwan Cordeau, chargé d’études sur le climat, l’air et l’énergie à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme. La dés- imperméabilisation de la ville et le retour de l’eau sont sur le devant de la scène, en effet, le retour de l’eau dans nos sols et autres surfaces de stockage permet de rafraîchir l’air. C’est également une opportunité pour la restauration de la biodiversité et une offre créative pour la conception paysagère. Aujourd’hui, il est possible de créer des espaces perméables carrossables afin de réconcilier usages et environnement (ex : parkings perméables). On peut également avoir recours à la création de plans d’eau et de fontaines. »Source

  • Récupérateur d’eau collectif

Dans son magazine « En direct, de novembre 2011, la commune de Petit-Quevilly, proposait à ses habitants : Source

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Cette initiative pourrait être introduite de manière collective avec une mise à disposition possible sur les territoires sociaux (bailleurs, privés).

Vient ensuite, la question de la végétalisation du territoire.  » Bien plus qu’un enjeu décoratif, le facteur végétal est pourtant devenu un critère attractif pour les citadins : les arbres sont un instrument de lutte efficace contre les îlots de chaleur. Obstacle physique à la lumière, ils sont aussi de puissants régulateurs de température puisqu’ils peuvent puiser en profondeur l’eau du sous-sol et émettre dans l’air de la vapeur d’eau.

  • L’architecture des bâtiments a aussi son rôle à jouer : le choix des matériaux, des couleurs, l’efficacité énergétique, leur végétalisation etc. autant de moyens permettant de réduire les besoins en climatisation.

Alors, à quand les « White roof  » Source et autres toitures végétalisées encouragées par les communes, la Métropole Rouen Normandie, les bailleurs sociaux et privés, au niveau local, extra local, depuis nos administrations, écoles jusqu’à nos immeubles et maisons ?

Espace vert, la très grande nécessité 

Les espaces verts sont indispensables à la ville, ils sont, par ailleurs, vecteurs d’attractivité économique et participent, de plein droit, à nos cadres de vie. Vous pouvez consulter cette parution Source dont est issue la capture d’écran suivante:

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Observons in-situ, avec, atelier ‘specific, les éléments de réponse que propose la commune de Petit-Quevilly à propos de ses espaces verts comme « bien collectif gratuit ».

  • Atelier ‘ Specific # 1 – Jardin de la Chartreuse Saint-Julien
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Comment un jardin crée des conditions d’appropriation pour la faune et la flore ? IPL

Réduire l’émission de chaleur anthropique

La chaleur produite par l’activité humaine peut être réduite. On peut agir par exemple sur la mobilité :

  • Privilégier les transports en commun verts,
  • Limiter la circulation des voitures individuelles dans le centre-ville (proposer des alternatives pour les proches couronnes, agir avec la volonté d’une mobilité inclusive comme enquêtée dans  La sociologie de nos transports en commun et permettre la gratuité des transports en commun les jours de fortes chaleurs).

 

D’autres initiatives et engagements collectifs

  • Le Tri

#sitespecific a pensé à l’organisation de session de tri supervisé par moi-même (après avoir été parfaitement formée par l’association « Zéro déchet Rouen » par exemple). Lasse de constater que le tri n’est pas fait malgré les poubelles prévues, je reste compréhensive et mesure le peu d’infos hormis une affichette et le peu de sensibilisation depuis mon bailleur social dont disposent les habitants de ces logements alors l’idée m’est venue de prendre cela en main. A suivre!

  • Compostons !

Avec l’association Zéro Déchet Rouen, toujours, dans la lignée des actions citées ci-dessus, je pensais poursuivre avec le compostage collectif.

« En habitat collectif social, vous pouvez contacter votre bailleur. Celui-ci a été sensibilisé par la métropole et vous demandera probablement de vous regrouper à 10 voisin-ne-s.Si vous rencontrez des résistances, écrivez-nous.  Nous pourrons adresser une lettre de soutien à votre bailleur, et plus si affinités! »Source

 

Réunissons-nous pour proposer ces initiatives à notre échelle, organisons nos transformations de manière collective et citoyenne!

 

Isabelle Pompe pour #sitespecific, le 16 juin 2019.

We are Saint – Sever

L’anglais, j’ai le droit grâce à John Holker, James Morris, James Hope… C’est quoi, au juste, Saint- Sever ? Un quartier, une commune à part entière, l’aile d’une rive, un pilier, une colonne vertébrale ? Ici, c’est l’occasion d’une focalisation sur la rue éponyme. Le quartier nécessiterait la narration d’un roman, la mise en place d’une enquête sociologique et historique dignes. Là, l’idée repose davantage sur la spontanéité de la rencontre avec un territoire. N’oublions pas, néanmoins, que celui-ci s’inscrit dans un quartier pour lequel il convient de faire quelques brefs rappels historiques.

  • Le quartier Saint-Sever est un quartier de la rive gauche de Rouen. Il s’organise notamment autour de l’église Saint-Sever (XIXe siècle) et du centre commercial Saint-Sever. C’est un quartier d’affaires, un centre administratif. Il est le cœur de la rive gauche de Rouen dixit Wikipédia.

 

Les arbres de la rue

 

 

Depuis mon premier face à face et mon adoption par cette rue, son visage a subi quelques transformations. Loin de moi l’idée de me perdre en direction du « c’était mieux avant » mais, il me semble déterminant d’exhumer quelques traces photographiques. Ces bouleversements quant à son allure globale sont allés jusqu’à impacter la vie de mes anciens voisins. En ville, d’une part, rien n’est plus agréable que les arbres et l’ombre qu’ils engendrent. De plus, domestiquer la nature à coup de parcelles revient à créer une sorte de conformité à une rue qui existait pour elle-même. Le résultat visuel de ma dernière visite m’a laissée amère, où sont passés les traits caractéristiques de cet havre ?

 

Et questionnons-nous maintenant: en matière de cadre de vie, de charme, de biodiversité, quel est le match entre marronniers et bouleaux ?

 

Vous allez découvrir les motifs et la stratégie territoriale avancée par la Métropole Rouen Normandie, je vous laisse méditer sur ces éléments d’informations.

Une mue baptisée « Requalification des rues et place St Sever » Source

Planning des travaux : Novembre 2017 – Novembre 2018 – « La mue du quartier Saint-Sever, lancée en 2014 avec la halle des Emmurées, se poursuit, du marché à l’église et au centre commercial. D’ici à la fin de l’automne 2018, la rue Saint-Sever affichera son nouveau visage. Un visage de dalles de granit et d’enrobé rouge, rappelant les aménagements réalisés dans le cadre de Cœur de Métropole sur la rive d’en face. La nouvelle voirie appelle à la marche à pied, idéale pour le commerce de proximité (la rue était déjà piétonne!!). Le mobilier inclut, à la demande des riverains et de l’Atelier urbain de proximité mené en amont par la Ville, bancs et jardinières, toujours dans l’esprit de balade qui anime le quartier. Le remplacement de marronniers trop volumineux par des bouleaux, plus adaptés, finit d’illuminer cette artère commerçante…. »

 

#Aujourd’hui, la rue un jour ensoleillé de mai 2019

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The Survivor – Ici, au 1er plan, le seul marronnier qui a survécu aux travaux de la rue, 2019, IPL

 

Un peu d’histoire locale

 

À l’origine connu sous le nom de faubourg d’Emendreville, le quartier prend le nom de faubourg Saint-Sever lors de la translation des reliques de saint Sever, évêque d’Avranches, à la fin du Xe siècle, dans l’oratoire Saint-Cassien, devenu par la suite église Saint-Sever.

John Holker

Né à Stretford (près de Manchester), le 14 octobre 1719, mort à Montigny en Seine- Maritime le 27 avril 1786, John  Holker est un manufacturier anglais, fondateur de la manufacture royale de velours de coton de Saint-Sever, nommé inspecteur général des manufactures en 1755, chargé de promouvoir l’industrie textile en France.

  • En 1749, alors qu’il est capitaine en second de ce régiment, il rencontre à Rouen Marc Morel, inspecteur des manufactures pour la région. Morel est séduit par ses capacités dans le domaine de l’industrie et l’encourage à remonter une entreprise textile sur place. Il vise la création d’une manufacture de velours de coton, un type d’établissement qui n’existe pas encore en France et dont il a appris toutes les techniques. Comme le gouvernement anglais lui a refusé le pardon, Holker accepte de quitter l’armée et de se lancer dans l’aventure à Rouen, qui est déjà un centre cotonnier important. Les essais menés à la manufacture de Darnétal pendant six mois en 1752 sont concluants et Machault d’Arnouville l’autorise, par arrêt du 19 septembre de la même année, à fonder sa propre manufacture à Saint-Sever. La direction de l’entreprise lui est confiée et il lui est imposé de recourir à des associés français (d’Haristoy à Darnétal, Paynel et Dugard à Rouen, Torrent à Paris).
  • Holker s’est intéressé également à la faïence, ce, pour trois raisons : c’est une activité importante à Rouen, les colorants font partie de ses fournitures de base, comme pour le textile, et il a embauché pour le seconder un jeune fils du grand faïencier Jean Guillibaud, Philémon Martin, qu’il va progressivement associer à ses affaires (il remplacera en 1759 d’Haristoy, décédé en 1757), et qui ira même jusqu’à racheter ses entreprises en 1791.
  • Enfin, en 1762, John Holker fonde avec ses collègues James Morris et James Hope une teinturerie à Saint-Sever, pour laquelle il a obtenu le statut de manufacture privilégiée, avec en prime la naturalisation de ses deux associés.
  • Son succès est tel que le gouvernement anglais s’en inquiète et veut le faire revenir au pays.

 

Deux siècles plus tard, le centre commercial

 

Inauguré le 24 octobre 1978, il permet de créer un deuxième centre ville à la ville de Rouen. Ce quartier dispose également d’une mairie annexe qui se trouve au RDC du centre.

Le centre commercial participe à la transformation complète du quartier et engendre une forme de dynamisme économique durant un certain temps toutefois le quartier ne se résume bientôt plus qu’à cela, vit à son rythme imposé d’espaces privés. Point de chute, d’arrimage, arrêt de station de métro, il est cette centralité manquante qui offrent des modules, des allées, des magasins, des lieux de consommation où même la culture* avec son Kinépolis se consume…Donc, ici, vous ne trouverez pas de photographie du centre. Autour de lui, c’est une autre vie qui se juxtapose, tant bien que mal. Avec les rues du Mail, Lafayette, de Lessard, L’Abbé Lémire, des Emmurés, Gadeau de Kerville, à la fois, commerçantes, résidentielles, elles participent à la création d’une enclave avec une typologie de commerces. Nous y reviendrons ultérieurement.

 

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Les arrières du centre, rue Gadeau de Kerville, Mai 2019, IPL

*La culture qui s’était enorgueillit, un temps, d’avoir au sein du centre un théâtre, Le Duchamp Villon se voit par la suite privée de celui-ci, il lui reste une bibliothèque du réseau R’Rouen et sa MJC qui semble être sous le coup de projets culturels neufs.

 

Une rue et ses coulisses

 

Une voie est aussi un formidable poste d’observation. J’ai été résidente du 124, par conséquent, j’ai pu entendre, assister à toutes formes de manifestations, de bruits. De jour comme de nuit, cet axe possède plusieurs visages. J’ai pu écouter les feux d’artifices, les sons de la Foire St Romain (à l’époque rive gauche), les intonations des commerçants, les notes, les ondes et les onomatopées propices à un espace aussi vivant. Depuis ce « chez moi », j’avais soit le choix de composer avec les inflexions du bas, soit de me construire mon propre ronronnement. Parfois en accord avec cette cadence, ces balbutiements, ces  tapages, ces crépitements, grincements, ces vrombissements intrinsèques à toute rue piétonne, je me suis surprise à être.

Là, se narre, une séance de gonflage dans la toute rue/parking/allée située derrière chez moi. Cet endroit a pu accueillir des éléments qui n’avaient aucun rapport les uns avec les autres, créant ainsi un tableau quotidien neuf et saisissant. Les chats, poubelles et voitures étaient les résidents perpétuels de ce théâtre en plein air mais des chaises, une végétation libre, des gens perdus ou cachés fonctionnaient comme les adjuvants du cadre.

 

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Derrière, IPL, 2015

 

La rue, un espace public

 

Elle est cet endroit où des gens souhaiteront toujours s’y installer, s’y poser pour prendre l’air, profiter librement d’une vue, d’un instant. Avant les très importants travaux, la rue ressemblait à une allée colorée avec des arbres et de l’ombre. Ces superbes marronniers roses avaient leur vie propre, que ce soit à leurs pieds où jouaient des gens où se reposaient, se donnaient RDV d’autres ou dans leurs branches où les oiseaux étaient si nombreux qu’il était impossible de chiffrer combien de tétrapodes co-habitaient. Depuis, les choses ont nettement changé, les joueurs se sont rassemblés à côté des poubelles. Les oiseaux, je les entends moins. Et l’ombre a disparu.

 

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Les joueurs, IPL, 17 mai 2019

 

Une rue, la nuit

 

En bas de chez soi, alors que nous sommes dans notre appartement, les situations continuent, sans nous, à se scénariser. Sa centralité lui confère un point de RDV facile pour le monde associatif, caritatif telle que La Croix Rouge et ses rondes. La rue est aussi un « lieu de vie » violent pour les personnes sans domicile. L’absence de bancs n’aide pas, alors c’est à terre, que je l’ai croisé. Un seul me reviendra toujours à l’esprit. D’une part, parce que je suis tombée nez à nez avec son agression contre la devanture de l’ancien magasin Tati,  nous avons aidé les secours et la police. Il était vivant, pour moi, il allait s’en sortir. D’autre part, parce que je l’ai croisé, chaque jour, avec son chien, ses affaires et n’ai jamais osé le prendre en photo. Triste souvenir.

« Claude avait 74 ans. Il est mort lundi 5 octobre 2015 au CHU de Rouen, après avoir reçu au visage des boules de pétanque. »Source

 

Rue st sever

Rue Saint Sever, 2015, IPL

 

 L’Église & sa cabine téléphonique

 

Figure emblématique du quartier, l’Église est un lieu que j’ai très rarement fréquenté, c’est à peine si, les rares fois où elle était ouverte, j’y sois entrée. Par contre, je l’ai contourné en réalisant des tours et détours pour photographier son toilette public (en face du centre) ou sa cabine téléphonique tout près de l’arrêt de bus du 6.

D’ailleurs, la rue St Sever comptait beaucoup d’édicules, des trio, quatuors, bref, des cabines étaient disposées un peu partout pour mon plus grand plaisir.

 

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Saint-Sever & Cab – projet « Cages à suées- IPL, 2015

 

Les marchés

Non loin, juste en bas de la rue, surgit la place du marché des Emmurès. Marchés pluriels, toute catégorie le mardi et samedi et brocante le jeudi sont au programme.Source

« Le monastère des Emmurées occupait un vaste quadrilatère de terrain situé à l’ouest de la rue St-Sever , pratiquement à mi distance de l’église du quartier et de la rive de la Seine. Les bâtiments entouraient les galeries d’un cloître. Le reste du terrain était à usage de jardins ». La suite de cette histoire

 

St sever en marché

Un jour de jeudi, IPL, 2015

 

Une exploration en épisodes… A suivre donc!

 

Isabelle Pompe, 18 mai, 2019