Les risques technologiques de la rive gauche

Comment ces risques sont-ils définis ?

« Le risque industriel est défini comme un évènement accidentel se produisant sur un site industriel mettant en jeu des produits et/ou des procédés dangereux et entraînant des conséquences immédiates graves pour le personnel, les riverains, les biens et l’environnement.

des-personnes-donnent-les-premiers-secours-aux-blesses-devant-l-entree-de-l-usine-petrochimique-azf-apres-la-tres-forte-explosion-survenue-dans-la-matinee.jpg

Des personnes donnent les premiers secours aux blessés devant l’entrée de l’usine pétrochimique AZF, après la très forte explosion survenue dans la matinée. AFP

Afin d’en limiter la survenue et les conséquences, les établissements les plus dangereux sont soumis à une réglementation particulière (classement des installations) et à des contrôles réguliers.

Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un site n’est pas classé qu’il ne présente pas de danger.«  Source

« Les risques technologiques sont liés à l’action humaine et plus précisément à la manipulation, au transport ou au stockage de substances dangereuses pour la santé et l’environnement (ex : risques industriel, nucléaire, biologique…).

Comme les autres risques majeurs, ils peuvent avoir des conséquences graves sur les personnes, leurs biens et / ou l’environnement. » (Source)

Ils sont traduits par leurs effets, de trois natures, à savoir thermiques, mécaniques et toxiques. Des entreprises qui peuvent être à l’origine de ces risques sont chimiques et/ou pétrochimiques.

Les industries chimiques

Elles fournissent les produits chimiques de base, ceux destinés à l’agriculture (notamment les produits phytosanitaires et les engrais) et les produits pharmaceutiques et de consommation courante (eau de javel, etc.).

Les industries pétrochimiques

Elles élaborent des produits dérivés du pétrole (essences, goudrons, gaz de pétrole liquéfié).

 

Comment nous pouvons, aussi, les définir ?

Agglo rouennaise zone portuaire jerome lallier pour le monde.jpg

l’agglomération de Rouen et sa zone portuaire et industrielle. Jérôme Lallier pour « Le Monde »

Ces risques, tel qu’ils sont définis, sont à entendre par une crise, un accident. Au delà du catastrophisme sous-entendu, ici, nous pouvons nous interroger sur l’imprécision et la polysémie de « risque ».

« Les réflexions conduites sur le principe de précaution ou l’objectif du risque zéro traduisent une sensibilité sans cesse accrue des sociétés modernes face aux risques. Bien que moins en danger, les sociétés occidentales seraient plus sensibles au risque. » André Dauphiné et Damienne Provitolo

Une classification (risque, impact, aléas….) semble importante pour éviter la confusion, par exemple, entre risque et catastrophe.

Pour l’objet d’étude qui nous concerne, nous ne parlerons pas de risque tel qu’il est précisé en amont de cet article mais tel que l’aborde André Dauphiné et Damienne Provitolo*:

 » Les risques et les catastrophe ont un comportement temporel très différent. Le temps long est celui du risque, tandis que la plupart des catastrophes sont brèves, même si leurs conséquences peuvent impacter les territoires et les populations durant des décennies. »

*Dauphiné, André, et Damienne Provitolo. Risques et catastrophes. Observer, spatialiser, comprendre, gérer. Armand Colin, 2013

Dans leur ouvrage, Dauphiné et Provitolo, laisse apparaître des interactions réciproques  entre le risque et le territoire. (Je reviendrai ultérieurement sur cette approche).

Site Specific concrétisera son approche autour des risques au quotidien au regard de l’exposition des habitants à un sol pollué, à des sites industriels qui, chaque jour, les touche de par leur production/émanation/activité.

Les sites des territoires sociaux qui nous occupent sont classés SEVESO seuil Haut (Page SEVESO site specific).

De plus, la 1ère commune étudiée par cette recherche est celle du Petit-Quevilly. Cet espace de référence possède un passif et un actif industriel très important. Une enquête sera menée, à ce titre, sur son quartier de la Cité St julien (quartier de la Piscine).

De ce fait, le risque industriel ne sera pas, uniquement, traité par le prisme du catastrophisme de l’accident mais dans l’optique de:

  • Participer à la diffusion d’informations fiables afin de participer à la prévention.
  • Relayer les enquêtes, les bases de données et autres documents.
  • Rencontrer les habitants, acteurs, services… Pour parfaire un travail d’enquête.
  • Collecter des archives, des témoignages…
  • Tenter de mesurer les conséquences sur la santé des populations concernées quant à leur en-présence habituelle, journalière avec ces industries.
  • Extraire, s’il y a lieu, des données révélatrices d’une inégalité d’exposition aux risques quant à un territoire d’habitation.

Les pollutions, notamment des sols, seront approchées afin de mieux appréhender la notion temporelle, saisir les types de contamination, leur rayonnement, leur diffusion directe ou indirecte et leur degré de gravité.

La base de données Basos est un élément déterminant à prendre en considération. Vous pouvez consulter cet article Basias – Basol

 

Isabelle Pompe, 20 mars 2019.