Le territoire social de la rive gauche

La notion de territoire est polyphonique, toutefois, c’est la localisation de la question sociale que cette recherche prend en compte. Pour reprendre les propos de Thierry Paquot dans « Qu’est-ce qu’un territoire ? « *.

« Pour la simple raison qu’elle concerne des « gens » (famille, individu, groupe, classe…) qui sont ici et pas ailleurs, même si cet ici est la rue, dans le cas des SDF, par exemple ».

Ce « territoire sociale » vise aussi à préciser des espaces de référence où s’exerce une « autorité territorialisée. »

  *Paquot, Thierry. « Qu’est-ce qu’un « territoire » ? », Vie sociale, vol. 2, no. 2, 2011, pp. 23-32.

#sitespecific & Le Petit-Quevilly from #rivegauche // Campagne de sensibilisation, 2019

A cette notion de territoire, nous associons la notion de risques comme nous l’avons évoqué en présentation de projet dans À propos.

Ici, une carte, avec ses limites strictes, celui d’un secteur géographique, elle présente un plan de prévention des risques technologiques.

Un territoire c’est aussi ça, des cartes, des rues mais il peut être abstrait à travers, entre autres, ses services.

Précisons notre territoire et relevons les indications Z.I.P Petit et Grand- Quevilly. Notre territoire social vient, en partie, de se délimiter.

L’image contient peut-être : plein air

PPRT- Février 2017 – Source DREAL Normandie

Ce PPRT concerne la ZIP de Grand – Quevilly et Petit- Quevilly.

Sur ce plan, nous pouvons constater, dès la 1ère lecture de la légende, que habitat est en rouge et que l’activé est en violet, que la très forte concentration de l’activité est encerclée par l’habitat. L’habitat était majoritairement constitué par des cités ouvrières.

En reprenant le 20ème PPRT de février 2018, nous pouvons nous interroger sur la dimension sociale encore aujourd’hui de ces risques technologiques au regard des sites et des communes concernées: Grand- Quevilly, Petit-Quevilly, Rouen et Canteleu.

La banlieue rouennaise, est à comprendre comme un espace de relégation dans le sens où, loin du centre historique rouennais, les industries se sont implantées de manière perenne depuis des décennies. L’histoire de l’implantation de ces industries chimiques remontent à il y plus encore longtemps, ce pourquoi la question soulevée depuis peu soit la pollution des sols de ces communes. Nous y reviendrons en ce qui concerne Le Petit-Quevilly.

Toutefois, ces informations nous permettent de comprendre que ces populations ouvrières, précaires ou défavorisées ont été installées sur des territoires, certes porteurs d’emplois, mais qui se sont révélés agir comme des pièges.

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Le bâtiment de la Foudre- IPL

Comment partir? Avec quel moyen déménager et se reloger? Et pour aller où? Les populations qui ont pu faire l’acquisition d’un logement sur ces territoires sont dans la quasi impossibilité de vendre? Que vaut une habitation placée sur ces zones à risques? Il en va de même pour les bailleurs sociaux qui accueillent des nouveaux locataires, des personnes qui ne peuvent avoir accès à un autre territoire « vécu. »

A la notion de territoire « vécu » pour désigner un espace circonscrit où l’on réside, pourrait se substituer celle de territoire « subi ».

Ces populations subissent, qui plus est, le phénomène de répétition, celui des générations précaires: Avec elles, leurs enfants…

Nous pouvons aborder l‘inégalité territoriale en matière d’exposition à ces risques d’une part avec les données INSEE des communes du Grand – Quevilly tout d’abord et du Petit -Quevilly ensuite.

Aujourd’hui, plus de 70% de l’offre d’habitat du Grand-Quevilly est constituée de logements sociaux, 38% pour Le Petit-Quevilly.

Qui sont les logements concernés par ce plan et le périmètre dont il est question et qui résident dans les 1000 logements situés en zone d’aléa toxique moyen à très fort?

L’histoire des communes et le rapport qu’elles entretiennent avec l’industrie est à questionner, au même titre que ces cités ouvrières comme lieu de résidence d’une main-d’œuvre. Le renouvellement des populations est surtout générationnelle car après les cités ouvrières, les logements sociaux...

  • 18 500 logements (37 000 habitants) sont situés à l’intérieur du périmètre PPRT, ainsi que 210 établissements recevant du public, dont une zone commerciale importante. Des voiries structurantes, des voies ferrées, une aire d’accueil de gens du voyage complètent cet inventaire ;
  • 1000 logements et 130 locaux d’activités sont situés en zone d’aléa toxique moyen à très fort.

 

Extrait du 20ème PPRT ( février 2018) éditée par la DREAL Normandie