Atelier « l’Arbre en ville »

Le dimanche 1er septembre 2019 s’est déroulé notre deuxième atelier ‘Specific consacré à la place de l’arbre en ville.Évènement FB

Arbre en ville 1 septembre

Un RDV fixé et lancé depuis la page Facebook de Site Specific dès la fin juin. Cette rencontre étape en deux volets se voulait être une porte ouverte sur une réflexion collective quant à la considération du végétal par nos collectivités, la prise en compte de sa nécessité et les suggestions proposées par nous à partir de la place octroyée à l’arbre et autres végétaux au sein d’une commune spécifique de la rive gauche, à savoir Petit-Quevilly.

Un point de RDV symbolique de la commune

La station de métro au même titre que l’avenue Jean Jaurès sont des lieux très identifiés par les quevillais. L’horizontalité de l’avenue est gage de toutes les interprétations et cristallise de très nombreux reproches. On l’accuse de scinder la ville en bandes, cas de figure aggravé avec l’arrivée du métro, de n’être qu’un axe de circulation sans charme. Elle est associée à une image terne voire laide devenue monochrome depuis l’abattage des arbres survenu cet été.

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Un des arbres coupés sur l’avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly (juin 2019)

Par ailleurs, la volonté du projet #sitespecific tient en la mise en accès, de ses propositions d’échanges, la plus simple et la plus proche pour les habitants qui soit, ce pourquoi cet atelier avait pour point de départ, une station de notre métro quotidienne de la ligne Georges Braque, Jean Jaurès.

De plus, nous avons étudié, précédemment, nos transports en commun à l’aune de la notion de mobilité inclusive, vous pouvez consulter cette recherche, de manière synthétique, depuis cet article La sociologie de nos transports en commun

La parcours de cet atelier a été pensé en deux temps physiques: le temps 1 commence en partant de cet arrêt de métro, enchaîne avec son environnement direct puis se dirige vers le square Marcel Paul. Faire ensuite une pause, prévue, à l’origine, pour présenter la démarche d’une des porteuse de projets des jardins partagés de Petit-Quevilly et aussi pour offrir des graines de plantes et autres boutures. Le temps 2 correspond au trajet depuis le square, en passant par la Chapelle St Julien, vers le Parc des Chartreux.

  • La représentante du projet de jardin partagé ne s’est pas présentée. Au téléphone, nous avons échangé et compris que le projet était dans l’attente d’un RDV avec la mairie mais qu’un terrain avait été trouvé, restait à voir les conditions d’une convention et la pérennité du projet encore au stade interrogatif.

TEMPS 1

  1.  Questionner ces récents abatages, les arbres et leurs pieds situés devant et tout à côté du bâtiment de la Foudre (Seine Innopolis)
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Point de départ de l’atelier ‘Specific # 2 – Crédits photo Cécile Lenormant

En faisant état photographiquement de cette situation, nous percevons quelques modifications. Nous prenons la pleine mesure du ressenti de la disparition de ces arbres lorsque des personnes utilisent les mots « dégoût », « peine », « incompréhension » et « colère » pour en parler.

 

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Photo prise en juin 2019

En faisant le tour de ce petit espace du quartier, nous observons les travaux devant le bâtiment Seine Innopolis.

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Photo prise ce 1er septembre 2019

Sans savoir ni avoir d’explications à lire, nous pouvons noter des écarts quant à ces deux séquences photographiques que deux mois séparent.

Nous nous engageons sur le côté, des bancs et des pieds d’arbre non fleuris ou enherbés finalisent le décor. Nous pouvons déplorer le peu de poubelles également et l’absence de vie de la place telle qu’elle est depuis longtemps déjà. Ces aménagements récents et ceux en cours, nous l’espérons vivement, tiendront compte de la nécessité d’une centralité qui fait tant défaut à cette commune!

Nous nous plaisons à imaginer des tables et autres espaces colorés pour se restaurer, prendre l’air, se poser, une petite fontaine et de quoi accueillir la biodiversité ordinaire.

Rappelons-nous que Petit-Quevilly, certes, il y a très longtemps, pouvait s’enorgueillir d’une très grande mare.

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Petit-Quevilly, sa mare et son église St Pierre

Nous poursuivons notre rêverie diurne, en envisageant pourquoi pas, la gestion de cette presque petite place confiée aux citoyens nombreux à vouloir s’engager les mains dans la terre!

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Pieds d’arbre avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly

Le mobilier urbain (côté gauche) non propice à une envie réelle de se poser du fait de son manque de confort apporte sa touche de froid à l’ambiance. En outre, en nous penchant sur cet aménagement, nous questionnons également le genre dans l’espace public, nous savons que cette avenue connait une sur-représentation masculine, comparable pourquoi pas à la rue St Sever quoi que…Nous nous demandons, à ce titre, pourquoi la commune n’organise -t’elle pas une réunion dédiée aux femmes et à leurs attentes au regard de cet espace public ? Comment créer les conditions d’une appropriation féminine est une question indispensable pour la rive gauche!

Ici, tout est minéral, peu de vert, beaucoup de pierres en revanche! Une impression de force, de virilité due, en partie, à l’absence de couleurs, de fleurs, et de dossiers, tout simplement, pour ces bancs! Attention, également, à l’ilot de chaleur urbain! Pour rappel, nous vous convions à lire notre article Territoire extra-local & Environnement

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Le mobilier urbain de Seine Innopolis, Avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly

Nous prenons la direction, de la bibliothèque François Truffaut, en faisant attention à cette vue d’ensemble de l’avenue Jean Jaurès depuis ses travaux, ses démolitions et ses abattages qui engendrent lumière, poussières et gênes…

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Les arbres reprennent des couleurs! avenue Jean Jaurès, Petit-Quevilly

En nous approchant de ces pieds d’arbre, nous relevons la présence de bouteilles en plastique, canettes, et beaucoup de mégots trainent…Une marche nettoyage est prévue pour ce quartier courant novembre! Pour autant, nous sommes quelques unes à nous être munies de gants afin de ramasser, du mieux que nous le pouvons, ces détritus laissés là, dans l’attente, fort longue, qu’ils se désagrègent.

Petit point pour ces éléments qui jalonnent nos rues, parcs et jardins: la temporalité n’est pas du tout la même.

Screenshot_2019-08-09 Temps de dégradation des produits courants

Alors, nous voilà, plongées, dans la rue François Mitterrand, nous longeons ces espaces vides, très peu exploités comme celui qui se plante devant la bibliothèque et le théâtre de la Foudre (CDN Normandie Rouen). A l’instar de place des Emmurés (Rouen St Sever), nous nous demandons pourquoi ces espaces publics ne sont pas davantage valorisés, animés, occupés par pourquoi pas une terrasse, du mobilier éphémère, un food truck ? Cette partie serait idéale pour réfléchir à une co-construction en termes de programmation culturelle, entre les deux structures. Elle pourrait, en effet, créer un pont pour les publics. Cette petite place est idéale pour y installer un ilot de convivialité!

Nous montons, le long de ces jardinets et maisonnées charmantes et au milieu de cette mixité sociale qui se fait face mais est-elle réussie ? Comment les habitants des immeubles et ceux des maisons se perçoivent-ils? Est-ce qu’ils se parlent alors même qu’ils se croisent ? Un petit focus sur cette rue a été fait lors des articles La voie du mieux # 1 et La voie du mieux # 2

Le square Marcel Paul

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Le square et ses quelques rares fleurs, Petit-Quevilly

Ce jardin est régulièrement pris d’assaut par les enfants car s’y trouvent des jeux, des personnes viennent s’y asseoir, manger, discuter mais l’absence, encore une fois de tables ne leur permet pas de venir se restaurer ou jouer à des jeux de sociétés par exemple. Il est impératif pour un territoire local, à l’échelle d’un quartier mais aussi d’une commune, de comprendre que les conditions de confort sont essentielles, que les lieux doivent être pluriels et permissifs! A noter que les poubelles, sur cette partie de la commune, ne proposent pas le tri, comme nous l’avions déjà évoqué, elles sont certes belles mais…

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Assortie mais hors sujet, poubelle du square Marcel Paul, Petit-Quevilly

C’est alors que munies de nos gants, nous partons à l’assaut de bouteilles en plastique, canettes, boite de tabac en métal, emballages…Nous sommes venues avec notre sécateur pour montrer que les gestes de soin ne sont pas accomplis sur ce jardin. Les petits carrés sont en souffrance par manque d’eau et de taille des fleurs séchées. Nous les coupons et les laissons au sol afin de laisser la nature faire sa suite. En ville, la nature a besoin de nous, de nos gestes, elles ne peut se suffire à elle-même dans des espaces aussi restreints que ces bacs. Nous indiquons que ces plantes sont, pour la plupart, toutes porteuses de graines que nous pourrons très prochainement ramasser.

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Couper, tailler, prendre soin d’une façon citoyenne

Nous croisons sur notre route, une dame, habitante de la commune qui s’avèrera être une source historique inépuisable! Elle était occupée à cueillir des noisettes.

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Les habitants et leur attachement à la commune de Petit-Quevilly

Nous poursuivons nos explications, explorations et autres remarques quant aux espèces que nous avons sous les yeux. La végétation parfois explose, sature et envahit voire étouffe les quelques rosiers.

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Les bacs du Square Marcel Paul

Nous indiquons également que ce square pourrait parfaitement accueillir une fête des voisins ou une animation tant l’espace est découpé en axes de circulation cohérents: une artère principale et des allées parallèles, tout cela loin de la route, des voitures et donc du danger et du bruit!

Les fruitiers sont à la peine, nous remarquons même que des branches ont été cassées, rongées, sans doute par un animal domestique tel un chien…

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Les fruitiers du square Marcel Paul, Petit-Quevilly

Nous sommes venues avec nos provisions de boutures telles que le Chèvrefeuille, un régal pour les oiseaux, nous les distribuons, au même titre que nos graines de Nigelle, SouciLa nigelle // Souci: une fleur généreuse

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Les graines dans leur boite Specific ‘

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Boutures et Ancolie

Une chose nous arrête dans nos réflexions, et nous sommes partagées dans nos ressentis et interprétations. Depuis la question esthétique, pourquoi pas ? Cet arbre est en effet sculpté en siège mais symboliquement, cela nous renvoie à une image de domination de nos ressources naturelles qui trouve un écho terrible dans ces rapports souvent trop utilitaires, par conséquent, réducteurs.

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Qui sculpte quoi ? Qui ? En quoi l’arbre serait un siège ?

C’est la tête dans les arbres et leurs bienfaits que nous continuons notre petit périple de ce dimanche matin sous un soleil agréable et une luminosité tamisée.

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L’arbre en ville, un acteur majeur

TEMPS 2

Nous parvenons à rejoindre la Chapelle St Julien, en faisant encore les mêmes constats, beaucoup d’espaces pas suffisamment fleuris ou enherbés ne permettent pas à la commune d’être une hôtesse d’accueil irréprochable pour la biodiversité ordinaire. Nous savons que, paradoxalement, elle fleurit abondamment des espaces disons visibles  stratégiques mais qu’elle délaisse pas seulement des petits recoins mais des rues résidentielles. Lors de cette traversée des rues, nous déplorons le nombre de poubelles qui explosent en dehors des bacs dédiés, la récurrence de l’absence de tri, l’odeur qui s’en dégage, ce qui ne vient en aucun cas valoriser ces territoires sociaux. Nous savons que les poubelles enterrées ne sont pas une solution si leur rôle est de diminuer le nombre de passages du ramassage. Nous avions déjà pu remarquer que le nombre de bacs était rarement suffisant au regard du nombre d’habitants concernés à la différence hallucinante du nombre de bacs alloué à Seine Innopolis par exemple. Les rues sociales ne sont pas des poubelles, les espaces de partages publics comme les trottoirs, les menus coin de verdure n’ont pas à être des ramassis d’ordures en tout genre encore moins des cendriers à ciel ouvert!

Parc des Chartreux

Avant même de pénétrer au Parc des Chartreux, nous poursuivons nos actions de sensibilisation quant à la flore généreuse présente sur ce quartier. Notre échange interpelle les quelques usagers/habitués du Parc.

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Des graines en nombre offertes par la flore présente, Petit-Quevilly

Les seules fleurs que nous croiserons sont celles-ci. Sachant que la fleur apporte sa touche de féminité, de poésie au lieu, aux espaces…

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Des fleurs très présentes sur la commune, depuis la rue Albert Einstein jusqu’ici!

Le Parc des Chartreux est d’emblée une masse assez dense et verte, étonnamment visitée, ce dimanche, par quatre joggeuses. Pas de fleurs à l’intérieur, pas de table, des bancs le long de l’allée principale et un parcours.

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Parcours dans sa phase finale

Nous réalisons que les bancs sont scellés sur des dalles de béton. Pour ce qui est de l’allée principale, nous remarquons que si nous suivons les endroits sans herbe, nous nous rendons directement à l’extérieur (là, où se trouve une piste et un terrain habité, ce jour, par une population masculine). Nous tournons afin de rester au sein du parc et regrettons que les espaces soient séparés par du grillage, ce qui ne facilite pas une circulation plus libre des publics et qui ghettoïsent les pratiquent au point que celles-ci soient, en ce jour de dimanche, totalement genrées!

Lors de cette excursion, nous ramassons quelques papiers plastiques et emballages, notons que l’éclairage laisse clairement à désirer et que la nature, sans soin ni taille, s’est emparée d’une bonne partie des allées au point que celles-ci soient impraticables!

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L’éclairage perdu du Parc des Chartreux

Ce à quoi, nous ne pouvons nous empêcher de penser c’est qu’en est-il le soir ? Et à l’arrivée de l’hiver pour ces joggeuses ça donne quoi ? Est-ce sécure comme espace ?

Et de cette végétation… Certes, il subsiste des bienfaits pour le sol à laisser les troncs par terre toutefois, les allées réduites, les espaces ainsi non entretenus désignent étonnamment les traces d’un passé où existaient des emplacements pour accueillir des cartels, plaques, indications, informations…

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Végétation & laisser-aller

Nous nous demandons si également dans cette forêt en ville, est-il prudent d’y venir avec ses enfants ou ses animaux ? En effet les herbes folles et hautes font régner l’opacité. Ce qui se dégage de cet espace déshumanisé laisse circonspect. Nous pensons à la maladie de Lyme, par exemple, transmise par la tique. Il faut savoir qu’en France, la majorité des contaminations survient d’avril à septembre.

  • La bactérie responsable est un spirochète, c’est-à-dire une bactérie de forme hélicoïdale, qui répond au doux nom de Borrelia burgdorferi.Les activités conduisant à des contacts avec les tiques représentent le principal facteur de risque de survenue de la maladie : travaux agricoles, promenades en forêt.

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Nous sommes assez surprises de l’état dans lequel se trouve ce parc au demeurant charmant qui donne une impression très nette d’avoir été abandonné par la ville. Nous avions abordé cette notion de ressenti quant à la gestion des espaces dans Hortus Politicus

Avec ce défaut d’informations quant à une volonté réelle de la commune de « laisser aller la végétation à son niveau le plus sauvage », nous ne savons pas si nous sommes face à un désengagement financier faute de jardinier ou face à une autre posture politique. Une politique environnementale repose sur une politique communicationnelle efficiente. Nous avons tous besoin d’informations et de pédagogie pour comprendre. De ce fait, vous mesurer l’intérêt qui était le nôtre de tester ce parc avec nos participantes et d’y tenir un RDV sur la thématique de la place de la femme dans l’espace public rive gauche (le 19/10 à 14h- Évènement FB)

Puis, non loin de la fin de cet atelier, nous nous approchons d’une scénette mémorable parce qu’interpellante.

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Morts d’avoir trop combattu , Parc des Chartreux

Trois versions de l’arbre mort ou presque, se donnent en spectacle, trois morceaux de bravoure se résument en un tronc, une branche et une espèce en piètre état de brunissement…

C’est là, que nous nous penchons pour ramasser des orties, à nos pieds, vives et dans l’ attente…

  • Les vertus de l’ortie sont nombreuses : elle est un très bon diurétique, elle agit contre les douleurs de l’arthrite et des rhumatismes et soulage en cas d’inflammation bénigne de la prostate. Source
  • L’ortie et ses bienfaits
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Séquence Orties

Nous repartons, il est 13H, soit deux heures de bonne humeur, de constats, actions et préconisations qui ne nous laissent pas sans idées et espoirs. Les logiques environnementales trouvent facilement un écho dans le verdissement de nos rues, quartiers, dans nos envies de toucher, de soigner une flore et végétation dont nous ne pouvons nous passer.

Nous vous disons à bientôt pour un autre RDV sur la thématique faune et flore. Avant cela, afin de revenir sur le manifeste de #sitespecific, le prochain article sera dédié à notre dernière action du 7 septembre au Jardin des Plantes de Rouen, à savoir notre 1ère rencontre ‘Specific sur les femmes et la rive gauche!

Toutes les questions sont imbriquées les unes aux autres, qu’elles soient environnementales ou sociétales car ces changements et améliorations vont de pair. Et oui, nous sommes interdépendants depuis nos espaces de partages jusqu’à nos petits quotidiens!

Crédits photos : Cécile Lenormant, IPL.

Isabelle Pompe pour #sitespecific

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La voie du mieux # 2

Suite à notre 1ère expérience de constats et de suggestions d’amélioration réalisée lors de notre La voie du mieux # 1. Nous avons repris les chemins disons les voies de la commune de Petit-Quevilly, avec cette fois-ci, des pistes pour des rues, le Jardin du Cloître, ce dernier a été exploré avec notre action du 27 juillet : Atelier’ specific # 1 (un article entier lui est consacré:Hortus Politicus ) et une approche du square Marcel Paul.

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Des bonnes nouvelles

Avant de commencer, notre trajet de « La voie du mieux # 1″, a été exploré, à nouveau, afin de voir si des choses avaient changé: à notre grande surprise, nous avons constaté que des haies avaient été soignées, une branche morte (Jardin du Cloître)avait été coupée et même qu’un mur avait subi un recrépi avec l’extraction d’une branche qui le perforait! Des éléments photographiés et cités comme des choses à soigner, voir ou sur lesquelles il convenait d’intervenir ont connu des jours plus considérateurs donc.

Alors, avec enthousiasme, nous avons commencé par ce que nous avions sous les yeux, chaque jour, les poubelles de la ville.

Panorama de poubelles sans tri

« Le recyclage n’est pas du tout nouveau en France et c’est Eugène Poubelle qui a instauré, à partir de l’année 1884, le tri des déchets. Il y a (environ) 15 ans, partout en France, tout trouvait sa fin dans la même poubelles recyclage.

En 2007, 3 millions de déchets, surtout des emballages ménagers, ont été recyclés, avec un taux de recyclage de 61%. Selon la directive européenne, ce chiffre a été encourageant, aussi par rapport au taux de recyclage de nos jours.

Le tri sélectif a été mis en œuvre par de nombreux citoyens en France. Tous les français jettent, en moyenne, plus de 374 kg de déchets par année.

Le tri sélectif et le recyclage permettent de diminuer l’empreinte écologique en sauvant les déchets de l’incinération et en leur offrant une seconde vie.

En général, les matériaux consomment plus d’énergie lorsqu’ils sont produits la première fois par rapport au cas où ils sont recyclés. »Le tri sélectif en France

Sauf qu’ici, dans notre commune de la rive gauche rouennaise, nous y avions cru avec cette poubelle à deux entrées installée tout près du magasin Carrefour (Avenue Jean Jaurès). Puis, nous nous sommes penchés, les deux trous correspondaient en fait au même sac…Raté.

Poubelle Petit-Quevilly, « Fausse bonne nouvelle », Carrefour avenue Jean Jaurès

Nous avons alors poursuivi notre quête de poubelles qui proposent le tri. Nous avons parcouru les rues, observé les design, les formes et les couleurs, toutes différentes mais toujours pas de poubelles à tri sélectif!!

Poubelle du square Marcel Paul, Petit-Quevilly en 2019

Une poubelle ci-dessous assortie au mobilier urbain de son jardin d’inscription (Jardin du Cloître). Pour rappel, cet espace vert a été restauré et aménagé en 2013. Il semble aberrant qu’un effort n’ai pas été fait dans le sens du tri pour les usagers, passants qui viennent s’accorder une pause déjeuner ou encore pour les canettes, les bouteilles en plastique et autres sacs…Ne parlons pas des mégots, ni du verre! Il nous faudra organiser une séance de clean walk sur cette commune, c’est certain!

Poubelle Jardin du Cloître, Petit-Quevilly, 2019

Un design qui a de l’allure mais encore à côté de la plaque niveau recyclage! Comment peut-on espérer que les habitants fassent correctement le tri chez eux si la ville elle-même ne donne pas l’exemple?

Idem, plus verte, plus moderne, autre style mais pas de tri proposé à l’horizon!

Poubelle rue Victor Hugo, Petit-Quevilly, 2019

Une poubelle assortie au décor, au mobilier urbain qui se veut esthétique mais qui n’a pas saisi pleinement son rôle, on dirait!

Poubelle corbeille rue Victor Hugo, Petit-Quevilly

Une poubelle de ville, pour quiconque s’est déjà rendu en Allemagne ou en Suisse, ça ressemble à ça:

Ici, à Genève

Ici, en Allemagne

Bref, les couleurs sont, cette fois-ci, usuelles, claires, elles sont visibles car ne se fondent pas dans le paysage au point de les chercher. Elles sont assorties de motifs, de formes. De ceci émane une cohérence! Et c’est tout ce que nous demandons. De la clarté dans les informations, qu’elles soient toutes les mêmes et les gestes seront peut-être, qui sait, plus naturels!

Le tri s’effectue, ici, par la SMEDAR dont voici toute la documentation, vous pourrez y consulter tout sur le tri sélectif, le gaspillage alimentaire, le compostage…

 

Les pieds d’arbres

Poursuivons nos pérégrinations côté pieds d’arbres, enherbés ou fleuris… Nous prenons la rue François Mitterrand, Joseph Lebas, ou encore la rue Chevreul soit trois rues dans un périmètre de 500M.

Les pieds d’arbre rue François Mitterrand, Petit-Quevilly

Voyez-vous, comme nous, cet espace non utilisé ? Le fond est fleuri mais le reste est tondu, brulé et inerte, le mot biodiversité pourrait signifier symboliquement, pour une commune, que le moindre m² est à aménager, à valoriser dans le respect de la faune et de la flore.

Rue François Mitterrand, Petit-Quevilly, 2019

Vous voyez, comme nous, ce terre-plein. Quelques m² qui paraissent insignifiants pour certains, quelques pieds d’arbre qui ne sont pas valorisés, une herbe tondue, grillée, un sol épuisé que l’on abîme, que l’on contraint, voilà ce que nous pouvons améliorer.

Nous pouvons nous rendre rue Chevreul, pour tomber nez à nez avec des efforts non négligeables, certes tout est vert mais…

Rue Chevreul, Petit-Quevilly, 2019, pieds d’arbre

La pelouse est trop tondue, usée jusqu’à la couenne, et le peu d’ombre ne vient pas l’aider, il est vrai, cependant, cela fait plaisir d’assister à cette brève séquence de rue tout en gardant à l’esprit que cette herbe et ce vert pourrait connaître des jours meilleurs avec des améliorations et des efforts constants.

Revenons, en arrière, vers le derrière de la rue François Mitterrand.

Rue Joseph Lebas, espace vert privé ou public ? Petit-Quevilly

Dans le quartier des Lebas, il existe de nombreux espaces verts privés, abandonnés ou non entretenus et des espaces comme celui-ci, où encore, une fois, pourrait s’épanouir une multitude d’espèces faciles d’entretien, à même de ne pas permettre les déjections canines en nombre considérable!

La perception d’un espace végétalisé souligne un entretien qu’il convient de respecter, pas si sûr… Toutefois, tout à côté subsistent des ilots d’arbres, rosiers et autres plantes envahis par le lierre et non taillés qui se voient offrir des vélos pour enfants, des trucs divers, et oui, ici, les choses on les jette car ça ne se voit pas! Le geste n’en demeure pas plus anobli mais il passe inaperçu, puis, est oublié…Responsabiliser!

La responsabilité du geste est une grande affaire de pédagogie plus que de sanction.

L’amende ne fonctionne pas, ce qui est interdit ici n’est pour autant jamais verbalisé, de plus, l’impression d’un endroit laissé à son libre devenir engendre des actes irresponsables. C’est ainsi que se poursuit la pollution et la non valorisation, le gaspillage.

Les déchets jetés mettront des mois, des années voire des siècles à se détériorer. Ils cristallisent, à eux seuls, une époque individualiste où l’écho du traitement, du geste, en soi responsable va de pair avec la vigilance. Personne ne vient, personne ne surveille, ne veille se traduit pas un « on s’en fout ».

Le défaut de poubelles n’aide pas. De surcroît, il est, quotidiennement, facile, de repérer un nombre de bacs collectifs insuffisants, de voir les ordures non triées dégueulées, cela malgré les fortes chaleur.

La propreté c’est certes l’affaire de tous mais considérer les gens avec respect en leur permettant d’avoir de bonnes conditions pour jeter, avec un affichage clair et cohérent pour tous, des poubelles propres elles aussi et des ramassages plus réguliers cela peut aider.

 

Le Jardin du Cloître et ses possibles

Jardin du Cloître et sa gestion de l’eau

Au sein de cet espace végétalisé, la nature présente une souffrance, manque d’ombre, manque d’eau, une taille est effectué mais de trop nombreuses fleurs type rosiers ne sont pas aidés, les jeunes arbres pas suffisamment arrosés, bref, des choses voire beaucoup de choses sont à redire sur ce jeune jardin âgé de 6 ans! Trop peu de logique: pas de poubelle de tri, pas de composteur collectif alors même qu’il existe un endroit taillé sur mesure!

Carré de verdure pouvant recevoir un composteur collectif, Jardin du Cloître, Petit-Quevilly

Ce carré est parfait en termes de dimension, caché si tant que la question de l’esthétique soit encore de mise pour la commune. Mais rien, à l’intérieur de cet espace n’a prit forme!

Jardin du Cloître, la mise à nu

Rappelons que ce jardin représente 9000 M², que l’impression qu’il peut laisser c’est une vision nue de la nature. La faune comme la flore peinent à se frayer un chemin de vie, à subsister, là où peu de conditions sont créées pour accueillir des espèces d’oiseaux, une flore jachère, mellifère, où l’homme lui-même voit sa place debout en plein soleil ou relégué sur les bancs mal placés, peu ombragés et inconfortables.

La taille des espaces

9000 m ², Jardin du Cloître, Petit-Quevilly

Une impression d’immensité, de rase campagne, de champ, à perte de vue, surtout d’un jardin qui peine à trouver sens et objectivité à l’aune des enjeux du changement climatique.

Une sensation d’espace perdu, Jardin du Cloître, Petit-Quevilly

Autant de m² disponible représente une aubaine pour tout écologiste qui se respecte pour autant pas de mise en partage, pas de proposition de valorisation, d’appropriation collective.

Ce jardin sert à la commune de cadre, de support, pour l’organisation de jeu de piste à l’occasion des journées du patrimoine: « Les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 septembre 2019 aura lieu la 36ème édition des Journées du Patrimoine à Le Petit Quevilly dans la Seine-Maritime, dont la thématique est Arts et divertissements. »source

De ces actions ponctuelles, nous nous disons pourquoi pas mais le patrimoine c’est au quotidien qu’il doit servir, à ses habitants, à la vie de sa commune, de surcroît un patrimoine vert. Ce qui irait enfin tordre le cou à ce concept de « supériorité » du patrimoine. Cette idée que ce dernier serait tellement éloigné des hommes, quasi, intouchable qu’il ne pourrait qu’être célébré, valorisé et dont on entendrait parler qu’une fois par an, avec pour la commune; la sensation d’un devoir accompli et de pouvoir être en paix!

Un gaspillage, voilà ce qu’il ressort de ces visites au cœur de cet espace qui pourrait changer tellement la donne, être habité, occupé, se présenter comme un hôte d’exception pour la biodiversité ordinaire!

ici, les bacs certes vilains mais délaissés alors qu’il sont propices à la gestion collective du fleurissement et de l’enherbement.

Haro sur les contradictions: Le Jardin du Cloître et ses chiens , Petit-Quevilly

En outre, le jardin régulièrement miné par les déjections canines est pourtant interdit aux chiens, quelle cohérence alors avec cette mise à disposition de sacs ? D’autant que non, les propriétaires de chiens ne s’en servent pas, la pelouse c’est sans doute mieux mais ceci empêche toute marche sur l’herbe sans parler des pauses pique nique.

L’eau, alors qu’elle est maîtresse des lieux dans cette région est mal gérée, pas de quoi la récupérer, la stocker, s’en servir…Et c’est le sentiment d’un immense gâchis qui refait surface.

C’est pour l’eau ? Jardin du Cloître, Petit-Quevilly, 2019

Nous ne savons pas si cette « sortie » est un chéneau toutefois si c’était le cas, comment est-ce possible qu’il soit installé de telle sorte qu’il soit inutilisable ?  L’eau est certes abondante dans la région mais ce n’est en rien une ressource inépuisable.

Par contre, dans les rues de cette commune, nous pouvons entendre régulièrement, les tondeuses, les souffleurs de feuilles…Des initiatives existent, par ailleurs, en termes de gestion éco responsabilités afin de mettre fin à la brutalité de ces états d’esprit et de ces pollutions et nuisances…

De plus, ici l’ association « Cheval en Seine » a proposé la traction animale pour le transport scolaire, elle met à contribution ses services dans le transport mais aussi dans la collecte de déchets, pourquoi pas l’entretien et la gestion des espaces verts des communes ?Traction animale Rouen

Relisez un temps: Petit-Quevilly & les feuilles mortes

Reprenons notre voie du mieux # 2 et dirigeons -nous vers le square Marcel Paul, soit tout à côté…Sachant qu’un article lui sera dédié suite à notre Atelier’Specific # 2 du 1er septembre dont le thème était: L’arbre dans la ville. Nous postons cette unique image qui devrait fonctionner sur vous comme le jeu »chercher l’erreur »…Observer les arbres, le sol, le bac, son contenu, l’effet que cette photographie produit sur vous est de quel ordre ? Une chose est sûre, il est davantage occupé par les habitants!

Square Marcel Paul, Petit-Quevilly

A très bientôt donc…

Isabelle Pompe pour #sitespecific

 

 

 

Biodiversité ordinaire

Agir localement, depuis nos balcons, bords de fenêtres, cours extérieures ou encore jardins, permet de lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité. Ce type d’actions ne nécessitent pas beaucoup d’efforts et ne coûte pas très cher. Être sensible à son environnement c’est agir pour soi, et puis, la main verte, soyez tranquille, c’est comme tout, ça s’apprend!

Valoriser nos espaces privés commence avec soi et peut se poursuivre en actions et pédagogie pour valoriser nos espaces communs!

Nos rues, quartiers et communes ne valorisent pas encore suffisamment certaines initiatives mais ce n’est pas une raison pour ne pas nous emparer du sujet « biodiversité ordinaire ». La nature est très résistante mais régulièrement appauvrie, elle est en proie à la raréfaction de ses espèces. Elle peut néanmoins parvenir à se « rétablir ».

Il n’y a pas d’espace perdu pour la biodiversité

 

Changer les choses simplement c’est possible

Pour cela, il faut prendre connaissance voire conscience des règles de base, nous pouvons tous intervenir à notre échelle.

  1. La biodiversité n’aime pas l’uniformité
  2. Redonner une place à la nature (créer des habitats pour les espèces)
  3. Comprendre que chaque m² compte
  4. Opter pour un type de fleurs (plantes indigènes pour attirer les abeilles sauvages, les papillons et les insectes et leur fournissent de la nourriture grâce à leurs fleurs. )

« Déserts de béton, corrections de rivières, monocultures: nous, les êtres humains, modifions de plus en plus la nature. Nos interventions conduisent à une uniformisation de l’environnement et à une perte de diversité biologique. »source

Nous devons observer et intérargir

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Petit-Quevilly (rue François Mitterrand)

 

Comprendre que ce type de spectacle ne peut perdurer est essentielle car chaque m² peut être valorisé dans le sens de permettre à la biodiversité d’être accueillie dans toute sa diversité. Au même titre que la réinstallation de fleurs, d’herbes et donc de faune peut nous faire du bien au moral, embellir, apporter du sens à nos petites actions, permettre de sensibiliser le jeune public et surtout mesurer l’importance de notre rôle.

Commençons par nos balcons

Tous les espaces pourraient de venir des ilots de nature…Comme l’extension de nous-même, nos espaces privés peuvent prendre vie et recevoir des micro-écosystèmes quasi autonomes.

« La biodiversité s’installe partout où l’on veut bien l’accueillir, et cela même au cœur des villes. Chaque espace, aussi petit soit-il, peut être un refuge pour la faune et la flore. »source

  •  « C’est agréable de voir les couleurs sur le balcon ainsi que les abeilles, bourdons et les petits oiseaux qui toquent à la fenêtre ». Et c’est tout un cortège d’espèces qu’elle voit défiler sur ses quelques mètres végétalisés, notamment de beaux oiseaux comme la pie, la Mésange bleue ou encore le Verdier d’Europe. Elle a pour projet de semer de nouvelles graines pour attirer les petits insectes sur son balcon. »

Beaucoup d’avantages:

  • grande variété de végétaux disponibles,
  • entretien réduit, pas de travaux difficiles,
  • pratiquement pas de lutte contre les mauvaises herbes,
  • jardinage rapidement gratifiant,
  • coût abordable.

« Sur un balcon, on peut tirer parti du moindre espace disponible pour faire pousser des plantes fleuries, mais aussi des arbustes, des grimpantes ou même des fruits et des légumes. » source

Initiative NOE

Aménager son balcon

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« La biodiversité ordinaire, celle des villes et des jardins, des prairies et des mares et bien entendu, celle des nuits où règnent les deux-tiers des espèces animales, peut être restaurée et préservée au quotidien. »Source

Le guide pour accueillir la biodiversité au balcon permet de tout saisir ou presque sur les enjeux de nos actions en ville!

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Entrer une légende

En une soixantaine de page, on vous explique ce à quoi vous contribuer, des focus sur le lombricomposteur, le paillage…Des fiches techniques, les actions par saisons, les oiseaux, coccinelles, insectes, ce que vous pouvez construire vous-même (de la jardinière à tous types d’abris…)Bonne lecture découverte!! GUIDE-Balcon-web

Les abris selon NOE

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Le projet #sitespecific s’emploie à mener à bien des actions de sensibilisation en faveur de la biodiversité en ville. Ses ateliers, (article consacré à son 1er atelier : Hortus Politicus) ou encore  » La voie du mieux # 1 » vont dans ce sens mais ce n’est pas fini!

Des idées émergent depuis les observations aux actions à mettre en chantier… Bref, un automne 2019 qui s’annonce haut en valorisation de nos espaces privés et publics!

Les initiatives de #sitespecific sont le fruits d’une rencontre avec la nature, actuellement et ce depuis depuis 5 ans, depuis un jardin eurois (3000 m²) aux plantations diversifiées à un balcon quotidien quevillais.

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Un jardin, des jardins, un amour d’autodidacte

Les particularités de l’hiver

 » Privilégier les plantes locales résistantes à l’hiver

« Beaucoup de plantes exotiques attractives et colorées sont proposées dans les jardineries, cependant, les plantes qui s’adaptent le mieux aux conditions que vous lui offrez et résistent donc mieux à l’hiver sont celles qui poussent naturellement près de chez vous. De plus, vous établirez une continuité de paysage avec les espaces naturels environnants. »

Cependant une plante bien protégée (au 1er plan, un Bougainvillier) peut passer l’hiver sans trop de difficulté sur le balcon.

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Balcon en territoire social

Vous pourrez découvrir comment agir pour la biodiversité en hiver, avec quelques conseils ici

Mon balcon peut devenir un refuge LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux)

« Le balcon est le premier espace « d’air libre » au cœur de la ville. Souvent utilisé comme zone de repos en continuité de l’habitation, cet espace est synonyme de convivialité. Avec un peu de bon sens, il est  possible d’accueillir la nature sur un balcon, même en ville : oiseaux, chauves-souris, insectes, plantes… »source

Poursuivons avec les espaces verts de nos immeubles

Améliorer la gestion de nos espaces verts, les embellir, les rendre plus éco responsables, tout cela est possible! Un guide a été conçu par le Groupe de Diffusion d’Informations sur l’Environnement (GDIE) en Juillet 2013 source pour valoriser les pratiques écologiques spécifiques guide GDIE 

 » Vous y découvrirez notamment comment accueillir les oiseaux, changer certaines pratiques de plantation, de tonte ou de désherbage pour favoriser la faune et la flore, éviter les traitements chimiques, installer un composteur collectif, économiser l’eau…

Les actions présentées, en plus de favoriser la biodiversité et de permettre une utilisation des espaces verts respectueuse de l’environnement, sont généralement simples à mettre en œuvre, peu coûteuses, voire génératrices d’économies. Elles participent le plus souvent à l’amélioration du cadre de vie des résidents. »

Bel fin d’été et bon week-end du 15 août! Nous nous retrouvons le 1er septembre avec la question de la place de l’arbre en ville ( Atelier Specific # 2 – FB)

Isabelle Pompe pour #sitespecific le 13 août 2019.

 

 

 

 

 

 

 

La voie du mieux # 1

La Voie du mieux est une façon très simple d’avancer des pistes et des axes de réflexion depuis des parcours pédestres spécifiques.

L’idée ?

Choisir un trajet court, observer, constater et proposer des améliorations! Les circuits/Itinéraires se dérouleront tous sur la rive gauche rouennaise, de préférence en milieu urbain. Cette initiative n’est pas sans rappeler les Ateliers ‘ Specific qui voient les jardins comme des espaces politiques où la question du ressenti et des pratiques font partie intégrante de la rencontre.

L’objectif commun à ces deux propositions ?

La biodiversité. La servir au niveau local le mieux possible en maximisant les actions de sensibilisation et privilégier l’effort continu pour valoriser nos espaces!

Un 1er trajet comme un 1er épisode

La commune retenue est celle du territoire d’inscription du projet, Petit-Quevilly. La saison sera prise en compte également. Ici, pour cette première Voie du mieux, c’était hier, le vendredi 9 aout 2019. Les photographies ont donc toutes été prises ce même jour.

Les rues correspondent à une petite marche – Rue Victor Hugo, BD Charles De Gaulle et rue Albert Einstein. Les images vont se succéder dans l’ordre inversé du chemin, nous commencerons donc par la fin.

Biodiversité et gestion éco-responsable correspondent aux valeurs défendues par #sitespecific. La prise en compte de la gestion des espaces publics, des trottoirs, des pieds d’arbres, des haies, du tri (poubelles) et des autres espaces seront ici traités.

Rue Albert Einstein

Les pieds d’arbre

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Rue Albert Einstein, état du pied d’un d’arbre

Sur cette rue, le constat est amer, les arbres sont tous dans cette situation, leurs pieds sont très rarement végétalisés voire fleuris.

Vous noterez que les poubelles (cela sera le cas tout au long de notre route) ne permettent pas le tri sélectif.

Trames vertes urbaines

« L’enherbement et la végétalisation sont encouragés d’autant qu’ils pourraient contribuer à une trame verte. « Pieds d’arbre, trottoirs et piétons : vers une combinaison durable ?

Les pieds des arbres d’alignement pourraient jouer le rôle de corridor biologique. Ils sont en effet très présents dans le cœur dense de nombreuses villes occidentales et forment déjà par leur houppier une juxtaposition de petits espaces favorables à la faune. Il pourrait en être de même pour leur base où s’exprime une certaine diversité des plantes (Maurel, 2010- De l’introduction à l’invasion : les plantes exotiques en milieu urbain. Thèse de doctorat en écologie, Muséum national d’histoire naturelle.)

Après la grille, les pavés de blocage, les cuvette, depuis quelques années, un autre genre de pied d’arbre est venu enrichir cette typologie : le pied d’arbre enherbé.

  • Paris, un statut à l’herbe

Un élu parisien, en 2005, souligne qu’il convient de faire un « effort sur le patrimoine naturel (végétalisation des espaces et du bâti, préservation de la continuité et de la diversité biologiques, adoption de la Charte régionale sur la biodiversité, réalisation de 30 hectares d’espaces verts nouveaux d’ici 2007). source

  • Auxerre, des plantes protègent les arbres

« Les pieds d’arbres deviennent des lieux d’expérimentation de cette diversité urbaine « en laissant la végétation spontanée se développer […] ou au contraire en faisant des semis, en implantant de la végétation, en végétalisant d’autres façons » Auxerre Magazine, Des plantes protègent les arbres, 2009.

Le but premier de la végétalisation est de protéger les pieds d’arbres des agressions urbaines (piétinements, stationnement, urine, jet de détritus, etc.) tout en créant un bel aspect visuel.

  • L’herbe, une question culturelle ?

Loin de faire l’unanimité, l’herbe peut parfois être perçue comme source d’enlaidissement ou signe d’un laisser-aller. Cette opération nécessite la mise en place d’informations aux populations afin que celles-ci comprennent les volontés des communes de favoriser le végétal. Cette démarche nécessite un accompagnement et une sensibilisation des citadins au respect de cette végétation.

En outre, ces micro-territoires peuvent aussi permettre de véritables expérimentations comme la mise en place de bande stabilisée enherbée ou encore offrir aux habitants l’occasion de créer un micro jardin en pied d’arbre.

Hanovre

Hanovre – Source source

 

amsterdam

Amsterdam – Source idem

Revenons à Petit-Quevilly, et poursuivons. Tout près, nous pouvons constater une autre spécificité du quartier du centre commercial des Bruyères: la présence trop grande accordée encore au béton. Le rond-Point paraît austère par son manque de gaieté et de couleur.

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Rond point rue Albert Einstein- CC les Bruyères

  • « La France détient le record du monde du nombre de ronds-points – six fois plus qu’en Allemagne ! On estime qu’il existe environ 30 000 ronds-points, et que 500 nouveaux sont inaugurés chaque année pour un coût, pas vraiment modique, de 200 000 à 1 million d’euros selon la complexité de l’ouvrage et le prix des parcelles à acheter » . source

L’aspect esthétique de cette proposition de petite place ronde n’est pas des plus réussi. Partons du principe que, de par le fait que ces voix sont empruntés par des bus, il semble nécessaire de ne pas installer, en son cœur, un arbre trop encombrant au vue du volume et des racines.

L’intérêt du Buis ( Buxus) ?

Le buis est, en raison de sa croissance lente, le roi des arbustes persistants pour former des topiaires ou des haies plus ou moins compactes, d’entretien facile, car il ne réclame que deux tailles, assez légères, par an. Le buis est un arbuste mellifère, en effet, la floraison du buis est fort discrète. Mais lorsque l’on ne reconnaît pas son odeur typique, on peut la repérer au bruit : un brouhaha d’abeilles, bourdons et autres pollinisateurs. Le nectar du buis est en effet très recherché de ces insectes qui font également leur miel du suc qu’exsudent les fruits. Cependant, cet arbuste est très sensible à un fléau: La pyrale du buis (Cydalima perspectalis). « Ces dernières années, la situation a fortement évolué: les populations de pyrales du buis ont augmenté de façon exponentielle. C’est une véritable invasion dans certaines régions. »

Pour pallier à cette maladie, il est possible de respecter la biodiversité!

  • « Installez des nichoirs adaptés pour accueillir les prédateurs de la pyrale du buis. Lors de son arrivée sur le territoire, la pyrale du buis ne connaissait pas de prédateurs naturels. Les chenilles accumulent en effet des toxines en se nourrissant sur le buis, la rendant peu appétente. Néanmoins, certains oiseaux s’avèrent désormais des prédateurs occasionnels, comme la mésange, le moineau ou le pinson. Vos poules pourront vous aider, mais jusqu’à une faible hauteur. Les guêpes et les frelons s’en nourrissent également. De leur côté, les chauve-souris consomment les papillons. Aidez-les en leur donnant les moyens de nicher ! « source

Nous reprenons la rue en direction du BD Charles de Gaulle. De gauche à droite, nous allons constater des possibilités non empruntées par la commune. Du fleurissement aux herbes folles voire prairie manquent à l’appel.

Voici, un renfoncement de la rue, fait-elle partie de l’espace public ? Est-elle une voie privée ? Il ne nous semble pas. Nous découvrons donc cet espace non valorisé, optimisé pourtant propice au jardinage.

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Rue Albert Einstein

Puis, comme une trame végétale, nous allons croiser des petits ilots verts et haies plus ou moins entretenus. Ici, des rosiers qui auraient besoin d’un petit rafraichissement, la taille et autre coupe sont nécessaires pour donner de la vigueur à la plante. Une fois coupées, elle refleuriront, les laisser ainsi engendre une fatigue pour la flore. Cette rue donne envie de se promener sécateur à la main et poubelles afin de ramasser les canettes, bouteilles en plastique, papiers et autres détritus jetés ou envolés…

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Bosquets rue Albert Einstein

  • Petit rappel

Ensuite, nous croisons, dans une petite impasse, ce bac. Retravailler, nettoyer, bref autant de choses que celui-ci nous permettrait de faire dans le cadre des jardins partagés. Inclure ces bacs dans le cadre du fleurissement de la ville par les habitants pourrait être une bonne initiative.

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Un bac à l’état sauvage, impasse

Vers le bas de la rue, nous faisons l’expérience de découvrir un espace vert, un petit lopin qui pourrait bénéficier des soins d’un jardinier amateur! Une grille marron et de chaque côté, deux beaux espaces à végétaliser.

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Espace côté droit, rue Albert Einstein

Cette proposition de végétalisation sera faite au projet « Jardin partagé de Petit-Quevilly ». En plus de participer à l’embellissement de la rue, l’aménagement de ces petits terrains apporteraient une image valorisée au quartier. De plus, prendre soin des plantes c’est prendre soin de soi!

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Côté gauche, rue Albert Einstein

Nous longeons cette rue, viennent ensuite les différentes haies, touffes, bordures…la canicule montre encore et toujours ses dégâts sur les espèces. Même si la résistance des plantes autonomes parait normale, d’autres ont connu soit la maladie soit le manque terrible d’eau. L’envie d’intervenir sur ce petit monde végétal se fait à nouveau sentir lorsque nous voyons cela!

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Rue Albert Einstein

Après les quelques sauges, ce sont les petits sapins qui entrent en scène, certains ont malheureusement souffert et les dégâts sont encore visibles. Au regard des plantations, il convient de toujours préférer la diversité car les haies variées sont naturellement plus résistantes que celles prenant appui sur une seule et même espèce.

Chaque espèce de conifère peut être affectée par des maladies ou des parasites, dont les attaques sont susceptibles d’entraîner l’affaiblissement, voire la mort de ces végétaux ligneux. La parade ? Glissez ces arbres, couvre-sol ou arbrisseaux persistants dans des haies diversifiées. source

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  • Phytophthora

Nous pensons à la maladie du brunissement des conifères. « Elle peut faire son apparition à tout moment de l’année. Elle début généralement par une pourriture (nécrose) du collet, trahissant un problème souvent invisible, et pour cause puisqu’il est souterrain, une pourriture des racines. En conséquence, sur les parties aériennes, des rameaux entiers brunissent puis sèchent progressivement jusqu’au dépérissement total du conifère. Le mal qui se cache derrière cette redoutable maladie se nomme Phytophthora. Longtemps classée parmi les champignons, cette famille d’organismes microscopiques est désormais groupée avec différentes espèces d’algues. La dissémination aérienne du Phytophthora le rend d’autant plus redoutable : il lui faut en effet très peu de temps pour contaminer une haie entière. »source

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Les conifères de la rue Albert Einstein

Cette partie finale de la rue offre également l’occasion de voir avec un très plaisir le potager, verger et vigne exploser en propositions gustatives implantés juste derrière!

Boulevard Charles De Gaulle

Enfin, nous prenons à droite, nous nous trouvons désormais sur le BD Charles De Gaulle. Les questions de l’emplacement d’un banc (face à la rue) ou encore les pieds d’arbre…Ici, bétonné.

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Pied d’arbre – BD Charles De Gaulle

Nous prenons le trottoir d’en face, après avoir constaté l’état disons correct de la haie qui se trouve à notre droite ponctuée de bambous. Nous remarquons les trois parterres très bien fleuris et entretenus qui font office de croisement.

Rue du Général Foy

Juste un peu après, devant l’École Jean Jaurès, nous distinguons, une haie basse jaunie en souffrance. De même que nous examinons des micro- territoires situés tout devant. Ils pourraient être l’occasion de tester avec les enfants les joies des fleurs ou pourquoi pas du potager!

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École maternelle Jean Jaurès, rue du Général Foy

Rue Ursin Scheid

Nous prendrons ensuite, à droite, la rue Ursin Scheid. Les surprises de cette voie viendront des particuliers…En effet, après avoir cette somptueuse glycine, nous tombons face à face avec un aménagement basé sur le recyclage de palettes, de pots, de fleurs, cela fait du bien de constater que certains ont réellement envie de tester, de créer…

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La Glycine – rue Ursin Scheid

  • « La couleur et l’odeur particulière de cette plante nous attire. Focus sur la glycine, plante ornementale que l’on trouve aussi bien chez les particuliers que dans l’espace public. En général sa présence ou sa taille, tout autant que sa couleur ou son odeur, ne passent pas inaperçues. Elle attire fortement les insectes, pollinisateurs, et notamment les bourdons qui viennent s’y poser et s’y régaler au sortir de l’hiver. Fleurie d’avril à juin, la glycine est une plante de la famille des légumineuses ou Fabacées. Le genre Wisteria compte 10 espèces de grimpantes, originaires d’Asie et des États-Unis. Offrant un épais feuillage, selon les espèces et cultivars, les fleurs sont violettes, bleues ou blanches. Elle est arrivée en France en 1816. » source

Rue Victor Hugo

Nous tournons ensuite à gauche, rue Victor Hugo, là où nous étions passés lors du rallye-photo « La rue est une mine d’or » (organisé en mars 2018), tout à côté du Kaléidoscope (lieu protéiforme des Copeaux Numériques). Nous relevons la présence, déjà constatée depuis plusieurs mois, d’un terrain clôt qui comporte par ailleurs encore des gravats et des produits…Par le passé, se trouvait, ici, une maison et sa petite dépendance, démolies depuis.

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Vue d’ensemble, rue Victor Hugo

Lorsque l’on pend la mesure de ce que nous pourrions faire en termes de nettoyage, de végétalisation le long de ses murs et de fleurissement, on reste pensif voire rêveur! Cela ferait du bien à ce quartier qui souffre d’une sur représentation des voitures.

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Petit gros plan de ce terrain abandonné visiblement avec au fond à gauche, un entassement de produits du type peinture, détergents…( à surveiller de près)

Enfin, nous enchainons notre Voie du mieux épisode 1 avec une petite prise de vue de l’accès au jardin de la Chartreuse St Julien appelé aussi Jardin du Cloître (lieu de l’Atelier ‘Specific # 1 dont voici le détail: Hortus Politicus

Cette image souligne un manque de gaieté et de fleurs, le long et de chaque côtés, parfois s’installent des personnes car elles peuvent bénéficier de l’ombre de l’édifice. Le petit enclos où se trouve la grille « Jardin.. » sera un endroit suggéré pour le déplacement des bacs collaboratifs à fleurir placés, actuellement, en amont du jardin.

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Un autre accès du Jardin du Cloître.

Nous resterons concentré sur le côté droit du trottoir où la végétation, notamment, les arbres reprennent sérieusement leurs droits.

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« En règle générale, il est recommandé de ne pas planter trop près d’un mur de façon à pouvoir intervenir derrière l’arbuste, pour l’entretien, la taille, mais aussi l’arrachage des éventuels semis naturels d’arbres en pied de mur qui seraient à terme très dommageables. Il convient d’éviter les arbustes drageonnants (sumac de Virginie, la plupart des bambous, Hippophae…). L’arrachage des repousses ligneuses directement en pied de mur est en effet problématique. Il est prudent aussi d’éloigner suffisamment les arbustes dont la souche s’élargit avec l’âge comme les spirées ou les noisetiers… »source

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Arbre et mur – Rue Victor Hugo

Notre Voie du mieux touche à sa fin, nous nous arrêterons avec le CAUE 76 et sa végétation grimpante qui malheureusement ne court plus sur murs.

  • Le lierre

« Le lierre est une des rares plantes grimpantes à feuillage persistant. Très rustique et d’une vigueur exceptionnelle, il pousse rapidement dans le jardin, et s’adapte bien à la culture en pot à l’intérieur. Peu exigeante, cette liane tous terrains pousse dans toutes les régions de France et est idéale pour couvrir les murs, les clôtures ou les sols. Les éco-jardiniers y trouverons une plante très mellifère par sa floraison automnale abondante, pour le plaisir des abeilles et autres insectes pollinisateurs. De plus, elle est parfaite pour la nidification des oiseaux!

 » Le lierre est un véritable écosystème à lui seul car il abrite et nourrit un nombre incalculable d’insectes et animaux et participe à l’équilibre de l’environnement. Ce n’est pas un parasite car il se fixe à un support ( mur ou arbre) par des ventouses non absorbantes, contrairement au gui qui pénètre l’écorce des arbres pour se nourrir de leur sève. Ses racines sont superficielles et ne concurrencent pas celles des arbres qui elles, vont chercher plus profondément leur nourriture. » Le lierre, un trésor méconnu

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La mort du Lierre du CAUE 76

Voilà, c’est terminé, nous nous retrouverons pour une autre proposition de  « La voie du mieux » prochainement!

 

Isabelle Pompe pour #sitespecific, le 10 Aout 2019.

 

 

 

 

 

 

 

Hortus Politicus

« De nos jours la végétation, par opposition au minéral, occupe une place importante dans le tissu urbain des villes occidentales. Elle est de plus en plus désirée par les urbains pour leur permettre de supporter la ville, de l’accepter dans leurs pratiques et usages quotidiens. Les espaces verts sont des lieux de détente et de récréation, prisés par les citadins (Emelianoff, 2007; Da Cunha, 2009) » Les espaces verts urbains : étude exploratoire des pratiques et du ressenti des usagers

Vous pouvez consulter notre précédent article sur le  Territoire extra-local & Environnement

« 7 Français sur 10 choisissent, aujourd’hui, leur lieu de vie en fonction de la présence d’espace vert à proximité de leur habitation (UNEP/ Programme des Nations Unies pour l’Environnement, 2008)« .

#sitespecific a organisé son 1er atelier consacré à la problématique de la « faune et de la flore en ville » le 27 juillet 2019 dans la commune de Petit-Quevilly.

Un jardin est aussi un miroir à plusieurs facettes dont celles des politiques locales et environnementales des communes mais également celles d’une nature humanisée dans sa gestion, d’une société dans ce qu’elle saisit comme enjeux.  C’est ce qui est spécifié par ce titre, Hortus Politicus – Jardin politique dans l’esprit de l’émission de France Musique « Musicus Politicus » car à l’instar de la musique, tout jardin pourrait être politique.

 

Prévenir est plus efficace que guérir

 

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Une vue du jardin du Cloître //  Petit-Quevilly

Atelier ‘ Specific

Ces propositions de rencontre résultent d’interrogations sur les liens entre le vivant et les urbains. Elles participent à cette ambition de reconquête d’un territoire commun. La biodiversité est au cœur des questions environnementales. Agir pour la biodiversité autour de nous fait partie des objectifs premiers du projet #sitespecific.

Les quelques principes de ces ateliers

  •  Fonctionner « in situ »
  • Questionner, conjointement, les espaces verts publics.
  • Discerner les qualités et les défauts pour se remettre à la biodiversité.

Atelier’ Specific # 1

Préambule

« Abordons ensemble la faune et la flore, en ville, dans nos parcs & jardins comme celui de la Chartreuse Saint-Julien de Petit-Quevilly. Ce dernier, ponctué de plantes médicinales, condimentaires et de fruitiers, s’étend sur plus de 9000 M² et propose également un parcours historique. »

  • Un exercice collectif sur la question de la perception.
  • Un temps de rencontre pour confronter les regards, les points de vue, inviter à réagir.

 

« Choisir la voie du mieux »

 

Modalités

A partir d’un partage d’expériences, ce 1er RDV souhaitait interroger les conditions d’existence de la faune et de la flore en ville, ce, en nous installant au sein d’un jardin de la ville de Petit-Quevilly. Ensuite, se pencher sur la conception de cet espace végétalisé et sur les possibles qui lui sont offerts pour être « habité », être « approprié ».

« Site specific conçoit le jardin public comme un espace d’accueil parfaitement adapté aux questions environnementales et sociétales. De plus, un jardin c’est aussi prendre le temps d’observer, tenter et réessayer, en ce sens, où il doit être perçu avec le souci de l’effort continu, tel un processus qui ne s’interromprait pas.

Questions

  1. Comment un espace vert se fait miroir, écho de notre gestion de sa préservation ?
  2. Quelles « libertés » sont offertes, par un lieu public végétalisé, aux espèces animales/ Végétales ?
  3. Qu’en est-il de l’adéquation voire de l’inadéquation des espaces végétalisés aux variations climatiques ?
  4. Quelles conséquences de celles-ci sur la faune et la flore?

La Notion de BIODIVERSITÉ HEUREUSE

Cette idée a émergé avec les jardins de Chaumont- Sur- Loire et l’ édition 2011 du festival international des jardins. Le principe étant de « redonner la parole aux plantes » au sens politique, en particulier, du terme. Par le fait, la ville, la rue et les espaces publics végétalisés sont des territoires citoyens. Ces jardins contribuent à la vie d’un quartier.

Le déroulé de la visite

Depuis une vue d’ensemble et grâce à une circulation dans les allées, nous partons à la recherche de ce jardin, de son histoire, de son inscription dans la commune à son contexte historique et son ancrage territorial local. Quels sont ses publics ? Quelles visions globales en avons-nous ? Quelles faunes et quelles flores sont présentes ? Quel est l’état de cet espace vert ? Quelle est sa condition au regard de son entretien ? Quelles indications sont spécifiées ? Pouvons-nous rapporter des « souffrances végétales » ? Quelles remarques pouvons nous formuler et à partir de quels constats ? Quelles améliorations ? Quelles suggestions ?

Les éléments à prendre en compte:

Depuis le tri pour les poubelles, jusqu’à l’hôtel à insectes, en passant par les mangeoires/ abreuvoirs à oiseaux et autres possibilités permises pour la nidification, nous noterons les pistes empruntées ou à explorer pour ce jardin. En outre, nous listerons « les fonctionnalités » offertes/promises ou possibles (dans le sens à développer).

Pourquoi ?

Dans les zones urbaines, la nature a besoin de nous pour survivre, ce pourquoi il convient d’être solidaire et impliqué.Il est important d’abriter la faune sauvage en ville et de créer les conditions de sa préservation.

« En introduisant de la végétation en ville, en aménageant et en gérant les espaces verts, on influe sur les pratiques existantes comme le démontre Abbara (2002) ou Arrif (2007). »

Les observations directes

  1. Absence de tri sélectif pour les poubelles
  2. Absence de récupérateur d’eau
  3. Absence de composteur- Collectif &/ou associatif de quartier- (recycler et composter sur place pourrait permettre au sol et donc aux plantes un meilleur développement et une plus grande résistance)
  4. Absence de Lombricompost (déchets verts et biodéchets)
  5. Absence de composteur pour déjection canine -(Une solution gratuite et écologique, de l’engrais, un jardin et un verger assaini et des avantages au niveau agronomique).
  6. Absence d’hôtel à insectes
  7. Absence de mangeoire, abreuvoir.
  8. Absence de ruche
  9. Présence de bacs mais absence de verdissement collaboratif – (ils se trouvent derrière une haie à l’entrée côté droit- Un endroit idéal pour insérer des composteurs puisque c’est caché.) Ces trois bacs pourraient être déplacés et rejoindre un espace plus accessible.

Nous pouvons impulser l’idée d’une intégration possible d’un volet expérimental voire d’une parcelle dédiée à un essai de régénération naturelle.

Le compost est un amendement organique contribuant, s’il est épandu à intervalles réguliers, à améliorer les caractéristiques du sol :

  • Amélioration de la structure du sol : effet mulch (protection du sol, lutte contre l’érosion…), stimulation de la vie microbienne et amélioration de la prospection racinaire
  • Augmentation de la capacité de conservation en eau
  • Minéralisation des sols

Par ailleurs, il est à retenir que nous assistons à un déclin du moineau des villes fautes d’insectes.

Source Défi Écologique- Article « 10 oiseaux que l’on rencontre en milieu urbain » de Julien Hoffmann

  • La présentation des espaces

La structuration du site se développe autour d’ allées et de la valorisation d’un patrimoine matériel spécifique, le Cloître.

Il est remarqué que « le dessin paysager de cet espace fait davantage penser à un jardin de musée où marcher sur l’herbe serait interdit, ceci serait accru par la présence de petites dalles (pas) blanches intégrées ».

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Le jardin et son allée principale, une vue des petites dalles.

Conçu comme une cour carrée, cet espace végétalisé se vit de manière géométrique, divisé voire subdivisé en allées et contre-allées. Ce dessin pourrait donner l’impression d’une circulation qui s’effectue suivant une logique de « courant avec des sens de circulation » ou encore d’allées majeures et mineures.

  • Une impression de circuit

« L’aménagement et la composition de l’espace sont de puissants organisateurs des flux qui, en définitive, ne changent qu’en termes de vitesse des parcours empruntés et de sens de rotation des itinéraires de promenade.« source

 

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Les contre-allées

L’imposant Cloître fait s’adosser la promenade à son histoire, à son rythme. Les couleurs neutres et ocres contribuent à un effet calmant voire neutralisant. « L’imposante bâtisse pourrait-elle être végétalisée ? Ne serait-ce qu’au niveau de ses toits? « Les toitures végétalisées participent à la gestion de l’eau et peuvent représenter une surface non négligeable pour vie plus sauvage. 

La palette chromatique de cet espace végétalisé varie du vert, jaune aux rose, blanc et violet installant une notion de cadence. « Les espèces choisies sont -elles suffisamment diversifiées ?  »

Une des allées qui longe le cloître

Le type d’espace vert conditionne fortement les pratiques et les usages qui en sont faits (Alonso et al., 2002).

Sur les abords des allées, nous rencontrons un mobilier composé de table en pierre sculptée qui pourraient permettre à la faune de se désaltérer. Cependant la pureté et la fraîcheur de l’eau donnée aux oiseaux est quelque chose de primordial. Il convient de donner une place importante à la qualité de l’eau donnée aux oiseaux. (La consommation moyenne d’eau est de 20 à 25 ml par 100g de poids corporel). La pollution de cette dernière est à prendre en compte car elle engendre des maladies. Par chance, il y a également les verdures ou fruits qui apportent énormément d’eau.

Une vue depuis une des trois allées majeures

Le sol du jardin ne laisse planer aucun doute quant à sa souffrance. Il est brulé, peu d’espèces émergent de ce dernier (1er plan). Nous pouvons, par ailleurs, constater que les pommiers implantés sont encore jeunes et peinent à produire de l’ombre. Nous apercevons deux « petits » pommiers » morts déjà atteints par la chaleur de l’été 2018.

L’état du sol du jardin

Cette étendue d’herbe produit soit une impression d’espace libre permissive pour les jeunes publics, soit une sensation évidée d’un terrain au sein duquel peu d’intimité est possible, sur lequel, l’envie de s’asseoir demeure relative. De plus, les déjections canines (les chiens sont interdits dans le jardin) viennent ajouter leur désagréments. A la verdure absente s’additionne l’inconfort de l’assise.

« Le ressenti positif des habitants envers les espaces verts n’est pas homogène. Il change d’une personne à l’autre, mais aussi pour un même individu selon le moment, la saison ou l’espace vert. S’il faut rester conscient de cette diversité, de grandes tendances peuvent être identifiées. » source

« Les gens ont envie de se poser, pourquoi ne pas installer des transats ?  » « L’environnement végétal joue à l’occasion le rôle du substitut de destination, le moyen d’être, sporadiquement, vacanciers ou touristes. » source

Au fil de cette déambulation, nous remarquons un mobilier caractéristique ainsi que la création d’ilots.

  • Les caractéristiques des « ilots de convivialité »

A la fois, lieu de rencontre, espace pour s’asseoir, lire, se poser, l’espace d’agrément végétalisé est source de bien-être.

nous pouvons ajouter que l’absence de table limite les autres possibilités. Un espace gagne à être réfléchi afin d’être multiple, pluriel au regard des activités et appropriations possibles. De surcroît, les zones d’ombres sont elles aussi peu nombreuses ce qui peut accroître le manque d’appropriation ou encore le peu de temps passé par les publics. Les sièges sont régulièrement vides lors des journées ensoleillées ou pluvieuses.

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Les ilots du jardin

Floriculture

Les espèces présentes au cœur de ce jardin s’étirent du rosier buisson, en passant par quelques plantes mellifères y compris les onagracées (gaura), Lamiacées (sauges) à l’exception du tournesol, de l’ail des ours, Nepeta et Souci par exemple. Pour ce qui est des arbres, les pommiers, cerisiers sont présents en grand nombre.

  • Plantes mellifères (riches en nectar, en pollen et en miellat) : les cultiver c’est assurément faire un geste pour la planète, car grâce à elles, les insectes butineurs assurent la pérennité des espèces. Elle favorise la biodiversité.
  • Les papillons jouent un rôle essentiel dans la pollinisation, pour qu’ils se plaisent il faut bannir tous produits chimiques et accueillir des plantes mellifères, aromatiques, lavande, asters…
  • Les oiseaux demandent un jardin tout simplement un jardin très diversifié avec des haies vives, des arbustes à baies et des plantes à graines (Amarantes, Œnothères, Cosmos).

Les flore requiert des soins tels que la taille (couper les fleurs fanées), il faut stimuler la vigueur des plantes, arroser régulièrement (de préférence le matin tôt ou le soir) pour que les plantes se refassent une santé. Les arbres, arbustes et vivaces plantés récemment ont besoin d’être arrosés régulièrement. De plus, un sol en bonne santé est indispensable au bon développement des plantes.

 

« La fleure c’est de la pure poésie » François Morel

Les fleurs, pour les passionnées de leurs formes, parfums et couleurs, sont relativement peu représentées. De plus, la fleur apporte de la féminité au jardin.

 

Capture d’écran du livre  » Le nouveau jardinier fleuriste » Hippolyte Langlois – Gallica

 

  •   Les états de la flore

Depuis une des allées, nous constatons l’impact de la sécheresse sur les arbustes et les haies. les charmilles sont en difficulté.

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Deux arbustes semblent morts, non loin de l’espace de jeu. Ils ont été plantés au sein d’un endroit non ombragé d’où l’importance majeure à accorder à la résistance des espèces et aux choix des emplacements. Il est toujours dommage de voir la nature aussi exsangue. Par ailleurs, ces arbustes avaient du paillage aux pieds, ce qui peut contribuer à les protéger.

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Soleil et végétation

Revenons un instant sur un plan du jardin déjà aperçu en amont, nous pouvons remarquer une importante branche morte qui correspond au tiers d’un arbre. Les effets de la canicule et de la sécheresse se font sentir de manière directe.

Une rudesse climatique qui se fait sentir dès la scène d’ouverture du jardin, ici, au premier plan. Les haies assez basses bordent la route avec, en arrière plan, les immeubles limitrophes à ce territoire.

Séquence d’entrée du jardin

Le long des murs, plus en aval de la visite, s’installe une flore sauvage très prisée. Au cœur des massifs, place aux espèces autonomes.

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  • Les possibles

Avec les fruitiers (pommiers et poiriers) , nous pouvons facilement envisager l’idée d’une cueillette ou l’organisation de manifestations en lien avec ce type d’arbres afin de créer de la vie de quartier. Ce jardin implanté non loin des écoles pourraient également permettre l’initiation aux actions de sensibilisation pour la valorisation, la conservation, le tri, la lutte contre le gaspillage, les biodéchets et surtout légitimer la transmission nécessaire de cet héritage naturel en direction des jeunes générations.

  • La faune représentée

En cet après-midi, après la découverte de « longues routes » formées par les fourmis, nous remarquons la présence de quelques pigeons, corbeaux et, à l’oreille, assez peu d’autres oiseaux sont présents en cette période, pourtant de nidification « intensive ». A cela, nous croisons les divers trajets de bourdons.

La faune en action

  • L’accès à l’information et la valorisation des espaces

A cet espace vert se greffe l’histoire du lieu qui doit son existence à la présence, dès le 17 ème siècle, de plusieurs confréries de moines à Petit-Quevilly. C’est en 1667 qu’arrivent les Chartreux sur la commune. Au sein de ce jardin, se sont 12 cellules pour les 12 moines comme 12 pierres en granit. Cet aménagement a été réalisé en 2013 « dans un style médiéval et épuré », un jardin pensé comme un « voyage dans le temps ». Qu’en est-il de la valorisation de cette histoire ?  plusieurs bornes, panneaux et autres cartels se succèdent pour compléter notre connaissance.

Grâce au travail du service des archives de la commune, l’accès à l’information peut se faire de façon assez détaillée depuis internet et l’onglet chartreuse st Julien. 

En outre, vous pouvez découvrir que la Chartreuse a pu bénéficier d’une visite virtuelle malheureusement inaccessible aujourd’hui (le lien renvoyant vers un message d’erreur), par contre, pour compléter, un plan de la chartreuse saint-julien est consultable.

La question des cartels permet d’obtenir des éléments de détails historiques à même de nous projeter dans le quotidien des moines. Leur simplicité est appréciée, toutefois, l’absence d’élément numérique est relevée. C’est aussi en raison de la prolifération des nouveaux outils et des process de numérisation de la documentation que cette réflexion trouve sa raison d’être. En revanche, il est vrai que ces données pourraient satisfaire les curieux soucieux de précisions voire de reconstitutions virtuelles.

Un plot cartel

  • Les autres espaces

 

D’autres univers semblent avoir existé néanmoins le visiteur s’en tient aux grilles et vues qui s’en dégagent sans pouvoir bénéficier d’indications.

 

 

 

Ce bâtiment/maison condamné mais rénové voit son accès fermé par une grille extérieure. Cet ensemble rejoint la rue Victor Hugo. Cet espace vert clôt pourrait bénéficier aux initiatives sociétales du type « jardins partagés ».

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  • La perception de propreté

« Parmi les tendances fortes du ressenti des habitants envers les espaces verts collectifs, la conception d’une nature propre et maîtrisée est très forte. Comme le note Boutefeu (2007), « si le parc est un endroit calme, il est aussi assimilé à un lieu propre sans déchet ni pollution ». Le critère de propreté apparaît en effet sans équivoque dans 69 % des réponses étant ainsi le premier critère d’évaluation de la qualité d’un espace vert pour les habitants. » source

Le problème que rencontre le jardin de la Chartreuse Saint-Julien tient en la surreprésentation des déjections canines. Celles-ci jonchent le sol herbeux, elles pourraient être compostées!

« Comme composteur,  peuvent être utilisés les silos du commerce soit être construit avec des planches de bois ou du grillage en prenant garde à bien laisser le fond du bac à compost en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les vers de terre) indispensables à la réussite du compost. L’astuce étant d’avoir plusieurs compartiments (minimum deux) à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant qu’ un bac terminer sa fermentation en compost, il convient de remplir le second et ainsi de suite !

  1. Choisir un endroit à l’ombre
  2. Creuser une tranchée de 20 cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets souhaités.
  3. Couvrir de paille ou d’un plastique noir et maintenir humide comme pour un compost normal. source

Le temps 2 de l’atelier 

Puis, nous partons à la découverte comparative depuis le square Marcel Paul, situé tout près, afin de « mettre en pratique » nos commentaires. Après avoir apprécié et pris en compte un certain nombre de paramètres du type « comment nous sentons-nous au sein de cet espace ? « , « quel effet produit-il sur nous ? « , « comment pouvons-nous nous l’approprier ? « – Nous rejoignons cette deuxième proposition d’espace vert quevillaise.

  • Le square Marcel Paul

Une photo du square prise le 16 mai 2019

C’est avec la prise en compte de la nécessité de la comparaison que nous poursuivons notre exercice critique. Comment les espaces sont-ils accessibles ? Quels types de végétation ? Quels publics ?

Le calme ambiant et l’ombre offerte par les marronniers viennent amener une autre question: Par rapport au jardin du Cloître, quelle est la grande absente de cette scène ? La voiture. En effet, cet espace est conçu comme une enclave, un peu en dessous de la route et au-dessus du trottoir, de sorte que vous ne pouvez qu’apercevoir les voitures qui sont garées. L’impression de sécurité et la sensation d’intimité sont immédiates.

« L’espace vert se définit alors en termes de calme, de lutte contre le bruit, de relaxation, de détente, etc.  » source

  • La notion de contrôle de la végétation

Alors que nous l’avons vu en amont, une nature maîtrisée fait partie des tendances fortes, ça l’est aussi parce que  » l’absence de contrôle de la végétation est rejetée ». source  

La commune de Petit-Quevilly a mis en place la gestion différenciée de ses espaces, gage d’économie, certes les tontes et l’entretien des jardins et parcs laissent davantage de place à quelques libertés, cependant, nous sommes encore loin des prairies fleuries, des parkings, clôtures, pieds d’arbres (en ville), murs et toitures végétalisés, pas encore de semis de prairie, de prairie  naturelle ni de valorisation des herbes folles…De plus, sont encore utilisés des souffleurs de feuilles à moteur et un nettoyage des trottoirs est encore réalisé, ce, de manière, non mécanique. Vous pouvez lire l’article consacré à Petit-Quevilly & les feuilles mortes

  • Ce mode de gestion des espaces verts est une pratique courante dans les pays d’Europe du Nord, en France, celui-ci a pris de l’ampleur réellement lors du colloque européen du 24 et 25 octobre 1994 à Strasbourg « Vers la gestion différenciée des espaces verts » – Article courrier de l’Environnement de l’INRA
  • INRA (Institut National de la Recherche Agronomique
  • Le département du Tarn en partenariat avec la CAUE (Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement) du Tarn ont publié un guide-gestion-differenciee-des-espaces-verts-et-naturels

A ce titre, une gestion éco-responsable pourrait être envisagée car elle possède un impact environnemental et sociétal supérieur. C’est la garantie d’une réduction des pollutions visuelles et sonores pour les usagers et habitants, mais c’est aussi un formidable outil pédagogique et de sensibilisation du public.

Contexte météorologique de l’atelier

  • Une météo spécifique: les canicules

Juillet

« L’épisode caniculaire qui va se renforcer jeudi nous invite à réfléchir du point de vue de nos territoires extra locaux: nos quartiers comme nos communes de la rive gauche rouennaise. Depuis la non adaptation en termes d’isolation de nos logements, de nos bureaux, l’inadéquation des espaces, le manque de verdure dans nos rues et quartiers… Quels choix ? Quelles préventions? Quelles gestions des situations ? Quels dégâts et quels constats ? Prenons un temps pour partager nos expériences de cette traversée caniculaire. Commençons lors de notre Atelier’ Specific # 1!  » – Post Facebook de la page Site Specific.

La France connaît un été 2019 très chaud avec déjà deux canicules au compteur. En juillet, ce sont surtout les villes de l’ouest, du nord et de l’est de la France qui ont vu leurs records pulvérisés.

Juin

« La canicule européenne de juin 2019 est une période de chaleur estivale inhabituelle et exceptionnellement précoce qui affecte l’Europe en fin juin-début juillet 2019. Elle survient seulement onze mois après la canicule de juillet-août 2018 ».

  • Les particularités du calendrier

La question de la date fut posée. En tenant à respecter, a minima, un RDV par mois, fin Juillet s’imposa naturellement. Il est vrai que cette date estivale, propice aux vacances qui plus est, ancrée en fin de mois, et très peu de temps après cette journée historique de jeudi, a pu s’apparenter à un défi au regard du déplacement des participants. (2 inscrits et 4 intéressés ont décliné).

Petit-Quevilly

  • Attachement  & Ancienneté de présence

Cette notion a déjà été questionnée sur ce site, il n’en demeure pas moins qu’il semble nécessaire de l’explorer, un tant soit peu, encore aujourd’hui. C’est en partant du principe qu’un espace est public, dans le sens où, tous, nous pouvons nous l’approprier, que nous avons parcouru ce jardin. Et c’est avec cette du tous que nous avons, très tôt, butés.

Au fil de cette rencontre, il est apparu une difficile communication basée sur un défaut d’écoute et de compréhension des enjeux de cet atelier ainsi qu’une persistance des jugements de valeur et des généralisations (« les gens »). Par ailleurs, nous ne sommes pas sans savoir que cette commune cristallise une vie politicienne complexe à même de donner à comprendre les différents types d’ attachement.  En effet, au delà de la mémoire familiale, ouvrière, les schèmes de l’attachement traversent les histoires des habitants de cette commune. Pour autant les autres regards, « les neufs », « les découvreurs » ont peiné à être légitimés, sacrifiés, ou presque sur l’autel de l’ancienneté de présence sur ce territoire. Théorie de l’attachement – Source CAIRN

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Jardin du Cloître – Atelier ‘ Specific # 1 – 27 juillet 2019// Petit-Quevilly

« Que l’on veuille plus de nature ou non, les usages sont nettement connus et définis contrairement au ressenti envers les espaces verts. Ce dernier est plus varié et moins bien cerné. Présente sans être toujours vue, pratiquée sans être nécessairement réfléchie, la nature en ville souffre fréquemment d’un manque de reconnaissance et de considération. » source

Pour poursuivre votre intérêt sur le jardinage en ville, nous vous conseillons la lecture du dernier hors -série n° 210 de l’Ami des Jardins.

Isabelle Pompe pour #sitespecific, le 09 aout 2019.

Images des territoires de la rive gauche & moteurs de recherche

#sitespecific a choisi le moteur de recherche Ecosia, ses yeux numériques sont ceux fournis par cette interface. N’ayant plus la volonté d’alimenter Google pour effectuer son travail de veille sur les différents moyens dont disposent notre territoire, notamment communicationnels, le projet s’est posé face à la problématique de l’image avec Ecosia uniquement: image perçue? Image voulue ? Reçue, tout d’abord, lorsque nous renseignons les saisies suivantes: Rouen rive gauche, Rouen Saint-Sever, Rouen quartier St Clément, Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, Sotteville-lès-Rouen, Saint -Étienne du Rouvray, Petit-Couronne, Grand-Couronne, Oissel.

➽Le 18 juin 2019: Quels résultats ? Quelles récurrences ? Images associées?  Traductions implicites ? Quelles informations/Images recevons-nous ? Comprenons-nous?

ECOSIA

« Ecosia est un métamoteur de recherche solidaire allemand. Il reverse 80 % de ses bénéfices selon un programme de reforestation présent partout dans le monde. Ecosia plante des arbres au Burkina Faso, au Pérou, en Tanzanie, à Madagascar et dans douze autres pays L’entreprise, certifiée B corporation, travaille avec différents partenaires dont WeForest et OZG au Burkina Faso, PUR Projet au Pérou et Eden Projects à Madagascar. En février 2019, plus de 50 millions d’arbres avaient été plantés depuis sa création, ce qui représente plusieurs milliards de recherches au total, à raison de 45 recherches en moyenne pour planter un arbre. »

  • L’interface d’Ecosia ressemble de loin à celle de Google. Quant aux résultats, le moteur de recherche préfère le dire : ils sont fournis par Bing et Yahoo!, entre autres.Source

Rouen rive gauche

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La rive gauche n’est pas identifiée comme un espace de référence mais en 1er chef c’est le terme « rive » pour eau/ Seine/ Quais qui ressort 16 fois sur 24 images. Le Panorama XXL fait son entrée alors qu’il est rive droite, la gare Jeanne d’Arc pourtant rive droite également. Quelques images d’immeubles sont présentées pour un montage photo 12ème (à droite),  la Cathédrale est là aussi tout en bas. Une photo plutôt ancienne avec le métro bleu en bas également.

Dans l’ensemble le #rivegauche est donc fortement recommandé lorsque vous postez des photos sur les réseaux et il semble impératif de toujours localiser vos images car ici, pas une structure culturelle, pas même le 106 n’est présent.

Cette rive se doit donc d’être hautement valorisée, citée, photographiée, localisée, visitée pour ne pas se réduire à ses quais. Il convient de poster des images depuis nos espaces numériques en les situant géographiquement avec précision (photographie, affiche, visuel).

 

Rive gauche en 1, c’est donc la Seine.

 

Nous ajouterons par simple courtoisie les images suivantes et souhaitons vivement participer, contribuer au patrimoine iconographique de ce territoire. C’est une des premières actions de valorisation de #sitespecific.

 

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Tour des Archives rive gauche, quand le brutalisme entre en architecture, Rouen, IPL

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Les quais rive gauche habités, Rouen, Juin 2019, IPL

Avec impatience, nous attendons notre prochain RDV le 29 juin, Rallye ‘Specific # 1, le 1er rallye photo organisé rive gauche qui a pour thématique l’architecture du XX et XXI ème siècle. Événement FB

Rouen Saint-Sever

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Nous vous recommandons la lecture de We are Saint – Sever et de Les conseils de quartier Rouen rive gauche # 2

L’Église (3 images lui sont consacrées), les travaux (2018), le centre commercial (3 images également) le reste tourne autour d’immeubles (des appartements à louer ?) Hôtels ? De maisons non identifiables, d’une terrasse, de la Seine, une BD, Le Gros Horloge, Un véhicule de Police devant la Poste/ligne de métro. Rien de trop parlant ni de significatif pas de place des Emmurés, ni de marché, pas de visage, pas de métro…

Saint-Sever c’est pourtant le 2ème centre de la ville de Rouen, à la fois une rue piétonne, un quartier, une station de métro échangeur, une Eglise, une bibliothèque, des marchés mais pourquoi tout ceci n’apparait pas ? De plus, pas d’architecture identifiable de suite alors que le quartier est aussi un centre administratif où se trouve, entre autres, le siège du département de la Seine Maritime…

 

Saint-Sever en 1 c’est donc l’Église.

 

On se dit que nous avons beaucoup de travail afin de constituer une iconographie digne du quartier St-Sever.

Nous ajouterons

Saint Sever en rue, Rive Gauche, Rouen, IPL, 2019

 

 

Friche Lucien, Saint-Sever, rive gauche, Rouen, IPL, Mai 2019

 

Rouen quartier Saint-Clément

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Nous vous recommandons la lecture de Saint-Julien- Saint Clément et de Les conseils de quartier Rouen rive gauche # 1

On reste circonspect, toute cela semble très résidentiel, sans « vie de quartier » même si nous reconnaissons l’intérieur de la maison de quartier, il n’y a ni commerce, ni visage, par contre des immeubles en projets. Est-ce le « quartier » Poterat- Métro Avenue de Caen ? Des appartements à louer sans doute, on aperçoit quand même l’Église de la Place St Clément, la fontaine, on reconnait l’un des bâtiments de l’Atrium mais pas de « verre et acier » à l’horizon dans l’assortiment d’images. L’impression majoritaire que ceci nous laisse c’est que nous sommes face à un quartier résidentiel, de banlieue peut-être où la vie humaine, culturelle et économique ne trouve pas d’écho tangible.

 

Quartier Saint-Clément en 1: c’est donc la maison de quartier

 

Un quartier qui possède, pourtant, une vraie vie de quartier avec son association de commerçants très pro-active, son ambiance, ses manifestations organisées par la Fraternité par exemple…Tout cela n’est pas visible, comme effacé et réduit, les messages en images que laissent ce quartier sont loin de se restituer sa vivacité, alors ?

 

Fresque quartier St Clément, rue St Julien, rive gauche, Rouen, IPL

 

 

Verre et Acier, quartier St Clément, Rive gauche, Rouen, IPL, 2019

 

Petit-Quevilly

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Nous vous invitons dans un 1er temps à consulter: Petit-Quevilly & #sitespecific

Les cartes commencent à faire leur apparition pour situer géographiquement cette commune qui peine, elle aussi, à montrer des visages, des instants de vie. Les projets immobiliers et l’immobilier (appartements) sont ce qui sort de façon prégnante. La piscine, mairie, le jardin de la Chartreuse St Julien, une école, une carte postale pointe du doigt la trace d’une histoire collective et mémorielle, le métro et pour finir la carte du cimetière…Sur 18 images, 10 images montrent des immeubles hauts, modernes plutôt uniformes. Peu d’espaces verts, pas de marché, pas de commerce, pas de structure culturelle alors que la commune possède sur son territoire une bibliothèque, le CDN (Foudre), et plus récemment a vu s’installer le Kaléidoscope (lieu des Copeaux Numériques), pas de Seine Innopolis (ancien bâtiment de la Foudre), pas d’édifices religieux, pas de sport hormis la piscine.

 

Petit-Quevilly en 1 c’est la piscine

 

« La piscine Tournesol, en coupole, accueille les nageurs en juin 1977. Véritable emblème, c’est une des rares de ce type encore en fonctionnement en France. »Source

Pour #sitespecific, Petit-Quevilly est le territoire de naissance du projet alors les Lebas déjà photographié en 1952 par Henri Salesse, devaient être montrés, au même titre qu’au moins un de ses espaces verts, le jardin de la chartreuse St Julien d’où sera animé l’ Atelier’ Specific # 1

Immeubles rue Joseph Lebas, rive gauche, Petit-Quevilly, IPL

 

Jardin de la Chartreuse St-Julien, Rive gauche, Petit-Quevilly, IPL

 

Grand-Quevilly

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La 1ère image qui émerge est celle d’une destruction! Sur 18 images, 7 sont des cartes. Des projets immobiliers sont cités 3 fois, une station de métro, 4 fois surgissent des commerces en raison de l’important centre commercial de la commune donc, reprenons pas d’équipement sportif, pas d’espace vert (Roseraie), pas d’animation, de concert, de structure culturelle (Charles Dullin/ Théâtre, Maison des arts/Artothèque, médiathèque)…

 

Grand-Quevilly en 1 c’est la destruction de l’Église sainte Bernadette survenue en 2014.

 

« Les deux-cent vingt signatures recueillies par une pétition ou les émois d’un élu communiste sur le blog du Front de Gauche n’auront pas suffi. La décision du diocèse de Rouen de démolir ce lieu de culte érigé et consacré en 1962 a été suivie d’effet et l’édifice est actuellement aux prises des engins de chantiers qui, depuis le début de semaine, s’activent afin de réduire ce bâtiment en un tas de gravats devant laisser place à un projet immobilier. D’après le diocèse, le fruit de la vente du terrain occupé par l’église permettra de financer l’église Sainte-Lucie où, d’ailleurs, tous les objets de culte ainsi que les vitraux ont été transférés. » Source

Pour #sitespecific, la rencontre avec Grand-Quevilly s’est faite progressivement, les rues et leurs immeubles perceptibles depuis la ligne du métro George Braque, la roseraie et une architecture pavillonnaire exceptionnelle…Allez voir sur @photographyspecific

 

La Roseraie de Grand-Quevilly, Rive gauche, IPL

 

Architecture pavillonnaire Grand Quevilly, Rive gauche, PL

 

Sotteville-lès-Rouen

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Ce panorama donne à découvrir une variété d’architectures (époques, types) des axes, la Seine, des églises, la mairie, la ligne de chemin de fer, le métro et trois présences sur cartes.

Pas de structure culturelle alors même que Sotteville accueille l’Atelier 231 (centre national des arts de la rue), pas d’animation alors que le festival Viva Cité en est à sa trentième édition cette année. Pas de marché pourtant celui de la commune est un « véritable « Super » marché à ciel ouvert et l’un des plus importants marchés de l’agglomération. »Source Pas de bibliothèque, pas de salle de spectacle (Que fait le Trianon ? )….Ainsi que l’histoire du chemin de fer liée à la commune de façon quasi originelle n’apparait pas vraiment non plus….

 

Viva Cité, Place de la mairie, Sotteville, Rive gauche,, 2018

 

Saint-Étienne du Rouvray

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St Étienne montre un visage coiffé de 4 séquences en immeubles, 6 fois l’Église est citée, une maison, une rue sans piéton ni voiture qui circulent, 5 cartes et un bassin géotextile.

  • La présence de l’Église peut s’expliquer par le fait que la commune et son église, ait été frappée par un attentat revendiqué par le groupe État islamique, le 26 juillet 2016.
   
La commune en 1 c’est son église.

Pourtant St Étienne c’est une scène labellisée danse Le rive gauche, une bibliothèque, un conservatoire,  le technopôle du Madrillet et l’INSA, et enfin la forêt qui représente 1/5 du territoire de Saint-Étienne-du-Rouvray, elle apparaît comme le poumon vert de la rive gauche de l’agglomération rouennaise.Source

A ce jour, pas de photographie de cette commune à montrer, par contre, sont prévues des actions du type rallye ou encore rencontre, pour fin 2019 voire 2020.

 

Petit-Couronne

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Petit -Couronne est la 1ère requête qui fait ressortir la présence humaine, des gens, des jeunes gens, des enfants bref une vision animée d’un territoire habité. Sa mairie, ses sites industriels, une image de nuit et son logo (une 1ère également). Trois cartes vont dans le sens du début de cette recherche, pas de visualisation, d’identification sans carte car c’est où Petit-Couronne?

Et la 1ère image qui est associée à Petit Couronne c’est « Petite Couronne » et Paris!

Fichier:Petite couronne.svg — Wikipédia

Petit-Couronne bénéficiera d’un rallye photo au regard de la biodiversité remarquable de son patrimoine vert

 

Grand-Couronne

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Grand -Couronne vient véritablement confirmer le défaut d’identification de la commune avec 6 cartes dont deux nationales. Par contre les gens signent leur présence lors de manifestations à 3 reprises (les 40 ans du Collège Jean Renoir, une séquence concert en plein air et une photo de classe) vient ensuite la mairie et l’Église.

 

En 1, Grand-Couronne c’est donc son nom sur une carte représentant l’agglomération rouennaise.

 

« Malgré son industrialisation causée par sa proximité avec la Seine, Grand-Couronne possède un cadre presque rural avec une multitude d’espaces verts et d’ouvertures vers la nature. Très engagée pour l’environnement, la commune de Grand-Couronne a réalisé plusieurs projets de sensibilisation envers sa population, et d’amélioration de ses infrastructures face aux difficultés environnementales d’aujourd’hui. »

Grand – Couronne //Rallye photo prévu pour 2020 pour saluer la Politique environnementale de la commune

Oissel

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Oissel se voit offrir comme images trois photographies (carte postale) anciennes (le sanatorium, la crue, la gare). La gare est d’ailleurs citée deux fois, les cartes sont présentes à 6 reprises dont 2 nationales, des images type vue aérienne et d’une part une promotion de la police est faite (2ème image en haut à droite) et d’autre part il est fait état de voitures incendiées et d’un autre fait divers (décès) dernière image en bas à gauche.

 

En 1, Oissel c’est son sanatorium

 

Donc Oissel, c’est quoi? 

Cette commune bénéficie de l’espace Aragon (cinéma), située en bord de Seine, elle propose une halte fluviale, un jardin public (parc municipal). D’une superficie totale de 2042 hectares, Oissel compte près de 990 hectares de forêts, soit près de 50% des sa superficie, 40 km de voirie et 50 hectares d’espaces verts et cinq sentiers de randonnée: Grâce à la proximité du domaine forestier du Rouvray, du GR2 (le Havre-Paris) qui emprunte les berges de la Seine et grimpe sur les hauteurs d’Oissel, les découvertes à pieds ne manquent pas de charme…De plus elle dispose même d’un espace documentaire de la ville avec 5300 images environ.

De quoi animer en photographies le projet #sitespecific et valoriser cette commune!

Enfin, histoire de se motiver, nous avons fait le même test pour « Isabelle Pompe » dans le résultat « image », voici ce que ça donne, pas de quoi perdre confiance ni espoir (ces photos proviennent pour la plupart des trois comptes : Pinterest/Tumblr/ Trust in street, avec donc une existence de plus de 3 ans).

Isabelle Pompe vu par Ecosia juin 2019, IPL

A suivre,

#sitespecific le 19 juin 2019

 

 

We are Saint – Sever

L’anglais, j’ai le droit grâce à John Holker, James Morris, James Hope… C’est quoi, au juste, Saint- Sever ? Un quartier, une commune à part entière, l’aile d’une rive, un pilier, une colonne vertébrale ? Ici, c’est l’occasion d’une focalisation sur la rue éponyme. Le quartier nécessiterait la narration d’un roman, la mise en place d’une enquête sociologique et historique dignes. Là, l’idée repose davantage sur la spontanéité de la rencontre avec un territoire. N’oublions pas, néanmoins, que celui-ci s’inscrit dans un quartier pour lequel il convient de faire quelques brefs rappels historiques.

  • Le quartier Saint-Sever est un quartier de la rive gauche de Rouen. Il s’organise notamment autour de l’église Saint-Sever (XIXe siècle) et du centre commercial Saint-Sever. C’est un quartier d’affaires, un centre administratif. Il est le cœur de la rive gauche de Rouen dixit Wikipédia.

 

Les arbres de la rue

 

 

Depuis mon premier face à face et mon adoption par cette rue, son visage a subi quelques transformations. Loin de moi l’idée de me perdre en direction du « c’était mieux avant » mais, il me semble déterminant d’exhumer quelques traces photographiques. Ces bouleversements quant à son allure globale sont allés jusqu’à impacter la vie de mes anciens voisins. En ville, d’une part, rien n’est plus agréable que les arbres et l’ombre qu’ils engendrent. De plus, domestiquer la nature à coup de parcelles revient à créer une sorte de conformité à une rue qui existait pour elle-même. Le résultat visuel de ma dernière visite m’a laissée amère, où sont passés les traits caractéristiques de cet havre ?

 

Et questionnons-nous maintenant: en matière de cadre de vie, de charme, de biodiversité, quel est le match entre marronniers et bouleaux ?

 

Vous allez découvrir les motifs et la stratégie territoriale avancée par la Métropole Rouen Normandie, je vous laisse méditer sur ces éléments d’informations.

Une mue baptisée « Requalification des rues et place St Sever » Source

Planning des travaux : Novembre 2017 – Novembre 2018 – « La mue du quartier Saint-Sever, lancée en 2014 avec la halle des Emmurées, se poursuit, du marché à l’église et au centre commercial. D’ici à la fin de l’automne 2018, la rue Saint-Sever affichera son nouveau visage. Un visage de dalles de granit et d’enrobé rouge, rappelant les aménagements réalisés dans le cadre de Cœur de Métropole sur la rive d’en face. La nouvelle voirie appelle à la marche à pied, idéale pour le commerce de proximité (la rue était déjà piétonne!!). Le mobilier inclut, à la demande des riverains et de l’Atelier urbain de proximité mené en amont par la Ville, bancs et jardinières, toujours dans l’esprit de balade qui anime le quartier. Le remplacement de marronniers trop volumineux par des bouleaux, plus adaptés, finit d’illuminer cette artère commerçante…. »

 

#Aujourd’hui, la rue un jour ensoleillé de mai 2019

St Sever au carré.jpg

The Survivor – Ici, au 1er plan, le seul marronnier qui a survécu aux travaux de la rue, 2019, IPL

 

Un peu d’histoire locale

 

À l’origine connu sous le nom de faubourg d’Emendreville, le quartier prend le nom de faubourg Saint-Sever lors de la translation des reliques de saint Sever, évêque d’Avranches, à la fin du Xe siècle, dans l’oratoire Saint-Cassien, devenu par la suite église Saint-Sever.

John Holker

Né à Stretford (près de Manchester), le 14 octobre 1719, mort à Montigny en Seine- Maritime le 27 avril 1786, John  Holker est un manufacturier anglais, fondateur de la manufacture royale de velours de coton de Saint-Sever, nommé inspecteur général des manufactures en 1755, chargé de promouvoir l’industrie textile en France.

  • En 1749, alors qu’il est capitaine en second de ce régiment, il rencontre à Rouen Marc Morel, inspecteur des manufactures pour la région. Morel est séduit par ses capacités dans le domaine de l’industrie et l’encourage à remonter une entreprise textile sur place. Il vise la création d’une manufacture de velours de coton, un type d’établissement qui n’existe pas encore en France et dont il a appris toutes les techniques. Comme le gouvernement anglais lui a refusé le pardon, Holker accepte de quitter l’armée et de se lancer dans l’aventure à Rouen, qui est déjà un centre cotonnier important. Les essais menés à la manufacture de Darnétal pendant six mois en 1752 sont concluants et Machault d’Arnouville l’autorise, par arrêt du 19 septembre de la même année, à fonder sa propre manufacture à Saint-Sever. La direction de l’entreprise lui est confiée et il lui est imposé de recourir à des associés français (d’Haristoy à Darnétal, Paynel et Dugard à Rouen, Torrent à Paris).
  • Holker s’est intéressé également à la faïence, ce, pour trois raisons : c’est une activité importante à Rouen, les colorants font partie de ses fournitures de base, comme pour le textile, et il a embauché pour le seconder un jeune fils du grand faïencier Jean Guillibaud, Philémon Martin, qu’il va progressivement associer à ses affaires (il remplacera en 1759 d’Haristoy, décédé en 1757), et qui ira même jusqu’à racheter ses entreprises en 1791.
  • Enfin, en 1762, John Holker fonde avec ses collègues James Morris et James Hope une teinturerie à Saint-Sever, pour laquelle il a obtenu le statut de manufacture privilégiée, avec en prime la naturalisation de ses deux associés.
  • Son succès est tel que le gouvernement anglais s’en inquiète et veut le faire revenir au pays.

 

Deux siècles plus tard, le centre commercial

 

Inauguré le 24 octobre 1978, il permet de créer un deuxième centre ville à la ville de Rouen. Ce quartier dispose également d’une mairie annexe qui se trouve au RDC du centre.

Le centre commercial participe à la transformation complète du quartier et engendre une forme de dynamisme économique durant un certain temps toutefois le quartier ne se résume bientôt plus qu’à cela, vit à son rythme imposé d’espaces privés. Point de chute, d’arrimage, arrêt de station de métro, il est cette centralité manquante qui offrent des modules, des allées, des magasins, des lieux de consommation où même la culture* avec son Kinépolis se consume…Donc, ici, vous ne trouverez pas de photographie du centre. Autour de lui, c’est une autre vie qui se juxtapose, tant bien que mal. Avec les rues du Mail, Lafayette, de Lessard, L’Abbé Lémire, des Emmurés, Gadeau de Kerville, à la fois, commerçantes, résidentielles, elles participent à la création d’une enclave avec une typologie de commerces. Nous y reviendrons ultérieurement.

 

Gap st sever.jpg

Les arrières du centre, rue Gadeau de Kerville, Mai 2019, IPL

*La culture qui s’était enorgueillit, un temps, d’avoir au sein du centre un théâtre, Le Duchamp Villon se voit par la suite privée de celui-ci, il lui reste une bibliothèque du réseau R’Rouen et sa MJC qui semble être sous le coup de projets culturels neufs.

 

Une rue et ses coulisses

 

Une voie est aussi un formidable poste d’observation. J’ai été résidente du 124, par conséquent, j’ai pu entendre, assister à toutes formes de manifestations, de bruits. De jour comme de nuit, cet axe possède plusieurs visages. J’ai pu écouter les feux d’artifices, les sons de la Foire St Romain (à l’époque rive gauche), les intonations des commerçants, les notes, les ondes et les onomatopées propices à un espace aussi vivant. Depuis ce « chez moi », j’avais soit le choix de composer avec les inflexions du bas, soit de me construire mon propre ronronnement. Parfois en accord avec cette cadence, ces balbutiements, ces  tapages, ces crépitements, grincements, ces vrombissements intrinsèques à toute rue piétonne, je me suis surprise à être.

Là, se narre, une séance de gonflage dans la toute rue/parking/allée située derrière chez moi. Cet endroit a pu accueillir des éléments qui n’avaient aucun rapport les uns avec les autres, créant ainsi un tableau quotidien neuf et saisissant. Les chats, poubelles et voitures étaient les résidents perpétuels de ce théâtre en plein air mais des chaises, une végétation libre, des gens perdus ou cachés fonctionnaient comme les adjuvants du cadre.

 

St sever en ballons.jpg

Derrière, IPL, 2015

 

La rue, un espace public

 

Elle est cet endroit où des gens souhaiteront toujours s’y installer, s’y poser pour prendre l’air, profiter librement d’une vue, d’un instant. Avant les très importants travaux, la rue ressemblait à une allée colorée avec des arbres et de l’ombre. Ces superbes marronniers roses avaient leur vie propre, que ce soit à leurs pieds où jouaient des gens où se reposaient, se donnaient RDV d’autres ou dans leurs branches où les oiseaux étaient si nombreux qu’il était impossible de chiffrer combien de tétrapodes co-habitaient. Depuis, les choses ont nettement changé, les joueurs se sont rassemblés à côté des poubelles. Les oiseaux, je les entends moins. Et l’ombre a disparu.

 

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Les joueurs, IPL, 17 mai 2019

 

Une rue, la nuit

 

En bas de chez soi, alors que nous sommes dans notre appartement, les situations continuent, sans nous, à se scénariser. Sa centralité lui confère un point de RDV facile pour le monde associatif, caritatif telle que La Croix Rouge et ses rondes. La rue est aussi un « lieu de vie » violent pour les personnes sans domicile. L’absence de bancs n’aide pas, alors c’est à terre, que je l’ai croisé. Un seul me reviendra toujours à l’esprit. D’une part, parce que je suis tombée nez à nez avec son agression contre la devanture de l’ancien magasin Tati,  nous avons aidé les secours et la police. Il était vivant, pour moi, il allait s’en sortir. D’autre part, parce que je l’ai croisé, chaque jour, avec son chien, ses affaires et n’ai jamais osé le prendre en photo. Triste souvenir.

« Claude avait 74 ans. Il est mort lundi 5 octobre 2015 au CHU de Rouen, après avoir reçu au visage des boules de pétanque. »Source

 

Rue st sever

Rue Saint Sever, 2015, IPL

 

 L’Église & sa cabine téléphonique

 

Figure emblématique du quartier, l’Église est un lieu que j’ai très rarement fréquenté, c’est à peine si, les rares fois où elle était ouverte, j’y sois entrée. Par contre, je l’ai contourné en réalisant des tours et détours pour photographier son toilette public (en face du centre) ou sa cabine téléphonique tout près de l’arrêt de bus du 6.

D’ailleurs, la rue St Sever comptait beaucoup d’édicules, des trio, quatuors, bref, des cabines étaient disposées un peu partout pour mon plus grand plaisir.

 

cabine rouen saint sever isabelle pompe r.jpg

Saint-Sever & Cab – projet « Cages à suées- IPL, 2015

 

Les marchés

Non loin, juste en bas de la rue, surgit la place du marché des Emmurès. Marchés pluriels, toute catégorie le mardi et samedi et brocante le jeudi sont au programme.Source

« Le monastère des Emmurées occupait un vaste quadrilatère de terrain situé à l’ouest de la rue St-Sever , pratiquement à mi distance de l’église du quartier et de la rive de la Seine. Les bâtiments entouraient les galeries d’un cloître. Le reste du terrain était à usage de jardins ». La suite de cette histoire

 

St sever en marché

Un jour de jeudi, IPL, 2015

 

Une exploration en épisodes… A suivre donc!

 

Isabelle Pompe, 18 mai, 2019